AccueilEntrepriseVie des entreprisesWe Tweak, la plateforme qui rend le contrôle des contenus aux artistes

We Tweak, la plateforme qui rend le contrôle des contenus aux artistes

We Tweak, permet aux créateurs de contenus musicaux de les partager et de les gérer en toute transparence, sur une plateforme digitale entièrement tournée vers l’expérience utilisateur.
David Santos, Jean-Michel Jarre et Christian Barbier
© DR - David Santos, Jean-Michel Jarre et Christian Barbier

EntrepriseVie des entreprises Publié le , Propos recueillis par Boris Stoykov

David Santos et Christian Barbier, deux des quatre fondateurs aux côtés de Filipe Santos et Marcello Bragadin reviennent pour nous sur l’évolution de leur startup, notamment sur la réalisation d’une seconde levée de fonds pour se développer davantage sur le marché européen et international.

Affiches Parisiennes : David Santos, pouvez-vous nous parler de votre startup We Tweak pour laquelle vous envisagez de réaliser une prochaine levée de fonds ?

David Santos : Cela fait 20 ans que je suis actif dans l’industrie musicale et j'ai porté à peu près toutes les casquettes, de compositeur de musique à DJ, jusqu’à producteur de maisons de disques et organisateurs, manager d’événements internationaux. J'ai pu côtoyer énormément de musiciens, j’ai pu en former, en développer, les produire sur le marché, et j'ai compris qu'il y avait un vrai besoin de changer le système. J'ai moi-même travaillé pour ceux qui sont aujourd'hui nos concurrents en termes de distribution de contenus en ligne. Il y a un vrai manque de compréhension de la part des artistes, tant au niveau du revenu et de la transparence qui leur est accordée, qu’au niveau de l'opportunité qu'il y a sur le marché aujourd'hui, notamment avec l'explosion des réseaux sociaux et toute la demande et opportunités de leviers en termes d’audio et de nouvelles technologies.

De nouveaux métiers se sont développés en Europe mais il manque des offres qui correspondent à la demande du marché. C’est pour cette raison que nous avons développé, il y a quatre ans, le projet qui aujourd'hui s'appelle We Tweak. Il permet aux créateurs de contenus de les distribuer, donc des échantillons sonores, des bibliothèques audios, mais aussi des formations pour démocratiser l'accès au savoir de la composition et de la production musicale, avec un modèle beaucoup plus transparent et personnalisé pour nos utilisateurs. Aujourd'hui, la plupart des sites internet de distribution et différents labels proposent des rapports après six mois seulement, ce qui implique pour l’artiste d'attendre très longtemps avant de recevoir un premier revenu sur ce qui est distribué et parfois, symbolique. Grâce à We Tweak, nous proposons de rétribuer entre 50 et 80 % des revenus issus de la distribution directement aux artistes et créateurs de sons, avec des rapports 100 % transparents et automatisés. L’un des objectifs de We Tweak est de rendre le contrôle aux artistes sur leurs contenus.

A.- P. : Ça va donc être un booster de la créativité musicale ?

D. S. : Non seulement un accélérateur, mais de créer un écosystème unique pour tous les acteurs du métier, que ce soit un compositeur, un artiste, un chanteur ou encore un ingénieur son. Tous pourront côtoyer la plateforme et échanger non seulement pour distribuer leur bibliothèque, mais aussi leurs services partager leur savoir et se faire connaître sur les segments sur lesquels ils sont actifs, parfois de manière très ciblée par nos algorithmes d’adaptation intelligents aux besoins de chaque utilisateur. On n'agit pas avec les mêmes règles pour de la musique de variété ou la musique électronique, donc il convient que les acteurs soient mis en relation avec les bonnes personnes, sur tous les styles de musique et bénéficient de services quasi personnalisés.

