Fermer la publicité
Journal d'information juridique et d'annonces légales

Zoom sur l'orientation avec Sandrine Lamiré-Burtin, conseillère régionale déléguée

le - - Actualité - Interview

Zoom sur l'orientation avec Sandrine Lamiré-Burtin, conseillère régionale déléguée
© A.P. - Sandrine Lamiré-Burtin, conseillère régionale déléguée spéciale à l'orientation, avec un représentant de la ministre du Travail et les membres de l'équipe animant le dispositif Oriane.info.

« La compétitivité de notre tissu industriel dépend de l'investissement dans les compétences ». A l'occasion de la Fête des Métiers, de l'Orientation et de l'Alternance 2019, organisée par le Medef, Sandrine Lamiré-Burtin, conseillère régionale déléguée spéciale à l'Orientation, s'est exprimée sur la nouvelle stratégie régionale d'orientation des jeunes Franciliens, mais pas que...

Depuis les réformes de février concernant la loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel, la Région se voit conférer la charge de diffuser les informations concernant les métiers et les formations. Un pouvoir qu'elle entend bien appliquer à l'ensemble du public francilien, notamment grâce à son nouveau dispositif Oriane.info.

Affiches Parisiennes : Quel est le bilan de la région Île-de-France en termes d'apprentissage en 2018 ?

Sandrine Lamiré-Burtin : Avec 90 000 contrats d'apprentissage signés cette année, notre région a atteint un nombre record d'apprentis. Ce chiffre témoigne de l'engagement des entreprises auprès des jeunes.

Signer des contrats d'apprentissage ou d'alternance signifie davantage de recrutements pour un employeur. Il s'agit d'un véritable investissement dans les compétences, et nous savons combien la fertilité de notre territoire et la compétitivité de notre tissu industriel, artisanal et commercial en dépendent.

A.-P. : Quels sont les objectifs régionaux en termes d'orientation, notamment dans ses relations avec le monde de l'entreprise ?

S.L-B. : Le Conseil régional continuera d'agir aux côtés des opérateurs de l'alternance et en particulier de l'apprentissage pour que nous nous rapprochions des 100 000 contrats en 2021. L'implication des entreprises doit effectivement s'étendre dans la découverte des métiers.

Nous avons choisi de mettre au centre de notre investissement dans l'orientation les jeunes, les actifs en recherche d'emploi mais aussi les employeurs. Les nombreuses contributions des acteurs économiques parmi lesquelles se trouvent les branches professionnelles et notamment celle de la chimie, témoignent de la volonté vertueuse des entreprises, de s'investir aux côtés des Pouvoirs publics pour améliorer le service public d'information sur les métiers de formation.

Assises régionales de l'information et de l'orientation

Les premières Assises régionales de l'information et de l'orientation tout au long de la vie, organisées le 25 mars dernier, par la région Île-de-France, ont permis à l'administration régionale de dresser un diagnostic de ses potentielles pistes d'actions en faveur de l'orientation des jeunes. Ces Assises, faisant appel aux contributions des Franciliens, ont pour objectif de définir une stratégie régionale d'orientation valable tout au long de la vie des Franciliens.

A.-P. : La découverte du monde professionnel doit-il selon vous précéder les choix d'orientation ?

S.L-B. : Il n'y a en effet pas mieux pour lutter contre les idées reçues, élargir les horizons et assurer un choix de formation éclairé. C'est dans cette logique que la Région s'engagera pleinement aux côtés des bassins d'emploi franciliens dans le développement des stages de découverte au collège et au lycée, ainsi que dans la création de Fablab des métiers.

A.-P. : Avec la loi avenir professionnel, la Région s'est vue confier de nouvelles responsabilités dans l'orientation des jeunes. Quels sont les projets à venir ?

S.L-B. : Nous ne devons plus être frileux et payer des honoraires afin d'améliorer l'information que nous délivrons. L'usage croissant de la réalité virtuelle est un atout indéniable de la découverte des métiers pour les publics scolaires, étudiants et actifs. En Île-de-France, nous cherchons à réunir l'ensemble des partenaires privés et publics autour d'une stratégie nouvelle d'orientation.

