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Villes petites et moyennes d'Île-de-France

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Villes petites et moyennes d'Île-de-France
@ AP

L'Institut d'aménagement et d'urbanisme (IAU) d'Ile-de-France s'est penché sur la situation des petites et moyenne villes de la région, face au développement d'un cœur d'agglomération qui s'étend au-delà des frontières de la petite couronne.

Ces dernières années, les Villes petites et moyennes (VPM) connaissent un regain d'intérêt auprès des chercheurs, dû en grande partie à leur fragilité face au cœur de la métropole. C'est donc dans le but d'apporter un éclairage sur la place et le rôle qu'occupent ces villes dans le système métropolitain francilien que l'IAU a réalisé cette étude intitulée Villes des franges de l'agglomération parisienne : “Être plus qu'une simple campagne de Paris”

« Il y a, à la frange de l'agglomération parisienne, un territoire dont la densité globale reste faible, qui forme comme une marche agricole ponctuée de points forts : villes ou petites agglomérations qui entretiennent avec Paris des relations de voisinage mais ne se confondent pas avec la capitale. » Voilà comment l'architecte Philippe Panerai définit les villes petites et moyennes (VPM).

Les VPM dans l'espace géographique et institutionnel francilien

La première caractéristique des villes petites et moyennes est leur site naturel et leur patrimoine architectural riche. On prendra pour exemple les forêts de Fontainebleau et de Rambouillet, les rivières de Montereau ou encore les châteaux de Dourdan et Provins. Quatre des dix-huit villes mentionnées dans l'étude sont d'ailleurs d'anciennes villes royales (Dourdan, Etampes, Fontainebleau et Rambouillet), avec une richesse patrimoniale qui contribue à faire vivre l'économie locale.

Le deuxième point qui caractérise la situation géographique de ces communes montrent le fait qu'elles sont, dans l'ensemble, plutôt bien reliées au cœur d'agglomération. Plus ou moins éloignées de Paris (entre moins de 30 km, pour les plus proches, et plus de 60, pour les plus éloignées), elles bénéficient de la solide structuration radiale des routes d'Île-de-France, nationales ou autoroutes. En tenant compte des embouteillages, le temps de trajet en partant de ces villes pour rejoindre le centre de Paris se situe entre 1h20 et 1h40 (données d'Île-de-France Mobilités).

Pour les transports en commun, le plupart des VPM sont sur des ligne régulières (SNCF ou RER). Trois villes seulement ne disposent pas de gares ferroviaires, La Ferté-Gaucher, Milly-la-Forêt et Magny-en-Vexin. Le temps de trajet en transports lui se situe entre 45 mn pour les mieux desservies et 1h45 pour les moins faciles d'accès.

Les villes petites et moyennes sont aussi reconnues pour être le centre d'intercommunalités. En effet elles concentrent des fonctions administratives, commerciales et culturelles qui constituent le cœur de ces intercommunalités. Dans la majorité des cas, le siège de l'intercommunalité se trouve au sein de ces villes et elles disposent de la part la plus importante de délégués communautaires. Elles exercent ainsi une forme de centralité décisionnelle et politique. Ce qui ne veut pas dire que le maire de la VPM soit systématiquement à la tête de ces intercommunalités car tout dépend des équilibres politiques locaux. Ainsi, parmi l'ensemble des VPM étudiées, seuls trois maires sont à la fois maire et président de la structure intercommunale à laquelle leur commune appartient (Marc Robert à Rambouillet, Jean-François Copé à Meaux, Olivier Lavenka à Provins).