Christian Barbier : Une des particularités de ce modèle 100 % digital, c'est que lorsque vous avez un service ou une proposition de valeur distinctive, vous avez le plus souvent une audience très faible par rapport à votre message, de 1 à 2 %. La force de du modèle B to B de We Tweak, c'est que vous êtes à 100 % dans votre public cible. Par le modèle d'abonnement, vous allez trouver sur cette place de marché toutes les personnes passionnées par la musique, que ce soit des amateurs ou des professionnels avec des services adaptés. Vous n'y trouverez que des personnes positives dédiées à aider et à contribuer à améliorer la qualité et la quantité de l'offre d’une création musicale universelle, paisible. Dans un monde aussi cristallisé et géopolitisé, ce projet musical innovant, ouvert sur le monde permet à ceux qui vivent de la musique, qui ont envie de la consommer, de se retrouver autour des mêmes valeurs.

A.- P. : David Santos, vous êtes aussi musicien. Pouvez-vous vous présenter ?

D. S. : J’ai vécu en Suisse jusqu'à mes seize ans et suis parti vivre au Benelux, là où j'ai commencé tout en bas de la pyramide, jusqu'à il y a cinq ans. J'ai pu expérimenter à 360 degrés toutes les activités dans le milieu de l’industrie musicale. J'ai aussi importé en Suisse divers projets et concepts européens. J'ai fondé plusieurs maisons de disques, ce qui m’a permis de comprendre quels sont les besoins de l'artiste et du marché aujourd'hui. En 2021, nous avons participé à un concours prestigieux de startups innovantes suisses de la Banque cantonale neuchâteloise (BCN). Nous avons remporté le 1er prix grâce à notre modèle d’affaire digital et à une intelligence artificielle (IA) proposée prochainement sur notre application pour compléter l'offre et l’analyse sur le marché de création et aider les artistes à s'améliorer. Notre technologie permettra aux créateurs de contenu de faire une comparaison automatique de leurs morceaux ou échantillons par rapport à des morceaux existants dans les mêmes segments. C'est l’une des valeurs de la plateforme, amener des nouvelles technologies aux producteurs pour qu'ils puissent s'améliorer et continuer d'apporter de la qualité à la musique de demain.

C. B. : Une des particularités, c'est aussi de s'assurer que notre technologie est protégée. Plusieurs brevets ont été déposés pour valoriser la recette unique et les capacités de la plateforme à répondre aux besoins de l’utilisateur et de pouvoir aller rechercher plus vite et mieux ce dont il a besoin.

© We Tweak

A.- P. : Christian Barbier, vous êtes un spécialiste de la finance, des projets innovants. Vous participez dans les incubateurs en tant que superviseur ?

C. B. : Je suis né dans l'innovation, dans une région qui est tournée vers l'exportation et la micro précision. J’ai fait partie de plusieurs conseils d'administration, dont celui d'un incubateur de startups technologiques. J'ai fondé ma propre société d'appui à la création de valeur, qui peut être amenée, comme c'est le cas pour We Tweak, à investir ou à être membre d’un conseil administration pour appuyer des startups ou PMI à fort potentiel international à réussir au niveau technologique, nouer des partenariats ou obtenir des financements, par la création de dynamiques ouvertes et collaboratives.

A.- P. : Vous avez déjà effectué une première levée de fonds ?

C. B. : Grâce au Prix d'innovation gagné l'année dernière, 150 000 euros ont été accordés à la startup, ce qui a permis de changer de nom, de préparer une structuration et de lever 1 million d’euros en trois semaines. On a ainsi pu se concentrer sur le développement technologique de la plateforme. Suite à ces premières années de test-marché, nous avons réussi en 12 mois à mettre sur pieds une plateforme « serverless », fiable, sécurisée et scalable à l'échelle internationale, qui, si le marché répond rapidement, pourra héberger plusieurs centaines de milliers, voire plusieurs millions d'utilisateurs. We Tweak a déjà des clients dans 150 pays à l'échelle mondiale.

A.- P. : C’est aussi un grand projet européen, puisque vous avez dans votre advisory board, Jean-Michel Jarre. Ce n'est pas rien !

