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WeWard : bouger c'est gagner

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WeWard : bouger c'est gagner
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Quels impacts du confinement sur la mobilité des Français ? Le confinement de ces deux derniers mois a nécessairement impacté les habitudes de vie des Français et notamment leurs déplacements et leur pratique d'une activité physique. Yves Benchimol - fondateur de WeWard, une application qui récompense la pratique sportive de ses utilisateurs, a analysé l'impact du confinement sur nos déplacements, en collaboration avec Emerton Data.

Affiches Parisiennes : Vous avez réalisé une étude importante concernant les déplacements des Franciliens. Pouvez-vous nous en parler ?

Yves Benchimol : Effectivement nous avons travaillé sur des données d'activité physique et de géolocalisation pour essayer de comprendre quel a été l'impact de la crise sur la mobilité des Franciliens pendant le confinement. On a analysé chaque département et également chaque arrondissement parisien, pour comprendre comment les gens se déplaçaient en cette période de confinement. L'objectif étant de savoir si les gens ont effectivement respecté les recommandations du Gouvernement, à savoir rester dans un périmètre très limité autour de chez soi, et si le confinement a eu un impact sur l'activité physique des Franciliens.

Cette étude a été réalisée avec les données de l'application WeWard, en partenariat avec un cabinet de conseil, Emerton Data. Au regard des résultats, on s'est rendu compte qu'il y a eu un impact très fort dès l'annonce du confinement, avec une activité physique qui a été divisée par quasiment 70 %. Quand en moyenne, les Français font 5 500 pas par jour, fin mars, ils en faisaient 2 100.

Les déplacements des Franciliens ont été impactés de manière très forte : avant, près de 33 % restaient à domicile en France, contre 67 % dès fin mars. Si les gens sont restés plutôt statiques pendant les deux dernières semaines de mars, ils ont recommencé à marcher en avril, dans un rayon très limité autour de chez eux, 100 mètres autour du lieu d'habitation. Selon nos analyses, les gens ont respecté les recommandations, ce qui ne veut pas dire qu'ils ne sont pas sortis de chez eux ou qu'ils n'ont pas pratiqué la marche à pied.

Aujourd'hui, la distance de déplacement autorisé autour du lieu de vie a été élargi à 100 km, dans les zones rouges. Il sera intéressant de continuer à voir si, effectivement, les gens commencent à s'extraire de leur lieu de domicile et de leur lieu de confinement.

Sur ce sujet, on a aussi étudié le lieu de confinement des Français, par rapport à leur lieu d'habitation habituel. Nous pensons que la propagation du virus se fait quand les gens sont en extérieur et exposés à d'autres personnes. Donc, la marche à pied est une donnée à prendre en compte et qui peut avoir un intérêt pour le Gouvernement, dans la mesure du risque de propagation du virus. Voilà pourquoi nous avons analysé le nombre de pas effectués. Il est capital parce qu'il permet de voir si les gens en mouvement en extérieur peuvent être exposés à des individus contacts. Certes, les gens restent proches de leur domicile mais l'activité physique continue d'avoir lieu, donc pour nous, c'est une métrique qu'il faut suivre de très près pour voir si elle peut être corrélée à la propagation du virus. Cette étude montre bien que les gens ont peu à peu repris déjà une sorte de déconfinement, même si c'est dans un périmètre très limité.

A. - P. : Cette étude a donc été réalisée grâce à l'application WeWard. Comment fonctionne-t-elle ?

Y. B. : L'application collecte une quantité de données assez importante sur l'activité physique des utilisateurs car elle a pour but d'inciter les gens à avoir une activité physique et à faire les 10 000 pas quotidiens qui sont recommandés par l'Organisation mondiale de la santé. Toutes ces données ont été analysées pour essayer de comprendre comment la population a évolué. L'étude a eu lieu sur les utilisateurs de WeWard dont l'application reçoit de la data, soit 140 000 personnes sur tout le territoire. Il faut tenir compte du fait que l'étude s'est basée sur une population plutôt jeune, dans une tranche d'âge entre 18 et 45 ans.

A.- P.: On a beaucoup parlé de l'application en développement Stop Covid. Y a-t-il des points communs entre les deux applications ?

Y. B. : L'objectif n'est pas du tout de le même. Stop Covid a pour but de vous alerter si vous avez été à proximité d'une personne contaminée en vue de éventuelle vous faire tester. WeWard ne possède pas l'information qu'une personne est contaminée par le virus. Et ce n'est pas du tout une information qu'on aura à l'avenir. Donc, effectivement, Stop Covid a pour vocation de demander aux gens s'ils ont contracté le virus, pour prévenir les autres qui ont potentiellement été en contact.