D'ici deux mois, nous allons présenter en séance plénière puis voter une stratégie régionale d'orientation professionnelle tout au long de la vie. Deux lois nous ont transféré les compétences nécessaires à l'information professionnelle dédiée à l'ensemble des publics, déjà visibles sur Oriane. Notre ambition est de pouvoir sortir de nouveaux outils sur l'information et l'apprentissage, les formations et les métiers dès la rentrée prochaine.

A.-P. : En quoi pensez-vous que ce dispositif diffère des dispositifs déjà mis en place par les organismes privés tels que l'Onisep ou L'Étudiant, dans l'orientation des jeunes via le numérique ?

S.L-B. : Justement, il est différent, car il ne s'inscrit pas dans la continuité des sites comme l'Étudiant, Studyrama, qui vantent les salons à venir. Nous ne sommes pas salonniers. Oriane s'adresse à l'ensemble de la population, les collégiens, étudiants, apprentis, mais également aux actifs en activité professionnelle cherchant à se reconvertir et aux demandeurs d'emploi.

L'Onisep ne représente qu'un complément de ce qu'on fait. Ce sont des contenus de formation et des explications concernant les métiers qui en découlent. Il aide les jeunes à s'orienter et à remplir Parcoursup notamment. Nous, nous sommes vraiment sur un volet qui s'adresse à l'ensemble des publics, également plus en lien sur les métiers. Nous avons 600 fiches métiers de mises à jour.

A.-P. : Comment fonctionne la plateforme Oriane ? Quelles solutions offre-t-elle ?

S.L-B. : Ça permet de trouver un acteur local qui puisse aider à se réorienter. Notre ambition c'est que ce public puisse se dire : « Je n'ai pas besoin de taper à plus de deux portes, pour trouver l'information dont j'ai besoin sur les formations et reconversions. Je viens vous voir, vous n'êtes peut-être pas la bonne personne, mais vous saurez exactement m'indiquer la bonne ».

Pour éviter effectivement d'être baladé - parce que les gens le sont - c'est ce qui nous les fait perdre en route. Un jeune, un collégien ayant besoin de s'orienter fin troisième - c'est la première gare de triage - peut visionner quels sont les métiers qui s'offrent à lui aujourd'hui en Île-de-France.

Mais aussi sur les différents bassins d'emploi. Un département peut être vaste, un bassin d'emploi est relativement plus restreint. Notre but est de créer l'orientation plus proche de chez soi.

A.-P. : Qu'en est-il du dispositif d'alternance pour les personnes en situation de handicap ?

S.L-B. : Cap Emploi (organisme de placement spécialisé des actifs en situation de handicap, NDLR) qui fait partie du service régional d'orientation, relevait un problème concernant l'apprentissage de ces personnes, qui n'ont notamment pas la possibilité d'être sur du temps partiel. Je viens de l'apprendre et cela alimente ma réflexion.

A.-P. : Pensez-vous engager prochainement de nouvelles réflexions sur l'accès aux formations alternantes pour les personnes en situation de handicap ?

S.L-B. : Je voulais savoir comment Cap Emploi récupérait ces publics. Car, on peut le rappeler, le handicap ne concerne pas que la mobilité, c'est aussi des handicaps non visibles, les troubles psychologiques par exemple, ou des personnes qui sont aujourd'hui inaptes dans leurs métiers, car ils ont porté des charges très lourdes depuis très jeune.

Nous nous chargeons d'orienter ces personnes-là. à 40, 50 ans, ils n'ont pas encore terminé leur carrière et c'est pour eux un cap difficile. Le tournant d'une vie que nous nous chargeons d'accompagner et ce sont ces publics isolés, en termes d'orientation, qu'il faut récupérer à tout prix. Comment trouver la bonne personne en termes d'orientation ? Cela peut passer par les VAE (validation des acquis de compétence), les bilans de compétences, beaucoup de possibilités de reconnaissances de compétences s'offrent à l'ensemble des actifs.

Propos recueillis par Clémence Poligné




Anne MOREAUX
Journaliste

Ses derniers articles

Abonnez-vous à l'offre Papier + Numérique

Affiches Parisiennes Journal d'information juridique et d'annonces légales

  • ›   Pour plus de contenu, papier + web
  • ›   l’accès aux annonces légales,
  • ›   l’accès aux ventes aux enchères.
Je m'abonne

À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide


Fermer
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies et de technologies similaires par notre société ainsi que par des tiers, afin de réaliser des statistiques d'audiences et de vous proposer des services éditoriaux et la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux. En savoir plus / paramétrer