AccueilSociétéYaël Braun-Pivet : vers un deuxième mandat pour travailler dans l’intérêt des Français

Yaël Braun-Pivet : vers un deuxième mandat pour travailler dans l’intérêt des Français

La députée de la 5e circonscription des Yvelines et présidente de la commission des Lois de l'Assemblée nationale, est candidate à un deuxième mandat.
Yaël Braun-Pivet : vers un deuxième mandat pour travailler dans l’intérêt des Français
© Dorothée Viant-Bénard

Société Publié le , Propos recueillis par Boris Stoykov

Affiches Parisiennes : Vous souhaitez vous représenter pour un nouveau mandat. Pourquoi ?

Yaël Braun-Pivet : J’aime profondément l’exercice du mandat de député : il est à la fois un mandat d'extrême proximité avec les citoyens et un mandat d’action clé à l’échelle nationale. Cette double dimension est absolument passionnante. J'ai pu, pendant cinq ans, à travers ma fonction de présidente de la commission des Lois de l'Assemblée nationale, conduire des dossiers majeurs, notamment en matière de lutte contre le terrorisme ou encore de gestion de la crise sanitaire. Et j’ai, en même temps, le sentiment d’être parvenue à avoir un impact très concret sur la vie des habitants de ma circonscription. En réussissant, par exemple, à donner plus de moyens à la police sur mon territoire, en obtenant le dédoublement de classes pour les enfants de nos quartiers prioritaires, en protégeant les entreprises et les commerces face à la crise. C’est un mandat qui permet d'être réellement utile et de transformer la vie des gens. D’ailleurs, on ne peut pas faire de politique si l’on n'aime pas les gens : la politique, c'est justement faire en sorte qu’ils vivent mieux. On ne traite jamais de questions théoriques ou de “dossiers” : chaque action a un impact direct sur la vie des citoyens, c’est pour eux que nous agissons.

A.-P. : Vous avez été très investie au sein des Restos du cœur, vous êtes juriste et vous avez été avocate. Cette fibre sociale est toujours présente ?

Y. B.-P. : Lorsque l'on est avocat, plus encore pénaliste comme je l’ai été, on est du côté de ceux que tout accable, souvent seule pour les défendre. Lorsque l’on s’occupe des plus démunis, il s’agit de tendre la main à ceux qui se sentent parfois rejetés, abandonnés. Cela peut être pour leur offrir une aide alimentaire, une aide juridique, un accompagnement dans l'accès aux droits sociaux, ou plus simplement pour partager un moment et leur donner de la considération. À chaque fois, c’est la défense de ceux qui en ont le plus besoin qui est à la source de mon engagement, du monde professionnel au monde politique, en passant par le monde associatif. C'est la raison pour laquelle je suis particulièrement heureuse que la majorité présidentielle porte dans cette campagne le versement automatique des aides sociales à ceux qui y ont droit. Nous espérons ainsi, lors du prochain quinquennat, mettre fin au non-recours. C’est une avancée sociale majeure pour les personnes les plus fragiles.

© AP

A.-P. : La majorité présidentielle, qui s'appelle désormais Ensemble, a annoncé une réorganisation en vue des législatives. Est-ce un signe d'ouverture ? Que pensez-vous du changement de nom de la République En Marche pour Renaissance ?

Y. B.-P. : Effectivement, c'est un signe d'ouverture supplémentaire. Au départ d’En Marche, il y avait cette volonté de dépasser les clivages et de rassembler le plus largement possible des personnes qui partageaient nos valeurs et notre vision des grands enjeux de notre pays. Cette volonté de rassemblement et de dépassement a existé pendant tout le quinquennat. Nous l’avons mise en œuvre à l'Assemblée nationale, dans notre majorité et au Gouvernement. J’y tiens beaucoup et je l’ai mise en œuvre à la commission des Lois en développant les travaux transpartisans comme jamais. Je l’ai mise en œuvre également dans ma circonscription, en construisant des majorités avec les maires de Sartrouville et du Mesnil-le-Roi, au Vésinet où je suis moi-même élue et grâce à des élus d’opposition constructifs à Maisons-Laffitte et Montesson. Aujourd'hui, il est question, non seulement de continuer, mais d'amplifier ce mouvement. C'est cela que manifeste cette nouvelle appellation Renaissance. Elle était déjà utilisée lors de la campagne européenne : elle regroupait toutes les formations de la majorité qui portaient ce projet européen au cœur de leur engagement. Je trouve important de pouvoir réaffirmer ce souhait d’une majorité qui s'élargit plutôt que de se replier sur elle-même. Toutes les personnes qui partagent notre projet et nos valeurs sont les bienvenues pour se retrousser les manches avec nous et travailler dans l'intérêt des Français.

A.-P. : Vous qui soutenez le nouveau projet du président de la République, comment voyez-vous l'avenir pour le pousser, tout en restant fidèle à vos convictions et au travail qui a été fait ?

Y. B.-P. : Je compte participer activement à la majorité qui, je l'espère, naîtra des urnes. Le président aura besoin d'une majorité expérimentée, soudée et à l’action. S’agissant de mes sujets de prédilection, je continuerai à les suivre et à les approfondir. Je poursuivrai en particulier mon action pour les prisons, pour notre justice, pour la fin de vie, pour les institutions et pour un renouveau démocratique. Je crois vraiment que nous avons encore beaucoup à faire ensemble et j'espère pouvoir y prendre toute ma part. Mon énergie pour agir au service des Français est intacte.

