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Violences faites aux femmes : le constat

L’Observatoire départemental des violences envers les femmes organisait dernièrement ses 20e Rencontres. Cet événement a été l’occasion de découvrir les résultats d’une étude de ce type de violences dans le secteur sportif.
Violences faites aux femmes : le constat
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La démarche traditionnelle de l’Observatoire est « d’étudier le phénomène, pour mieux le comprendre et mieux le combattre ». La dernière étude en date a été menée auprès des professionnels et bénévoles des comités et clubs du département. Les résultats montrent que 39,8 % des répondantes et des répondants déclarent avoir été témoins ou avoir eu connaissance de faits de violence sexiste ou sexuelle dans le sport. 9,1 % disent avoir été victimes de ces violences, psychologiques, physiques et/ou sexuelles. Plus de la moitié des personnes qui témoignent (51,4 %) « ne se sont pas senties suffisamment outillées pour faire face à la situation et orienter la victime ».
Cette enquête confirme donc que, malgré ses valeurs de solidarité, de partage, de respect de l’autre, « le sport n’est pas une bulle qui préserve des violences sexistes et sexuelles. Mais comment pourrait-il être une exception dans une société qui les a si longtemps ignorées, qui peu à peu lève le voile et révèle leur existence dans chacun de ses pans ? »

“Un si long silence”

La patineuse artistique Sarah Abitbol fut l’une des premières à révéler dans son livre “Un si long silence”les viols qu’elle a subi de la part de son entraineur, entre 15 et 17 ans. Sur la scène de la bourse du travail de Bobigny, elle raconte l’emprise, le silence des instances dirigeantes, la détresse et la souffrance. Mais aussi sa détermination à lutter contre les violences sexuelles dans le sport « Désormais, je ne ressens plus d’angoisse, je suis fière de mon combat. »

“Du sexisme dans le sport”

La sociologue Béatrice Barbusse, autrice du livre “Du sexisme dans le sport”, confirme que le milieu du sport est sexiste, utilise un vocabulaire guerrier, glorifie les valeurs de de force déteste la faiblesse. Dans le sport, particulièrement dans le haut niveau, la douleur est banale, voire un indicateur d’implication et de performance. On dit qu’il est normal de se faire mal à l’entraînement. Béatrice Barbusse, qui fut présidente de l’US Ivry, l’une des meilleures équipes masculines de handball française, préconise plus de mixité dans l’encadrement. Mais aussi de ne surtout pas renoncer au sport, facteur de santé, de joie et de bien-être lorsqu’il est correctement pratiqué !

Un avis partagé par Sébastien Boueilh, fondateur de l’association Colosse aux pieds d’argile, qui a pour mission la prévention et la sensibilisation aux violences sexuelles, harcèlement et bizutage en milieu sportif. « Le sport n’est pas un milieu préservé des violences sexuelles, des prédateurs y sévissent, comme dans d’autres milieux. Mais le sport, ce sont également des dizaines de milliers d’éducateurs, de formateurs dévoués au bien-être des enfants. Ils peuvent aussi être des leviers pour faire avancer notre société et la rendre plus juste et plus sûre. »

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