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Vaccins : selon Olivier Véran, 77 millions de doses pourraient être disponibles d'ici la fin juin

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Vaccins : selon Olivier Véran, 77 millions de doses pourraient être disponibles d'ici la fin juin
© Sénat

Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a été auditionné dernièrement par le Sénat sur les conditions de la mise en œuvre de la stratégie vaccinale contre la Covid-19.

«Le 17 décembre, nous avons accepté la stratégie vaccinale qui a été présentée au Sénat et avec elle la priorisation des bénéficiaires des vaccins, mais contrairement à certains de nos voisins, dont l'Allemagne, son déploiement a cependant souffert de lenteurs, voire de faiblesses, déjà identifiées lors de la première vague à propos des équipements de protections concernant la chaine logistique ». C'est par ces mots que la présidente de la commission des affaires sociale du Sénat, Catherine Deroche, a introduit l'audition du ministre des Solidarités et de la Santé, Olivier Véran, interrogé dans une période de montée en puissance de la vaccination en France.

Pour entamer cette série de questions-réponses, la sénatrice LR du Maine-et-Loire a souhaité revenir sur la question du recours au cabinet de conseil McKinsey. « Ce cabinet nous appuie dans la conduite du projet en lien avec la task force, la force d'action en charge de mettre en place toute la stratégie logistique. L'aide concerne la stratégie vaccinale pratique opérationnelle et notamment les enjeux de benchmark international, puisque ce cabinet a aussi vocation à conseiller bien d'autres ministères de la santé dans l'application de leur stratégie vaccinale », a lancé le ministre de la Santé, indiquant que la France avait tout intérêt à utiliser toutes les compétences qui existent dans le pays, qu'elles soient publiques ou privées (un général d'armée intervient également sur les questions logistiques).

Le cabinet McKinsey est plus concrètement chargé de contacter régulièrement les « 100 hôpitaux pivots », pour vérifier que les livraisons de vaccins, de seringues, et d'aiguilles, etc. se déroulent dans de bonnes conditions.
« Toute la chaine logistique est concernée, c'est un travail de fourmi absolument indispensable, pratico-pratique », a poursuivi Olivier Véran, précisant que le cabinet n'intervenait « absolument pas » dans la stratégie scientifique vaccinale.

« Je ne dis pas que nous avons toutes les compétences et que les choses coulent de source, mais que nous avons des ressources absolument admirables. Je dis à mes équipes que je les remercie et que je les soutiens », a-t-il complété, assurant que le budget de financement était pris sur celui de son ministère et non sur celui de la sécurité sociale.

« Toutes les grandes décisions de politiques publiques relèvent en effet du ministère de la Santé, sur la base de recommandations d'autorités scientifiques indépendantes », a-t-il conclu.

Le calendrier de la vaccination

Les sénateurs ont également souhaité en apprendre plus sur le calendrier vaccinal. « Concernant la vaccination des cinq millions de personnes âgées de 75 ans et plus, qui commence à la mi-janvier, nous nous donnons plusieurs semaines, puisque nous n'avons pas, à date, 5 millions de vaccins dans les congélateurs », a précisé Olivier Véran (les personnes atteintes de maladies particulièrement graves ont été ajoutées à cette cible vaccinale prioritaire).

« Le rythme des livraisons va s'accroitre. Mais ce n'est pas parce que nous ouvrons la possibilité de prendre rendez-vous que tout le monde sera vacciné d'un coup dans les prochains jours. C'est fondamental de le dire », a-t-il insisté, indiquant espérer que cette première étape s'achèverait à Pâques.

Mais, comme l'a précisé le ministre, le calendrier dépendra aussi de la validation par les autorités sanitaires européennes d'autres vaccins, dont la France pourrait disposer en proportions plus importantes. « Si le vaccin Astra Zeneca est validé d'ici à février, cela permettrait de renforcer notre stock de trois millions ce mois, puis de six millions en mars, et encore de quatre millions supplémentaires en avril. Quelque 77 millions de doses seront potentiellement livrées avant la fin du mois de juin en France », a-t-il poursuivi.

Si l'objectif est de protéger et de vacciner le plus de personnes possibles dans un temps réduit, afin de « retrouver le cours de notre vie », le ministère a fait le choix de prioriser les personnes fragiles, compte tenu des connaissances actuelles et du rythme des livraison notamment. Mais d'autres incertitudes, de nature scientifique, demeurent. Quand est-ce que sera validé le vaccin d'AstraZeneca ? Sera-t-il destiné à un public jeune, auquel cas il faudra prévoir deux circuits de distribution, ou à un public âgé de nouveau ?
« Je n'ai pas la réponse à ces questions, elles relèvent du verdict des autorités sanitaires européennes », a tenu à préciser le ministre de la Santé.

