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VIDÉO : Woke-culture, quand la lutte contre les discriminations arrive dans le monde de l'entreprise

Cette année, la Rencontre des entrepreneurs de France consacrait une conférence à la woke et à la cancel-culture dans le monde de l'entreprise. Derrière ces anglicismes un peu abstraits, un mouvement de lutte contre toutes les formes discriminations qui prend de l'ampleur.
VIDÉO : Woke-culture, quand la lutte contre les discriminations arrive dans le monde de l'entreprise

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La culture « woke », éveillé en français est un :mouvement qui est né aux États-Unis avec comme objectif de défendre les minorités. Il est apparu dans les années 2010 mais a pris plus d'ampleur durant les cinq dernières années, notamment sur les réseaux sociaux. L'événement qui a lancé ce phénomène est le début des manifestations Black Lives Matter. Ce mouvement a vu le jour suite à l'acquittement de George Zimmermann, qui avait tué par balle Trayvon Martin à Sanford en Floride. Suite à ce drame, plusieurs manifestations ont eu lieu aux États-Unis. Rapidement, le mouvement arrive sur les réseaux sociaux. Des internautes, la plupart du temps jeunes, dénoncent les actes de ségrégation raciale et de discrimination envers les afro-américains. Leur objectif est d'éveiller les consciences à ce sujet. Quelques années plus tard, le mouvement MeToo est lancé.

Une fois encore, cela est parti des États-Unis suite à l'affaire Weinstein. Le célèbre producteur de cinéma Hollywoodien est accusé de viol par plusieurs femmes. Après ces révélations, de nombreuses actrices, puis des femmes issues de tous les milieux dénoncent publiquement sur les réseaux sociaux les agressions qu'elles ont subies sous le hashtag MeToo. La lutte contre les discriminations a peu à peu envahi de nombreux domaines. Suite à la mort de George Floyd, de nombreux joueurs du championnat de basket et de football américain ont posé le genou au sol durant l'hymne national en signe de protestation et de soutien au mouvement Black Lives Matter. Durant l'euro de football, les joueurs de l'équipe de France ont également réalisé ce geste pour protester contre le racisme, les capitaines d'équipe portaient également un brassard aux couleurs du drapeau arc en ciel pour protester contre les discriminations envers la communauté LGBT+.

Cette woke-culture arrive peu à peu dans le monde de l'entreprise. De nombreuses marques surfent sur ce phénomène pour attirer un public jeune vers ses produits. La marque Nike est pionnière en la matière. Ses publicités sont depuis quelques années fortement politisées et ses égéries sont célèbres pour leur défense des minorités.

Parmi elles, le joueur de Football américain Colin Kapernick qui avait protesté contre l'élection de Donald Trump ou encore le joueur de basketball LeBron James. La marque porte un discours d'inclusion important. Pour exemple, en juin 2020, la marque publie une vidéo publicitaire dans laquelle elle invite les gens à ne plus fermer les yeux sur les violences policières et le racisme aux États-Unis en modifiant son célèbre slogan « Just do It » en « Don't do It ». Vrai engagement où simple outil marketing ? Pour Philippe Manière, président de l'agence de communication Vae Solis, présent à la conférence consacré à la woke-culture lors de la Rencontre des Entrepreneurs de France, la question ne se pose pas : « Si Nike et Coca Cola font des pieds et des mains sur ces sujets, c'est uniquement pour vendre, pour séduire ! » a-t-il déclaré.

Les participants à la conférence très critiques envers ce mouvement

Si le Medef organisait cette conférence lors de son événement annuel, c'est que cette culture arrive peu à peu au sein des entreprises notamment avec l'arrivée de jeunes employés. Le syndicat patronal a donc invité plusieurs personnalités à venir débattre sur ce sujet. Parmi elles, on retrouvait notamment le dessinateur de presse Xavier Gorce qui a fait le choix de quitter la rédaction du Monde suite à un incident lié à la publication d'une caricature. Selon lui, l'émergence de cette culture de la recherche de discrimination est un danger pour la liberté d'expression et pour l'humour. Il a été déçu que Le Monde s'excuse publiquement pour la publication de ce dessin et a donc fait le choix de quitter la rédaction. Dans sa lettre de démission il avait indiqué : « la liberté ne se négocie pas ». Selon lui, il faut éduquer les jeunes générations à prendre du recul et à comprendre le second degré.

Lors de cette même conférence, la présidente d'Ethic, Sophie de Menthon s'est dite inquiète face à l'émergence de la woke-culture dans l'entreprise : « Petit à petit, il y a une forme de menace qui pèse, pas forcément par rapport au racisme mais de discriminations en général et je trouve cela assez inquiétant ». A-t-elle évoquée lors de la conférence.

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