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Zidane et le principe de Peter

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Zidane et le principe de Peter
© Wikimedia Commons

Zinedine Zidane a décidé de quitter le Real Madrid après trois championnats, trois coupes de la Ligue des Champions et trois années comme entraîneur principal du club mythique du football mondial. C'est Zizou le champion. Chronique d'Eric Gardner de Béville, membre du Cercle Montesquieu, recruteur et juriste international à Madrid.

Zidane est un champion non seulement parce qu'il est un joueur hors norme, ni parce qu'il est un entraineur gagnant, ni parce qu'il est une personne honnête, ni parce qu'il est un mari, frère et père de famille proche de ceux qu'il aime, mais aussi parce qu'il est une personne humble qui a compris toute la vérité du ”Principe de Peter”.

Le Principe de Peter est une théorie de management élaborée par Laurence Peter (1919-1990) et développée dans son ouvrage ”The Peter Principle” paru en France en 1970. Résumé à son expression la plus simple, le Principe de Peter affirme que tout employé promu au sein d'une entreprise progressera jusqu'à atteindre son seuil d'incompétence.

En y réfléchissant, c'est absolument évident : il est statistiquement impossible de ne faire que progresser. à vrai dire, à chaque fois que l'on avance, que l'on progresse et quelle que soit l'activité, le domaine, la fonction, le pays, il est statistiquement moins probable de continuer à réussir. Les mathématiques sont une science exacte, les chiffres ne mentent pas, les lois des probabilités sont transparentes. à chaque fois que nous réussissons quelque chose, la probabilité de réussir à nouveau est inférieure.

Il en est ainsi car nous ne remettons pas le compteur à zéro après chaque réussite. Si c'était le cas les probabilités seraient effectivement égales à chaque fois. Le fait de tenir compte de nos réussites passées puisque ce sont elles qui nous font progresser, fait que la probabilité de réussir à nouveau est inférieure qu'elle ne l'était la fois précédente.

Il est vrai que ce principe est terriblement négatif et déprimant car il postule que le portique d'arrivée de toute personne promue n'est autre chose que l'incompétence. à chaque fois que l'on réussit, on vous donne une nouvelle opportunité d'échouer. Mais c'est bien ainsi car après une réussite à 100%, il ne peut y avoir au mieux qu'une réussite potentielle à 50%. à chaque nouvelle tentative, nouveau job, nouveau poste, il y a 50 % de chance de réussir et autant d'échouer.

Un corollaire du principe de Peter est la théorie du ”fumu” qui existe dans certains grands groupes. Il ne s'agit pas d'une pensée ancestrale d'origine zen et bouddhiste mais plus simplement d'un acronyme voulant dire « fuck-up, move-up ». C'est bien triste mais hélas parfois le cas dans bon nombre d'entreprises et cette théorie vient renforcer le principe de Peter lorsque les entreprises offrent une promotion à un dirigeant haut placé qui a atteint son seuil d'incompétence mais qui ne peut pas être licencié pour des raisons de confidentialité des informations ou coût trop élevé ou autres raisons.

Zidane a bien compris le principe de Peter ou en tout cas sa véracité, et il sait qu'il est arrivé au maximum dans sa carrière d'entraîneur du Real Madrid. Il l'a dit clairement dans sa conférence de presse et même en français en réponse à une question d'un journaliste français. C'est un signe d'intelligence et d'humilité, deux traits de caractère que Zidane a toujours su mettre au service de sa progression personnelle et au service des équipes avec lesquelles ce champion hors pair a joué.

Zidane n'a pas décidé de se retirer, de quitter le foot, de tout arrêter. Il n'a pas précisé ce qu'il allait faire. Respectons sa décision, ne cherchons pas à deviner ni même à savoir. Il est encore jeune (né le 23 juin 1972, 45 ans) et son humilité et son génie de sportif augurent d'une encore belle carrière au service du football français.

A la différence de Ronaldo qui après la victoire du Real Madrid sur Liverpool le 26 mai a adopté une attitude égoïste d'enfant gâté et mécontent de ne pas avoir marqué de goal, ou de Bale qui a saisi l'occasion de ses deux buts en finale et sa belle « chilena » pour montrer son mécontentement de ne pas jouer plus souvent, Zidane a félicité le club, les joueurs, les techniciens et aides, et tous les supporteurs pour « leur » victoire. Il a attendu que passent tous les moments de gloire pour les uns et les autres pour ensuite - et seulement ensuite - annoncer sa décision de partir du plus beau club de foot. Voilà un champion. Voilà quelqu'un qui ne succombe pas au principe de Peter, voilà quelqu'un qui tire sa révérence au bon moment, avec élégance et humilité.

Merci Zizou.




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