Cette application a l'intérêt de permettre, peut-être, de limiter la propagation du virus. Cependant, le succès d'une telle application ne peut pas avoir lieu si on ne teste pas massivement la population, pour que les gens puissent se déclarer porteur du virus. Or, la plupart des gens n'ont pas la possibilité de se faire tester et, même en ayant l'application, ne peuvent indiquer s'ils sont ou non porteurs du virus.

A. - P. : Comment s'effectue le calcul des pas réalisés que récompense l'application ?

Y. B. : Avant le confinement, on récompensait les gens qui avaient une activité physique en extérieur. Désormais, on a commencé à récompenser les gens pour qu'ils aient une activité physique à domicile. On leur a donné des conseils santé, que ce soit pour les inviter à faire de la corde à saute, du vélo d'appartement ou ce genre de choses. On comptabilise les pas et même ceux fait chez soi. Même en étant confiné, c'est une bonne attitude à avoir.

A. - P. : Quel est votre modèle économique vous permettant de récompenser les personnes pour leurs déplacements ?

Y. B. : On a plusieurs sources de revenus sur l'application. On travaille avec des partenaires qui ont envie de mettre en avant des services ou des produits, par exemple « bien-être » sur le modèle d'une publicité. Une partie de la valeur de ces publicités va être redistribuée aux utilisateurs pour les récompenser pour leur activité physique. C'est un modèle assez classique d'application qui consiste à être financée par des partenaires externes qui viennent y faire de la publicité. Actuellement, nous à lançons une campagne avec les commerçants locaux, pour leur permettre de faire de la publicité autour d'eux gratuitement. Cela peut avoir un impact positif sur le soutien des commerçants face à la crise économique et inciter les gens à retourner en magasin et soutenir des acteurs qui sont dans le besoin. Il y a tant une partie de commerce physique que de commerce en ligne pour les produits « bien-être », sport », « culture » que nos utilisateurs aiment beaucoup.

A.- P. : Imaginons un utilisateur qui fait 10 km par jour. A quelle hauteur peut-il être récompensé ?

Y. B. : Des utilisateurs qui marcheraient autant par jour feraient donc partie des Français qui marchent le plus, entre 12 et 15 milles pas par jour, et ils iraient quasiment au maximum de ce que permet l'application, soit 20 000 pas, pour gagner la plus grande somme. Nos meilleurs utilisateurs peuvent espérer avoir une vingtaine d'euros par mois.

Pour le mode de versement, l'application propose plusieurs options. L'utilisateur a gagné des points qui vont lui donner droit à de l'argent avec lequel il peut soit effectuer un don à une association, soit effectuer un versement directement sur son compte bancaire ou se tourner vers une multitude de cadeaux qui varient en fonction des partenaires : des cartes cadeaux, des cours par visioconférence etc.

A. - P. : La pratique du vélo serait-elle comptabilisée par l'application ?

Y. B. : Aujourd'hui nous n'avons pas d'algorithme permettant de mesurer votre activité physique à vélo. L'application compte tout de même des pas, mais pas suffisamment par rapport à l'effort physique que vous allez faire. On a beaucoup de mal à détecter, quand une personne est à vélo, malgré les mouvements effectués. On conseille aux utilisateurs de bien garder leur téléphone dans la poche mais l'application comptera chaque coup de pédale comme un pas. On travaille aujourd'hui pour développer la technologie permettant de compter des activités sportives autres que la marche et la course à pied, que nous analysons actuellement.

Le vélo fait partie de notre développement, mais on aimerait aller plus loin, notamment avec les objets connectés, pour comptabiliser l'activité de quelqu'un qui fait de la natation ou tout autre type de sport sans avoir son téléphone dans la poche. Notre but est de récompenser la pratique de toutes les activités physiques.

Par ailleurs, sur l'application, il existe des bonus accordés pour la réalisation de challenges. Il y a des manières d'avoir un surplus de points. Par exemple en faisant un footing d'une demi-heure, on peut avoir un surplus de points correspondant à une semaine de marche. L'objectif étant d'inciter les gens à aller plus loin que ce qu'ils ont l'habitude de faire.

A. - P. : Un utilisateur peut-il mentir sur le nombre de kilomètre effectué dans la journée, en prenant sa voiture par exemple ?

Y. B. : Ça ne fonctionnerait pas. C'est toute l'innovation technologique de cette application justement, de compter le nombre de pas. Votre activité physique va être comptabilisée avec les mouvements du téléphone, qui en fait donc très peu en voiture, et la géolocalisation. En voiture, la vitesse est beaucoup trop élevée pour pouvoir être considérée comme de la marche à pied ou de la course.

Pour autant, il y a encore des gens qui arrivent à trouver comment, sans forcément pratiquer une activité physique, comptabiliser des pas sur l'application. On arrive généralement à les détecter car ces utilisateurs se retrouvent à avoir des comportements physiquement impossibles.




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