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Violences faites aux femmes : un vrai problème de fonds

Le 25 novembre sera la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, une nouvelle opportunité pour se pencher collectivement sur tous ces drames de la bêtise ordinaire.
Halte aide aux femmes battues, présidé par Colette Barnay.
© DR - Halte aide aux femmes battues, présidé par Colette Barnay.

Société Publié le ,

Au-delà de la légitime compassion, ces 24 heures devraient être l’occasion de découvrir les associations qui prennent en charge les victimes, à travers leurs missions au quotidien et surtout leur impérieux besoin de financements.

Le constat est toujours aussi affligeant. En 2021, en France, 122 femmes sont mortes sous les coups de leur conjoint ou de leur ex-conjoint, selon le ministère de l'Intérieur. S'ajoutent 190 tentatives de féminicide et 209 suicides de femmes qui n'en pouvaient plus de subir des violences physiques et psychologiques, d’après l'Observatoire des violences envers les femmes. Plus généralement, il s’avère que 10 % des femmes sont victimes de violences physiques et/ou sexuelles dans leur couple, comme le précise “arretonslesviolences.gouv.fr”.

Venir en aide socialement et psychologiquement à ces dizaines de milliers de victimes constitue naturellement la priorité des priorités. Celle-ci est notamment assumée avec une efficacité exemplaire par 73 associations, maillant le territoire national, unies au sein de la “Fédération nationale solidarité femmes”, présidée par Dominique Guillien-Isenmann et dirigée par Françoise Brié.

“Halte aide aux femmes battues”

À Paris, dans le 20e arrondissement, l’impérieuse mission sociale est assurée par l’une de ces associations dédiées : Halte aide aux femmes battues (HAFB). Cette dernière illustre parfaitement le travail inlassable, indispensable pour permettre à toutes les femmes, blessées dans leur chair et dans leur âme, de se dessiner un avenir.

Comme le précise Colette Barnay, sa présidente depuis un peu plus de cinq ans, « Nous accueillons, protégeons et aidons au retour à l’autonomie plus de 1 100 femmes, venues d’Île-de-France, mais aussi d’autres régions. Avec l’aide d’une vingtaine de professionnels et d’autant de bénévoles, essentiellement des étudiantes et des retraitées, nous assurons un accompagnement global, du logement au suivi psychologique, de l’aide alimentaire, pour les plus démunies, au suivi juridique, grâce à notre pôle d’avocates. » Ces juristes sont évidemment précieuses pour les victimes. Elles conseillent et plaident avec le maigre soutien de l’aide juridictionnelle.
Pour chacune de ces femmes, le soutien est presque permanent, pour une durée de six mois à deux ans, avec une moyenne de 18 mois. Naturellement, il concerne également leurs enfants.

Les enfants profondément touchés

« Les enfants sont plus que des victimes collatérales. Ils souffrent à l’égal de leur mère. Nous nous en rendons bien compte. Ce ne sont d’ailleurs plus des “co-victimes”, mais des victimes à part entière. » Ces jeunes – dont on ne parle évidemment pas assez – ajoutent une problématique supplémentaire à l’association qui doit les scolariser dans les meilleures conditions et veiller à leur bien-être permanent.

Tout ce travail est magnifique, cette implication totale, cet accompagnement complet, mais, bien entendu, les moyens financiers restent notoirement insuffisants pour permettre à HAFB de mettre en œuvre tous ses projets.
Comme le précise Jean-Philippe Pillemand, le trésorier de l’association, « notre budget atteint le million d’euros, financé au trois quarts par la Direction Régionale et interdépartementale de l’hébergement et du logement (DRIHL) et un quart par la Ville de Paris. La RATP, quant à elle, ne subventionne plus, mais apporte son aide en équipements divers. Ce budget, strictement réservé au fonctionnement, est insuffisant pour entreprendre toutes les actions que nous avons en tête ».

Le relais essentiel des entreprises

Pour Colette Barnay, « Les idées ne manquent pas. Ce qui manque, ce sont les financements. Nous organisons périodiquement des collectes auprès des particuliers, qui nous permettent d’avancer, mais pas assez rapidement. Nous avons mille choses à entreprendre, mais pas d’argent, pas d’action. »

Partenaires naturels, les entreprises de tous les secteurs constituent en quelque sorte le chaînon indispensable, pour boucler la boucle et permettre à cette association – comme à bien d’autres – d’aller au bout de ses rêves pour toutes ces femmes et tous ces enfants qui méritent amplement une deuxième chance. Déjà Century 21 et Lazard, parmi d’autres, ont répondu à l’appel.

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