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covid-19 Vigilance sanitaire : devant les sénateurs, Olivier Véran plaide la prudence

La commission des lois et la commission des affaires sociales ont entendu le 26 octobre dernier Olivier Véran, ministre des Solidarités et de la Santé, sur le projet de loi portant diverses dispositions de vigilance sanitaire.
Vigilance sanitaire : devant les sénateurs, Olivier Véran plaide la prudence
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Adopté par l’Assemblée nationale le 21 octobre dernier, le projet de loi « vigilance sanitaire » est maintenant examiné par le Sénat. Pour rappel, ce projet de loi prévoit de prolonger jusqu'au 31 juillet 2022 le régime de sortie de l'état d'urgence sanitaire et l’utilisation des dispositifs déjà en place pour lutter contre l’épidémie, dont le pass sanitaire. En effet, l’exécutif estime que le contexte sanitaire reste incertain et que les mois hivernaux à venir nécessitent davantage de vigilance. Or, le rapporteur au Sénat du texte, Philippe Bas, a déposé plusieurs amendements afin de limiter la prolongation des mesures en vigueur au 28 février 2022.

Lors de son audition, le ministre a rappelé que si la France compte actuellement 5 000 cas par jour et que le système hospitalier qui n’est pas saturé, l’impact sanitaire est réel. La situation des pays européens voisins prouvent, selon lui, toute l’utilité des dispositifs mis en place : le Royaume-Uni, où la vaccination est insuffisante, compte 45 000 à 50 000 cas par jour et ne maitrise plus la croissance épidémique. Quant à l’Allemagne, sa couverture vaccinale est plus faible que la nôtre et son taux d’incidence est plus élevé, avec 13 000 à 15 000 cas journalier.

La prudence est de mise

« Nous avons la maîtrise de l’épidémie grâce aux outils dont nous disposons. Et ces outils-là, nous en aurons besoin dans les mois à venir et pas dans les semaines à venir », a estimé le ministre de la Santé, selon qui la situation ne sera pas différente dans trois mois. Pour lui, jusqu’au printemps au moins, la situation sanitaire ne pourra pas permettre de baisser la garde, notamment parce que la baisse des températures sera propice à la circulation du virus.

Par ailleurs, dans la période à venir, de nouveaux variants peuvent arriver, à l’instar du sous-type du variant Delta AY.4.2, qui en est issu, déjà apparu au Royaume-Uni, avec une contagiosité supérieur à environ 10 % que le variant Delta. Se voulant tout de même optimiste, Olivier Véran estime qu’il y a des raisons d’espérer une amélioration de la situation sanitaire, grâce au pass sanitaire et à la vaccination et tout en restant vigilant, vers mai-juin, voire juillet. S’agissant du pass, le ministre a plaidé, devant les sénateurs, pour son maintien encore quelques mois. « Nous n’avons pas suffisamment de recul à ce stade pour pouvoir nous priver d’un outil qui est fonctionnel et qui est très bien accepté par les gens […] Quand nous aurons la certitude que le niveau de vaccination ne le rend pas nécessaire, nous le supprimerons. », a-t-il exprimé.

Un traitement en vue

Parallèlement au pass sanitaire et au vaccin, un traitement anticovid devrait arriver prochainement en France : le molnupiravir, dont la molécule antivirale « a montré que lorsqu’elle était prise de façon précoce chez des gens symptomatiques sur 7 jours en comprimés, elle pouvait réduire de 50 % les risques de formes graves. 50 000 doses de ce médicament vont être livrées à la France dès les derniers jours de novembre et les premiers jours de décembre », a souligné Olivier Véran.

Vers une 3e dose de vaccin ?

Interrogé par la sénatrice LR Pascale Gruny sur la possible exigence d’une troisième dose pour l’obtention d’un schéma vaccinal complet, le ministre s’est voulu très prudent. « Ça fait l’objet de réflexions et d’une saisine et aux autorités sanitaires compétentes, le comité de stratégie vaccinale, la Haute autorité de santé et le Conseil scientifique. », lui a-t-il répondu, avouant que la question était sensible, tant d’un point de vue sanitaire que technique. Actuellement, seuls les plus de 65 ans, les personnes présentant des comorbidités, les personnes sévèrement immunodéprimées et ceux ayant reçu le vaccin Janssen sont concernés par la troisième dose vaccinale. « Si les données nous montrent que l’immunité s’affaiblit chez les gens plus jeunes alors on sera amené à faire un rappel. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas », a tenu à préciser le ministre.

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