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Université numérique du Medef : la transformation à l'honneur en 2019

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Université numérique du Medef : la transformation à l'honneur en 2019
© A.P. - Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d'Etat au ministre de l'économie et des Finances, a ouvert l'Université numérique du Medef.

Pour son édition 2019, l'université numérique du Medef avait lieu à Station F, grand campus de start-up parisien. Le thème de cette 5e édition était la transformation numérique des entreprises, et son mode d'emploi.

Lancée en 2015, l'université numérique du Medef est une initiative de son président, Geoffroy Roux de Bézieux, afin de participer à la transformation numérique des adhérents.

Pour rappel, le Medef en a au total 174 000, avec une moyenne de 47 salariés par adhérent. Contrairement aux idées reçues, l'organisation regroupe donc un nombre assez important de PME.

Le lancement du président

« L'écosystème numérique en France va plutôt bien. On peut certainement faire mieux mais les progrès ont été énormes », estime Geoffroy Roux de Bézieux. « Ce qui ne va pas assez vite, c'est la transformation numérique de nos PME.»

Dans le but de débloquer la situation, le Medef avait déjà lancé un diagnostic numérique, opéré sur 20 000 entreprises. « Cela permet de faire le bilan de ses forces et de ses faiblesses. C'est un peu le point de départ de la transformation digitale », commente le président.

Pour lui, il est également nécessaire que ces entreprises, parfois dépassées, se confrontent aux plus jeunes, créées dans un contexte numérique omniprésent.

« On a choisi France Digitale (association qui réunit les entreprises et investisseurs du numérique, ndlr) pour nous accompagner car je voulais provoquer le choc de la rencontre entre des start-up et des PME », explique Geoffroy Roux de Bézieux.

Lors de ce face-à-face, le président du Medef distingue trois phases. La première est une phase de sidération face à des méthodes, une vitesse et un business model très différents. « Par exemple, quand Airbnb est arrivé sur le marché de l'hôtellerie, les réactions de la part des acteurs de ce secteur ont été la stupéfaction mais aussi la négation. Pendant quelques années, il y a eu une sorte d'ignorance de ce phénomène. »

Frederic Mazzella, dirigeant de Blablacar et Olivier Derrien, directeur général de Salesforce France, ont partagé leurs expériences. © A.P.

La deuxième phase, elle, s'articule autour de la volonté de verrouiller l'entrée sur le marché du nouvel arrivant. « Dans le cas de l'hôtellerie, ils essayaient de faire peser les lois sur leurs concurrents digitaux pour les interdire. »

Enfin la troisième phase qui, selon Geoffroy Roux de Bézieux, est en train de se mettre en place, est la coopération. Cela consiste pour les PME à s'inspirer des start-up et à les intégrer dans leur modèle. « J'espère que les start-up vont pouvoir collaborer, vendre des produits à nos adhérents et travailler avec eux. Voilà l'idée de cette transformation mode d'emploi », conclut le président.

La transformation numérique vue par le Gouvernement

Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d'Etat au ministre de l'Economie et des Finances, est intervenue pour lancer la deuxième partie de cette journée sur le thème de la transition numérique des entreprises.

« La transformation numérique est un enjeu auquel nous sommes très attachés au Gouvernement. Dans la période que nous traversons en termes de transformation de business model, que ce soit dans les services ou dans l'industrie, on voit bien qu'on doit mettre un coup d'accélérateur », entame Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d'Etat au ministre de l'Economie et des Finances.

En effet, une partie des PME sont réservées sur l'idée de s'engager dans la numérisation de leur business model car « ça n'a rien de simple » rappelle la secrétaire d'État. « L'enjeu est de faire en sorte de leur donner envie de s'engager dans cette transformation en démontrant qu'elle apporte de la part de marché et de la satisfaction client et en leur expliquant comment on s'y prend. »

Pour qu'elles puissent ensuite être compétitives, il faut aussi un réseau de qualité. « Nous nous concentrons sur la 4G pour pouvoir en donner à 99,5 % de la population et qu'elle soit de bonne qualité afin d'envoyer et de recevoir de la data. Notre objectif est également un haut débit de qualité avant fin 2020 et un très haut débit avant fin 2022. » L'arrivée de la 5G est également au programme avec son développement prévu pour 2021-2022, « les équipementiers se préparent déjà à la déployer. »

De même, le Gouvernement a prévu certains plans d'accompagnement des entreprises. Le premier, plus pour les TPE et les PME du secteur des services, est réalisé autour de France Num (initiative gouvernementale pour la transformation numérique des TPE-PME).

