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Xavier Bettel : vers une Europe à deux vitesses ?

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Xavier Bettel : vers une Europe à deux vitesses ?
@A.P. - Xavier Bettel, Premier ministre du Luxembourg, accueilli par Frédéric Sicard, bâtonnier de Paris.

Pour le Premier ministre du Luxembourg, la période de crise que traverse aujourd'hui l'Union européenne ne pourra se solder que par la mise en place de projets organisés autour d'un « plus petit nombre » d'États membres, ayant des effets concrets pour le citoyen européen.

Et si le renouveau de l'Union européenne passait par des décisions prises en comité restreint ? C'est en tout cas ce qu'a suggéré le Premier ministre du Grand-Duché du Luxembourg, Xavier Bettel, invité par le barreau de Paris dans le cadre d'une Grande conférence européenne intitulée « Une nouvelle génération pour l'Europe ».

« J'ai toujours été contre une Europe à deux vitesses, mais je dois vous dire que je ne vois pas d'autre option », a-t-il confié, tant les dissensions intracommunautaires empêchent l'Union de se lancer dans une entreprise unanime. Xavier Bettel a notamment évoqué en ce sens le « référendum anti-immigrés » organisé en Hongrie (concernant le dispositif européen de répartition des demandeurs d'asile), mais aussi le Brexit, dont la mauvaise gestion pourrait menacer l'existence même de l'UE. « Nous devons être fermes », a-t-il assuré, précisant qu'il fallait rester maître du timing dans les négociations avec la Grande-Bretagne.

Refus d'une Europe à la carte

Xavier Bettel a, en effet, indiqué avoir refusé, de même que ses homologues belges et français, toute négociation avant l'activation de l'article 50 du traité de Lisbonne (relatif au retrait volontaire et unilatéral de l'UE). « On est marié ou on ne l'est pas », a-t-il martelé, après avoir rappelé que les Britanniques bénéficiaient déjà d'une multitude « d'opt-out » (clause d'exemption ou de retrait) au sein de l'Union.

Engager les négociations avant l'initiation du processus de sortie rendrait l'Union « tributaire » de cette volonté d'activer l'article 50. Et Xavier Bettel ne veut pas d'une « Europe à la carte », au risque, par effet domino, de voir d'autres pays quitter l'UE pour en tirer seulement les avantages.

Si tout n'a pas été fait à la perfection, Xavier Bettel a réaffirmé, à l'image de son prédécesseur Jean-Claude Juncker, également invité par le barreau, certaines des vertus de l'UE. « L'Europe est un projet de paix, du vivre ensemble. Il est possible de faire du commerce, du business ensemble mais cela ne se réduit pas à cela », a-t-il soutenu, « c'est aussi une Europe des droits et des valeurs ». Toutefois, dans le contexte actuel, l'homme d'État s'est dit prêt à agir avec un comité restreint d'États membres.

Il s'agira, par exemple, de prendre des décisions avec les pays membres de la zone euro sur certains points, ou avec l'espace Schengen sur d'autres points. « On doit avoir des frontières extérieures efficientes, j'ai besoin de construire un projet avec quelques pays qui sont partants pour avoir des frontières extérieures mieux gardées », ainsi qu'un « système de répartition, une agence Frontex qui fonctionne », a-t-il illustré.

Pour Xavier Bettel, les difficultés actuelles de l'Union européenne ne doivent pas décourager toute volonté de continuer à construire l'Europe, « Au contraire, soyons ouverts au monde, plus qu'auparavant », a-t-il soutenu, « il faut montrer qu'à six ou huit, nous arrivons à faire des choses, puis faire adhérer les autres États à ce projet ».

Une Europe plus sociale, soucieuse des droits des travailleurs

Le Premier ministre prévoit ainsi de « revenir à des projets concrets du quotidien », mieux compris et soutenus par les citoyens européens. Comme Jean-Claude Juncker, Xavier Bettel est partisan d'une Europe plus sociale, soucieuse des droits des travailleurs.

De fait, il ne soutient pas les accords CETA et TTIP, refusant de « s'abaisser au niveau des standards de l'autre ». Le bâtonnier Frédéric Sicard lui a d'ailleurs fait part de l'ouvrage « La construction européenne en droit des affaires », présenté le 4 octobre dernier par le CNB, l'association Henri Capitan et la Fondation pour le droit continental, visant à élaborer un code européen des affaires. Sans y être opposé, Xavier Bettel estime que ces règles devraient s'appliquer plus largement, voire même au niveau de l'OCDE. En somme, « ne pas condamner un système qui a fait ses preuves », tout en continuant de construire l'UE avec ceux qui osent prendre le risque, tel est le credo de cette « nouvelle génération pour l'Europe ».

Le bâtonnier Frédéric Sicard a remis en fin de conférence la "Médaille d'honneur du barreau de Paris" à Xavier Bettel, en reconnaissance de son action pro-UE.




Quentin CLAUZON
Journaliste

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