La place de VPM dans la planification de l'Ile-de-France

Depuis les années 60, les fonctions accordées aux VPM dans les documents de planification de la région parisienne n'ont eu de cesse d'évoluer. Le Padog (Plan d'aménagement et d'organisation générale de la région parisienne) de 1960 positionne les VPM comme des villes “satellites” de Paris. Il envisage de déconcentrer la capitale selon plusieurs hypothèses. L'une d'entre elles consiste en l'extension des villes moyennes existantes, situées à 40 ou 50 km de Paris, ayant des fonctions de ville-centre pour la zone rurale : Mantes, Meaux, Melun, Montereau. Le Padog envisage que ces villes, accueillent à la fois des industries en expansion et logent massivement les salariés pour atteindre à terme 150 000 à 200 000 habitants. Dans ce plan l'ensemble des VPM de grande couronne doivent d'ailleurs remplir ce rôle de centre important pour la campagne voisine ainsi que celui de « satellite de Paris ». Le plan d'aménagement, imagine assurer des liaisons rapides entre ces villes et les lier par une grande rocade qu'il propose de transformer en voie principale.

Si le Padog se donne pour objectif de fixer une limite à la croissance de l'agglomération parisienne, de la contenir, le SDAURP (Schéma directeur d'aménagement et d'urbanisme de la région parisienne) de 1965, s'efforce pour sa part d'organiser cette agglomération et de canaliser sa croissance. Au cœur de ce document de planification se trouve la création de villes nouvelles dont la fonction est de répondre aux problèmes démographiques de la région parisienne. Celles-ci auraient très bien pu être créées en prenant appui sur les villes satellites. D'ailleurs, la constitution “d'une couronne de villes nouvelles” à 50 km de Paris est l'un des scénarios envisagé par le SDAURP, mais qui a finalement été écarté. C'est un schéma qui ne s'intéresse pas, ou très peu, à ce qui se joue au-delà de l'agglomération et donc aux VPM qui s'y trouvent (Étampes, Dourdan, Fontainebleau, Montereau-Fault-Yonne, Provins, Coulommiers, Nangis, Rambouillet).

Le SDAURIF (Schéma directeur d'aménagement et d'urbanisme de la région Île-de-France), créé en 1976, présente une tendance à négliger les villes petites et moyennes. En effet les VPM de grande couronne, ces villes de la périphérie, ne sont pas oubliées, mais il leur est assigné un développement modéré. Celui-ci doit se concilier « avec la politique de sauvegarde de l'espace rural, et notamment la création de zones naturelles d'équilibre ». Ces villes dont il est rappelé à la fois “le caractère provincial” leur conférant un certain attrait et la fonction de marché et de centre de services pour les zones rurales, se voient donc attribuer un rôle très secondaire dans ce schéma d'organisation spatiale. Pas question d'en faire des pôles majeurs de l'aménagement régional, ce sont les villes nouvelles qui concentrent encore tous les efforts d'aménagement en grande couronne.

En 1994, le SDRIF (Schéma directeur de la région Île-de-France) s'inscrit dans un nouveau contexte par rapport aux schémas précédent, et pense les VPM comme des villes “traits d'union”. Elles doivent en fait se constituer en point d'appui et établir des liens avec les départements limitrophes afin de développer une solidarité interrégionale permettant de relayer la dynamique économique et urbaine parisienne. Mais cette injonction à jouer un nouveau rôle défini par le nouveau plan de 1994, ne s'accompagne d'aucun dispositif, d'aucune aide permettant de dynamiser ces villes, de les constituer en véritables pôles relais entre l'agglomération parisienne et le réseau des villes du Bassin parisien. Ce SDRIF n'a donc pas conduit à la mise en œuvre de projets de territoire transrégionaux s'appuyant sur ces villes traits-d'union qui sont, en dépit des intentions, restées dans l'ombre portée des villes nouvelles.

Un nouveau SDRIF, réalisé en 2013, fait des villes petites et moyennes des pôles de centralité, mais uniquement secondaires. Leur positionnement s'inscrit dans une logique de continuité de leurs fonctions établies qui sont de continuer à offrir une qualité urbaine respectueuse de leur environnement immédiat naturel (forets, champs, etc.) Toutefois, le développement de nouvelles filières économiques est vu comme une opportunité pour le développement de ces villes. Point important, qui constitue à la fois un atout et une contrainte dans le développement des VPM, au-delà de leur fonction de centralité, elles sont perçues comme des territoires à capacités fortes de densification et d'extension.






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