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Vincent jeanbrun « La distribution de masques devrait être coordonnée »

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Vincent jeanbrun « La distribution de masques devrait être coordonnée »
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Vincent Jeanbrun (groupe Libres Républicains Indépendants) est vice-président du Conseil régional et maire de l'Häy-les-Roses. En première ligne sur le dossier des masques, il fait le point sur l'action de la Région et la distribution organisée au niveau des collectivités locales.

Affiches Parisiennes : A quel échelon doit être gérée la distribution des masques ? L'État ? Les Régions ? Les Départements ? Les communes ?

Vincent Jeanbrun : La distribution des masques mérite évidemment une coordination efficace. Elle n'est pas actuellement en place au niveau de l'État. Pire, quand les Régions commandent des masques, voire des kits – blouse, masques, gants… –, l'État les préempte et en dessaisit les collectivités.
De son côté, la Région Île-de-France a rapidement pris des initiatives. Cinq millions de masques ont été commandés par Valérie Pécresse. C'est important puisque ces importations régionales sont supérieures à celles de l'État, à ce jour. La Région a donné un million de masques aux Ehpad et aux maisons de retraite. Un autre million a permis d'équiper l'AP-HP et les hôpitaux. Les trois autres millions ont été répartis dans les différentes structures d'Île-de-France, notamment la Protection civile, les services de sécurité publique, le Secours Populaire, la Croix Rouge, la Fondation Abbé Pierre...

Quand toutes ces structures ont été approvisionnées, la présidente de la Région a tenu à ce que le reste des masques soit diffusé dans l'ensemble des villes d'Île-de-France. Cet apport d'un masque par habitant, dans la limite de 20 % de la population, a fait énormément de bien.

A.-P. : Votre commune en a bénéficié ?

V. J. : A L'Häy-les-Roses, ville de 30 000 habitants, nous avons reçu 6 000 masques. Ils m'ont permis d'équiper notamment notre Police municipale et les agents qui font du portage de repas à domicile, auprès des publics fragiles. Les personnels qui accueillent les enfants dans les écoles en ont également reçu, ainsi que d'autres services. Comble du comble, alors même que l'Agence régionale de santé est censée diffuser des masques dans les pharmacies, cette distribution est restée très limitée. Nous avons ainsi pu pallier ce manque et permettre aux pharmacies de rester ouvertes.

A.-P. : Ces masques viennent de Chine ?

V. J. : Valérie Pécresse a activé des filières d'approvisionnement solides, grâce aux différents partenariats noués et aux conventions signées avec des grandes régions chinoises. Cela nous permet d'avoir des interlocuteurs fiables et des filières d'approvisionnement solides. À la Région, nous avons mis en place un groupement de commandes pour que les départements, les territoires et tous les maires qui souhaitent participer puissent le faire. Ces commandes ont été passées il y a quelques jours de manière opérationnelle, ce qui, le l'espère, va pouvoir couvrir totalement nos besoins.
Nous sommes contraints d'acheter aujourd'hui des masques FFP1, chirurgicaux. En effet, dès qu'un masque FFP2 arrive sur le territoire national, il est systématiquement réquisitionné par l'État pour aller en priorité vers les personnels soignants, ce que je comprends parfaitement.

Pourtant, même si nous pouvons commander des masques, nous ne couvrirons pas l'ensemble des professions prioritaires, tant au niveau de nos agents que des entreprises d'utilité publique. Nous avons là des enjeux majeurs.

A.-P. : Pensez-vous que des livraisons massives vont régler le problème ?

V. J. : Pour l'instant, nous ne faisons que gagner du temps. J'ai apporté 130 000 masques aux 24 communes du territoire du Grand-Orly Seine Bièvre, ce qui va nous permettre de tenir une quinzaine de jours, en équipant tous les personnels prioritaires. Même en rationnant, nous ne tiendrons pas plus d'un mois. La Police nationale n'a pas de masque. Elle est équipée par les stocks de la Région. Il y a eu sur ma commune l'interpellation, par des agents de la BAC, d'un marginal clairement contaminé, ce qui a entraîné, dans la situation compliquée que l'on vit, l'immobilisation de neuf agents pendant 14 jours.

A.-P. : Quelle est aujourd'hui, à vos yeux, la priorité ?

V. J. : Nous avons besoin d'une coordination forte, pour que les flux soient intelligemment répartis, avec les maires intégrés dans la boucle. On peut nous faire confiance sur la distribution en termes d'ordre de priorité.
La Région a d'ailleurs fait confiance aux élus locaux, leur laissant l'entière liberté pour équiper en priorité les personnels de santé, notamment les libéraux qui ne disposaient plus d'équipements de protection.

Sur mon territoire, nous avons un syndicat intercommunal, regroupant cinq villes qui portent un collectif d'infirmières libérales. La centaine d'infirmières concernée ne disposait d'aucun masque avant la livraison de la Région, parce qu'elles n'étaient pas prioritaires. Pourtant, tous les jours, elles font les piqûres nécessaires et vitales à la survie de séniors sur nos communes.

Les enjeux sont colossaux. On n'imagine pas un déconfinement sans protection nasale et buccale obligatoire. Il va falloir que les messages soient clairs… Qu'est-ce que l'on peut faire ? Qu'est-ce que l'on doit faire ?… Sinon, nous allons droit à la catastrophe.

Pour la région, cinq millions de masques peuvent paraître un potentiel énorme, mais ce n'est pas suffisant à l'échelle d'un confinement qui se prolonge et surtout du déconfinement. Nous allons devoir poursuivre l'approvisionnement, en posant, une fois encore, la question de la coordination des commandes et de leur répartition. L'État devrait assumer ce rôle, en négociant, par ailleurs, les tarifs. Les enjeux sont très importants.




Jean-Paul VIART
Journaliste

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