AccueilActualitéRégion Île-de-France & Grand ParisVague 5 du Baromètre de la confiance politique du Cevipof

Vague 5 du Baromètre de la confiance politique du Cevipof

Françoise Frisch (CESE) et Pascal Perrineau (Cevipof) présentaient dernièrement, dans les locaux de Sciences Po, la Vague 5 du Baromètre de la confiance politique du Cevipof, réalisée en partenariat avec le Conseil économique, social et environnemental et le concours d'OpinionWay. En voici quelques enseignements…
Vague 5 du Baromètre de la confiance politique du Cevipof
AP - Pascal Perrineau

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Cette étude a été réalisée en novembre et décembre derniers, auprès d’un échantillon de 1803 personnes, représentatif de la population française, âgée de 18 ans et plus, et inscrite sur les listes électorales. Ce qui est frappant, à propos du climat général de l’opinion, c’est un phénomène d’usure, avec l’arrivée en tête dans l’étude de trois des items négatifs : morosité (34 %), lassitude (31 %) et méfiance (30 %). Comme le précise Pascal Perrineau : « Pour la première fois depuis 2009, le terme qui pour une majorité relative de Français est le plus révélateur de leur état d’esprit, c’est la morosité ! On se trouve là face à une forme de dépression collective... Dans le même temps, la sérénité baisse (15 %), le bien-être baisse également (14%). »
Malgré ce « blues » apparent, la société française est-elle capable de se projeter d’une manière positive sur la génération à venir ? A la question « Pensez-vous que les jeunes d’aujourd’hui auront plus, autant ou moins de chances de réussir que leurs parents dans la société de demain ? », la réponse est redoutable : 72 % des Français, de tous les milieux sociaux et de toutes les tranches d’âge, pensent que leurs enfants ont moins de chances.
Par ailleurs, comme le précise Pascal Perrineau, « jusqu’à présent, on constatait une forte défiance vis-à-vis des gens d’en haut, les politiques, les dirigeants économiques, les banquiers… mais il y avait une très forte confiance sociale en bas. C’est peut-être la première fois que l’on voit un léger mouvement de dégradation de la confiance sociale de proximité. Certes, le premier cercle reste stable –on continue à avoir confiance dans la famille (94 %), dans les gens qu’on connaît personnellement (94 %) dans les voisons (74 %)–, mais dès qu’on agrandit le cercle, les premiers signes d’érosion sont là : les gens d’une autre nationalité (60 %, -12 % par rapport à 2009), les gens qui ont une autre opinion religieuse que nous (66 %, -7 % par rapport à 2009). Ce sont des mouvements significatifs, comme si la défiance d’en haut commençait à se diffuser dans les étages inférieurs de la société. »

Un fatalisme grandissant

Ces réponses font apparaître un certain fatalisme chez les Français qui affecte progressivement le sentiment de responsabilité « l’impression qu’on est le jouet d’autres forces » comme le souligne Pascal Perrineau.
En 2009, 81 % des personnes interrogées déclaraient avoir prise sur leur environnement. Aujourd’hui, ce chiffre tombe à 76 %. La perception du niveau de contrôle de sa vie est également en proie à l’érosion : 60 % des Français pensent qu’ils ont peu de pouvoir réel sur ce qui leur arrive.
En poussant l’analyse, Pascal Perrineau va plus loin. Pour lui, « le pessimisme personnel débouche également sur l’installation et le renforcement d’une défiance économique extrêmement forte, aussi bien pour soi-même que pour son pays ». 60 % des Français pensent que leur situation financière va se dégrader dans les prochains mois. Ils sont par ailleurs 65 % à penser que la situation du pays va, elle aussi, de mal en pis. A la question : « Selon vous, de façon générale, les entreprises françaises sont-elles compétitives par rapport aux entreprises d’autres pays ? » Le oui ne recueille que 29 % (-7 points par rapport à l’année dernière), en dépit des efforts actuels. Le non triomphe à 60 % (+6 points par rapport à 2012).

Défiance politique

Comme le souligne Pascal Perrineau, ce n’est plus un baromètre de la confiance, mais un baromètre de la défiance politique qui apparaît quand on demande aux Français de juger ceux qui les gouvernent. A la question « Quand vous pensez à la politique, qu’est-ce que vous éprouvez d’abord ? » Les items de tête sont dans l’ordre la méfiance, le dégoût et l’ennui. Quand on leur demande si les responsables politiques se préoccupent beaucoup, assez, peu ou pas du tout de ce que pensent les gens comme vous ? 87 % des personnes interrogées répondent « peu ou pas du tout ». Selon Pascal Perrineau « On avait jamais vu cela dans les précédentes vagues du baromètre. Cette question permet de mesurer réellement la crise de la représentation. A la fin des années 70, une majorité répondait beaucoup ou assez… Dès le milieu des années 80, la position peu ou pas du tout s’installe, mais à 55%... ». Dans ce triste tableau, l’institution municipale et le maire sont les seuls à résister vraiment avec une cote de confiance de 61 %. Pour Pascal Perrineau, « la conséquence, c’est que la perception de la démocratie se dégrade pour deux tiers des Français. En revanche, l’Etat dans sa dimension régalienne comme dans sa dimension providence reste à un haut niveau de confiance. La seule institution qui connaît une assez forte érosion, c’est l’école, avec une baisse de 6 % en un an ».

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