AccueilSport ProfessionsXavier Chiloux veut amener « plus de confrères à faire du sport »

Xavier Chiloux veut amener « plus de confrères à faire du sport »

Président de Squash au Palais, ancien président de la Fédération Française de Squash, Xavier Chiloux est avocat au barreau de Paris, ancien membre du Conseil de l’ordre et du CNB. Il nous parle de la place du sport au barreau de Paris.
Xavier Chiloux veut amener « plus de confrères à faire du sport »
© DR - Xavier Chiloux

Sport Professions Publié le , Propos recueillis par Boris Stoykov

Affiches Parisiennes : Vous êtes un avocat très investi dans le sport. C'est même une passion ; autant peut-être que le droit ?

Xavier Chiloux : Oui, tout à fait. Ça a commencé un peu en même temps, à la fin des années 1980. J'ai toujours été très investi dans plusieurs sports, particulièrement le squash, dont j'ai été président de la Fédération française de 1991 à 1996. J'ai été champion de France universitaire, puis champion de France plus de 40 ans. Puis, j'ai créé au barreau de Paris, l’association « Squash au Palais ». Je suis également investi dans d'autres sports, et je participe au bureau du « Golf Club du Palais ». Et nous avons aussi édifié, avec mon ami Alain Cuisance, l'association « Chamonix-Zermatt 2014 » qui permet aux avocats, depuis maintenant une dizaine d'années, d'aller sur des glaciers, comme au Kilimandjaro et au Népal... De la même manière, j'ai été à l'origine de la création de la commission sports, quand j'étais membre du Conseil de l'ordre du barreau de Paris sous le Bâtonnât de Pierre Olivier Sur.

A.-P. : Aujourd'hui, comment se développe le sport au barreau de Paris. Y-a-t-il beaucoup d'associations ?

Il y a beaucoup d'associations fédérées par « Sports au barreau », créé sous le bâtonnat de Frédéric Sicard, qui s'est beaucoup investi. L’association est à présent portée par Basile Ader, l'ancien vice-bâtonnier, et dirigé avec beaucoup d'enthousiasme par Eleonora Bufalini, qui fédère énormément de sports et qui permet aux sports individuels, comme aux sports collectifs, d'avoir une visibilité. On peut citer notamment le « Rugby Club du Palais », très connu, le « Football Club du Palais », le volley-ball et d'autres sports individuels, mais également des sports qu'on rencontre moins, comme le yoga et les échecs.

A.-P. : Quelles sont les compétitions organisées par Squash au Palais ?

Depuis une quinzaine d’années, nous organisons un tournoi annuel, qui permet aux avocats qui jouent au squash de se rencontrer, avant de se retrouver dans des clubs pour créer d'autres compétitions. « Golf Club du Palais » propose, quant à elle, de nombreuses rencontres internationales, avec nos confrères anglais, irlandais, nord-irlandais, belges, espagnols, notamment. Ce qui nous permet de porter haut les couleurs du barreau de Paris un peu partout en Europe.

A.-P. : Est-ce que vous organisez aussi des rencontres et des compétitions, entre les 164 barreaux français ?

Concernant le squash, nous ne sommes pas assez nombreux à le pratiquer. Nous le faisons, en revanche, pour le golf. Depuis une quinzaine d'années, nous jouons contre les avocats marseillais et les avocats bordelais. Il y a également cette Coupe du périmètre, que j’ai créée il y a 15 ans, qui nous oppose à nos amis experts-comptables. La prochaine a lieu mardi 19 juillet, au Golf de Roissy. C'est donc tout à fait d'actualité.

©D.R.

A.-P. : C'est intéressant de créer des synergies entre différentes professions grâce au sport. Ne serait-ce pas l’un des chemins vers l'interprofessionnalité ?

En tout cas, ces rencontres sportives créent des liens indéfectibles. On se révèle, heureusement ou malheureusement, grâce au sport. Les véritables caractères apparaissent et on peut partager des moments sportifs particulièrement intéressants, avec des synergies évidentes dans le travail. On l'a tous vécu, dans tous les métiers, dans tous les sports. Tant avec les barreaux qu'avec les confrères internationaux, c'est évidemment une façon de créer une certaine interprofessionnalité, et de créer aussi des accords et des synergies pour des dossiers qui sont dans des compétences partagées ou sur des territoires partagés.

A.-P. : Quels sont les sports les plus pratiqués au barreau de Paris ?