A.-P. : La gauche a déclaré une nouvelle union populaire (NUPES). Comment analysez-vous cette union ?

Y. B.-P. : Je suis assez dubitative face à cette union qui m'apparaît être de circonstance. Elle est là pour essayer de gagner le plus de sièges possibles, et en aucun cas fondée sur des valeurs partagées et un projet commun. Il y a encore quelques semaines de cela, tous ces partis présentaient chacun un candidat à la présidentielle et des visions très différentes sur l'écologie, le nucléaire, l'Europe, la sécurité, les institutions ou même les retraites. Aujourd’hui, les convictions des uns et des autres sont sacrifiées pour des considérations électorales. Je suis convaincue que les Français ne veulent pas de cela de la part des hommes et des femmes politiques qui vont les représenter. Ils attendent que nous portions des convictions avec sincérité, avec engagement, pas des petits arrangements entre amis pour se réserver des places.

© Dorothée Viant-Bénard

A.-P. : La situation au niveau national est actuellement très délicate, entre la crise sanitaire qui a laissé beaucoup de traces et la guerre en Ukraine. Est-ce un danger pour l'Union européenne et pour la France ?

Y. B.-P. : Cette situation appelle justement à se rassembler pour faire face à ces enjeux qui dépassent notre pays. Face à ces risques, qu’ils soient sanitaires ou géopolitiques, l'Europe est la clé pour faire face. Entre pays européens, nous pouvons, en parlant d'une même voix, peser pour résister et faire entendre notre voix. Cela vaut pour la crise en Ukraine et les sanctions que nous prenons ensemble, pour se procurer suffisamment de doses vaccinales ou pour faire un plan de relance pleinement efficace pour l'ensemble des économies de l'Europe. Agir ensemble au niveau européen est un véritable impératif.

A.-P. : C'est peut-être d’ailleurs une des différences qu’Ensemble a avec la nouvelle union populaire puisque la France insoumise ne partage les mêmes valeurs européennes que Les Verts ou les Socialistes ?

Y. B.-P. : Oui, c'est un des exemples parmi d'autres où l'on constate que la ligne des uns et des autres n'est pas la même. Celle de la France Insoumise sur l'Europe est en fait un Brexit déguisé. Leurs propositions conduiraient inéluctablement à une grave crise européenne, voire à une sortie de la France de l'Europe, ce qui serait catastrophique. En réalité, cette union à gauche est davantage une union contre le projet du président de la République qu’une union pour mettre en œuvre une politique cohérente et gouverner notre pays. Les divergences entre eux sont beaucoup trop importantes pour pouvoir rassembler une majorité solide et stable pour gouverner. Et n’oublions pas que leur projet n’a pas reçu l'assentiment des Français, puisque monsieur Mélenchon n'était pas au deuxième tour de l'élection présidentielle. Les Français ont choisi le projet du président de la République et l’Europe telle qu’il la porte. L'esprit européen nous guide depuis 2017 et le président, dans le cadre de la présidence française de l’Union européenne, le montre à nouveau. Nous avons vu à quel point une volonté politique forte, en France et en Europe, permet des avancées décisives sur certains sujets : l'imposition minimum des Gafam, la lutte contre la haine en ligne, la défense européenne ou encore la taxe carbone aux frontières de l'Europe à venir.

A.-P. : La France insoumise et la nouvelle union populaire souhaitent faire de certaines mesures sociales, comme l’augmentation du Smic et la retraite à 60 ans, leur étendard politique. Quel est le poids de ces mesures et comment Ensemble peut s’en distinguer ?

Y. B.-P. : Nous proposons un programme financé, qui ne creuse pas indéfiniment la dette. Ce que nous proposons sur la retraite, c'est un régime équilibré et donc pérennisé. Le système par répartition sera préservé. Nous souhaitons porter à 1 100 euros par mois la retraite minimum. Pour financer cela, nous proposons de rallonger progressivement l'âge de départ à la retraite, là où les Insoumis proposent un mélange assez incompréhensible d'annuités, de temps de travail et d’âge de départ. Concernant le pouvoir d'achat, pendant ce quinquennat, nous avons augmenté la prime d’activité, ce qui permet de cibler très directement les personnes qui ont des salaires les plus faibles de notre pays. On sait que c’est plus efficace qu'une augmentation globale du Smic. Il est clair que le pouvoir d’achat restera notre première priorité. Nous continuerons à déployer des mesures très ciblées et conjoncturelles quand les Français en ont besoin, comme la prime inflation, le chèque énergie, ou encore le chèque alimentaire sur lequel le Gouvernement travaille actuellement. Et nous continuerons à faire en sorte que de plus en plus de nos concitoyens puissent gagner leur vie par le travail. Nous pensons que c'est en permettant à chacun d'avoir un accès à l'emploi et à une formation que nous permettrons au plus grand nombre de vivre dignement. Le chômage est au plus bas depuis 15 ans et nous souhaitons atteindre le plein emploi durant le prochain quinquennat. Loin de promettre la lune à nos compatriotes, nous souhaitons leur permettre de se former, de trouver des emplois de qualité, d’évoluer dans leurs carrières et de faire vivre leur famille dignement. Je crois que c'est ce que nous pouvons faire de mieux pour leur garantir un avenir meilleur.

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