Il s'agira finalement d'une montée en puissance progressive « qui ne doit rien à la logistique », mais qui est liée aux commandes passées par l'Union européennes depuis plusieurs mois et qui seront livrées à la France progressivement.

« J'émettrai toutefois une réserve : je ne fais jamais de prédiction, je ne sais pas si à date ces vaccins préservent de la contamination ou uniquement des formes graves. Mais la réduction des contaminations serait l'occasion, pour l'Homme, de reprendre le contrôle sur un environnement devenu hostile », s'est-il avancé.

Le rôle des élus locaux

Interrogé sur la vaccination des personnes âgées isolées, Olivier Véran a également indiqué qu'il revenait aux territoires s'organiser sur le sujet. « Je suis, pour le coup, très girondin en la matière. Je me suis entretenu avec des élus de l'Assemblée des départements de France, de l'Association des maires de France et de France urbaine, j'ai constaté que l'innovation s'était déjà mise en place sur les territoires », a-t-il salué.

Quant à savoir si les élus locaux pouvaient organiser le transport collectif de ces personnes, Olivier Véran s'est également montré très ouvert. « Evidemment, c'est du bon sens, et le bon sens doit prévaloir. Donc nous faisons appel à toutes les bonnes volontés. Je fais confiance aux élus locaux, je sais qu'ils sont extrêmement mobilisés aux côtés des professionnels de santé », a-t-il souligné.

Sur la dotation des territoires, Olivier Véran a souhaité rassurer les sénateurs inquiets de voir leur département manquer de doses. « La ruralité fait tellement partie de nos priorités que nous avons fait un choix différent de nos voisins, celui de ne pas recourir à des vaccinodromes mais à des centres à l'échelle des territoires. », a-t-il assuré, précisant que la répartition des doses se faisait après concertation avec les équipes sanitaires, en fonction des besoins et en effectuant une « juste répartition » à l'échelle de la Nation. « Je crois que tout le monde a sa place, nous ne fixons aucune limite dans la capacité à agir des élus. L'objectif, c'est celui d'atteindre de six centres par département jusqu'à la fin du mois », a-t-il indiqué, ajoutant qu'au-delà, tous les centres pourraient ne pas être suffisamment dotés en vaccins.

Par ailleurs, le ministre de la Santé a précisé vouloir s'appuyer, à l'avenir, sur tous les professionnels de santé pour vacciner, qu'ils soient étudiants ou retraités, un décret l'autorisant déjà. « Demain, avec les vaccins plus faciles à transporter, j'espère vivement que nous pourrons nous appuyer sur le réseau des officines de villes, les médecins libéraux, les infirmiers. Nous avons le savoir-faire, nous vaccinons cinq millions de Français contre la grippe en une semaine et il n'y a pas de raisons que nous n'y arrivions pas avec un vaccin qui répondrait à des règles d'utilisation identiques ».

Concernant la bonne utilisation des doses n'ayant pu être administrées, le ministre en a également fait appel au bon sens. « Il n'y a pas besoin de mot d'ordre pour vacciner les personnes autour du centre, lorsqu'il reste des doses, tout candidat disponible sur place doit pouvoir se faire vacciner. Nous ne voulons pas en jeter. Nous sommes aujourd'hui très loin du taux théorique de perte, ce qui est une excellente nouvelle, c'est le signe que tout le monde progresse et fait très attention à ce bien précieux », a-t-il estimé.

La responsabilité des laboratoires

C'est finalement depuis l'Outre-mer, par l'intermédiaire de la sénatrice Victoire Jasmin, présente en visioconférence, que la question de la responsabilité des laboratoires s'est invitée dans les débats. « Il n'y a pas de clauses de non-responsabilité qui protègeraient les laboratoires. Ces questions relèvent du le droit commun », lui a répondu Olivier Véran.

Si un laboratoire commercialise un produit qui présente un défaut de fabrication, il est donc entièrement responsable. Toutefois, lorsqu'une personne présente un effet indésirable grave, avec des séquelles, ou tout autre problème justifiant une prise en charge médicale par exemple, voire des indemnisations, et qu'il n'y a pas de faute du laboratoire (c'est l'aléa thérapeutique), alors la solidarité nationale, via l'Oniam (l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux), prendra en charge les réparations.

Les personnes souhaitant éligibles à la vaccination sont invitées à se rendre sur le site santé.fr pour prendre rendez-vous.




Quentin CLAUZON
Journaliste

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