Les sports collectifs sont très importants. Le Rugby club du Palais a toujours eu une grande aura, à l’image du Football Club du Palais. Comme je vous l'ai dit, le volley est aussi très bien représenté, animé par Eleonora Bufalini. Au squash, nous comptons entre 70 et 80 membres d'adhérents. Dans les sports individuels, au golf on est plus sur 150 à 200 affiliés, au Tennis club du Palais, il y a également beaucoup de membres. Il faut aussi citer Skilex qui est très actif chaque année, et l’inévitable Pétanque sur la place Dauphine…

A.-P. : Les Jeux olympiques et paralympiques sont assez proches. Y-a-t-il des initiatives spécifiques ? Comment ces Jeux sont-ils perçus par les associations sportives du barreau ?

Pour l'instant, je n'ai pas entendu parler de projet, mais il est évident qu'il va falloir que l'on soit présents, en tant qu'avocats et sportifs lors de ces Jeux de l'été 2024. Il va falloir que nous montrions notre existence, tant dans nos pratiques sportives, qui sont intéressantes, certes, que dans nos pratiques professionnelles. Il faudra montrer que les avocats sont des sportifs, mais surtout des juristes, qui peuvent apporter beaucoup dans de nombreux domaines, comme l'avocat mandataire sportif, qui est un nouveau champ d'activités. Cette activité doit se développer avec beaucoup d'avantages par rapport à l'agent sportif ; une profession beaucoup moins réglementée que celle de l'avocat.

A.-P. : Comment peut-on développer le sport au barreau ?

Il faut qu’il se développe plus encore et, pour cela, que les confrères n'aient pas peur de venir et de s'inscrire. D’après la Fédération française de golf, quelque 2 000 avocats parisiens sont licenciés. Au barreau, nous avons au mieux une centaine de joueurs. Il est dommage que les confrères n'aient pas l'envie de venir voir comment ça se passe, d'échanger avec d'autres confrères, dans d'autres lieux. C'est potentiellement ce qu'il faut faire, communiquer plus. Les associations sont aussi faites pour réunir les confrères dans la convivialité. Nul n'est obligé d’atteindre la très haute compétition. Le sport est aussi un loisir.

A.-P. : Vous êtes ancien membre du Conseil de l'ordre et du Conseil national des barreaux. Trouvez-vous que les instances de l'Ordre soutiennent suffisamment les différents sports ?

Quand j'étais membre du Conseil de l'ordre, je me suis battu pour créer la commission sport. Notre budget était ridicule. Aujourd'hui, je crois qu'il a été quasiment multiplié par dix, avec une très grande implication de l'Ordre, via “Sports au barreau”, qui est très bien gérée, avec des process très clairs d'attribution de subventions. On veut toujours plus, mais je pense que le Conseil de l'Ordre du barreau de Paris a fait un effort ces dix dernières années. On peut que s’en féliciter.

A.-P. : Vous avez parlé de votre collaboration avec Alain Cuisance, notamment à travers Praeferentia. Ce service facilite-t-il le sport pour les avocats ?

Je sais qu'Alain Cuisance est très investi dans le sport. J'ai vu qu'il y a des accords tarifaires, notamment avec les groupes liés, avec des réductions accordées aux membres de Praeferentia.

A.-P. : Que pensez-vous entreprendre pour développer le sport parmi les avocats ?

Je crois qu'il faut arriver à cartographier tous les sports pratiqués au barreau et aller chercher ceux qui n'y sont pas. Ça, c'est un vrai travail. Il faut convaincre nos confrères en leur proposant à la fois la compétition et le loisir. Je suis très attaché au sport loisir et au plaisir de pratiquer ces sports qui nous sortent momentanément de notre exercice professionnel. J'ai eu la chance – mes parents étaient avocats – de commencer à 17-18 ans à jouer au football, au Football club du Palais, avec les avocats. Cela remonte au début des années 1980. J’avoue que pour un jeune qui se destinait à être avocat, c’était fantastique de rencontrer des avocats et de bénéficier de cette émulation. Je me souviens de matchs avec le bâtonnier Mario Stasi. J'avais d'ailleurs écrit un article là-dessus. C’étaient des moments de sport fantastiques et très émouvants. Il faudrait que nous retrouvions cette ambiance. Nous sommes très attachés aux sports. Nous pourrions convaincre des élèves-avocats de l’EFB, et des étudiants en Droit en essayant de les prendre en charge financièrement pour qu'ils puissent participer à nos compétitions. Le sport permettrait à ces élèves-avocats et aux avocats du barreau de Paris d’avoir ce sentiment de faire partie d'une même famille.

©SportsAuBarreau

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