D. S. : C’est effectivement un honneur et un privilège d'avoir le godfather et pionnier de la musique électronique qui nous appuie activement depuis plusieurs mois. Nous sommes conscients de l’importance d’être soutenu par lui et son équipe comme accélérateur de la plateforme. Il a validé la pertinence de We Tweak et son potentiel. Même si la vision est née en Suisse, c'est un projet européen à vocation mondiale. Un des enjeux de la création de contenus est de pouvoir le distribuer de manière autonome et libre. Et aujourd'hui, beaucoup de médias issus des Etats-Unis ont la capacité de définir les règles du jeu de manière unilatérale. Ce projet-là, s'il réussit ses prochaines étapes de scalabilité, de services pour anticiper et répondre aux besoins de sa communauté, pourra, depuis l’Europe, déployer un projet d’un média global, ouvert, démocratique. C'est un modèle d'affaires qui est censé remplir les besoins d'une communauté, par le bas, et qui va s'ouvrir à ses utilisateurs.

A.- P. : Qu’attendez-vous de votre prochaine levée de fonds ?

D. S. : De garder le rythme intense de développement. L'ambition de cette plateforme, c'est d'aller suffisamment vite pour faire mieux que le leader du marché basé aux US et de garder un positionnement concurrentiel très important en Europe, berceau de la musique électronique. Quand vous êtes sur un modèle d'affaires digital, vous devez gagner la confiance de la communauté sur les deux prochaines années. Les moyens financiers nécessaires sont là pour trois objectifs : améliorer le contenu et être encore meilleur que ce qui se fait actuellement, apporter des services de qualité pour créer plus vite et mieux de la musique et enfin, avoir les ressources nécessaires pour créer des partenariats, notamment avec des écoles, des festivals, du support marketing. Par conséquent, des ressources d'intelligence et un écosystème qui grandit suffisamment vite. Notre ennemi principal, c'est le temps. Est-ce que l'Europe est capable de financer un projet digital à vocation internationale suffisamment vite, avec une compréhension de la création de valeur, de manière anticipée, sans attendre qu'on ait réussi à le faire ? C’est la question.

A.- P. : Que pensez-vous que la plateforme va apporter aux artistes français ou aux artistes européens en général ?

D. S. : Cela va leur rapporter une nouvelle source d'inspiration, de savoir, permettre à celles et ceux qui ne sont pas acteurs dans la musique aujourd'hui de pouvoir essayer de se lancer, de trouver des solutions qui leur permettent de gagner du temps et d'être beaucoup plus créatifs. We Tweak donne un accès à 360 degrés à tous les besoins de l'artiste et lui fait gagner énormément de temps grâce à une simplicité au niveau de l'interface mais aussi du contenu.

A.- P. : Est-ce que vous attendez une aide des Pouvoirs publics dans ce domaine ?

C. B. : L’entreprise recherche avant tout des partenaires financiers qui apportent des compétences et un accompagnement avec différents leviers. Aujourd'hui, nous cherchons des investisseurs stratégiques qui vont nous appuyer à être suffisamment visible sur le marché. Nous sommes en discussion avec France 2030 pour un appui financier et nous préparons un dossier avec la BPI. Nous sommes par ailleurs sur le point d’acquérir des technologies made in France et amies du projet à qui nous offrons des perspectives de marché plus globales et un potentiel de création de valeur depuis la France, Nos partenaires actuels français confirment l’intérêt « public » de We Tweak.

A.- P. : Est-ce que la plateforme ne va pas déranger les maisons de disques ?

D. S. : Non, car nous collaborons déjà avec elles pour, au contraire, leur permettre de créer de nouveaux revenus pour leurs artistes mais aussi pour elles-mêmes, et de pouvoir se développer avec de nouveaux canaux de distribution. C'est vraiment un projet qui est centré sur la rémunération et le pouvoir qu'on veut redonner aux artistes, mais aussi à l'utilisateur. Et les maisons de disques sont aussi des utilisateurs et générateurs de contenus de notre plateforme ouverte.

C. B. : Nous invitons tous les membres de la communauté de création de contenus audio à rejoindre la plateforme We Tweak dès son lancement en mars 2023 et sa 1ère version sur le marché, en fonction de leurs besoins et de leurs envies. C'est une invitation à faire partie de l'aventure.

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