Il a pour vocation de sensibiliser au numérique, mettre à disposition des tutos, développer la formation et le financement de la numérisation. Ce plan mobilise 1 600 acteurs de la transformation numérique. « Pour réussir la transformation numérique il faut être accompagné et bien accompagné », estime la ministre.

Le deuxième plan consiste à développer l'industrie 4.0.

« Nous avons créé de l'emploi en 2017, 2018 et 2019 dans l‘industrie, grâce au numérique. Ça a augmenté notre compétitivité », explique Agnès Pannier-Runacher.

« Numériser de A à Z une entreprise industrielle c'est un gain potentiel de coût de 30 %. Pour bien le faire, il faut financer et parfois recruter les bonnes compétences. »

Pour cela, plusieurs aides ont été créées. Un Diagnostic numérique pour les PME, un dispositif de suramortissement pour préfinancer une partie des investissements liés au passage au numérique, et enfin un dispositif de volontaire territorial en entreprise. Ce dernier consiste à recruter de jeunes diplômés qui partent un an dans une PME auprès d'un chef d'entreprise, il apporte ses connaissances numériques et en échange apprend comment on dirige une entreprise.

« C ‘est un dispositif gagnant-gagnant qui sera déployé à partir de septembre prochain », annonce la ministre. « Les mois prochains seront dédiés à faire en sorte que cette transformation numérique passe du concept à la réalisation.»

Deux leaders du numérique donnent leurs conseils aux entreprises

Frédéric Mazzella et Olivier Derrien sont respectivement les dirigeants de deux entreprises qui fonctionnent avec le numérique, Blablacar et Salesforce. Tous deux ont réussi à acquérir des positions de leaders mondiaux dans leur domaine et ont accepté de partager leur expérience avec les dirigeants de PME, ETI ou même de grands groupes, lors de cette édition 2019 de l'université numérique.

« Quand on crée une entreprise la clé ce sont les gens », estime Olivier Derrien, directeur général de Salesforce France.

Blablacar compte aujourd'hui 350 salariés et Salesforce 35 000 dont un peu moins de 1000 en France. « Malheureusement, il y a souvent un facteur 100 entre une boîte française et une boîte américaine dans le numérique », fait remarquer Frédéric Mazzella.

« Au début, dès que je croisais des gens intelligents j'avais envie de les recruter. Il faut aller chercher des gens passionnés, qui n'ont pas peur, parce qu'on ne sait pas si ça va marcher au début », conseille le fondateur de BlaBlacar.

Face à une pénurie des métiers numériques, les deux dirigeants ont donné leur méthode pour rester attractif.
« Il faut définir le plus vite possible les valeurs de l'entreprise. Les piliers sur lesquels on va s'appuyer. Ces valeurs vont permettre d'employer les personnes qui sont en accord avec elles », indique Olivier Derrien.

« Aujourd'hui, il y a de plus en plus de jeunes, et de moins jeunes, qui cherchent un sens particulier à leur engagement professionnel », commente le leader de Salesforce France. « Pour ceux qui ont déjà bâti leur société, il faut réfléchir à intégrer ou changer les valeurs fondamentales afin qu'elles aient un véritable sens.» « Ensuite, pour garder les gens il faut que vos actes correspondent à votre discours, ça s'appelle la sincérité. Et je vous promets que si vous faites ça, l'attachement que vous aurez en retour vous permettra de garder vos salariés, parce que recruter c'est bien mais garder c'est encore mieux », conclut Olivier Derrien.

Pour Frederic Mazzella, les jeunes sont de plus en plus préoccupés par les questions environnementales. « Aujourd'hui ils nous disent : si tu tournes le dos à l'environnement je ne travaillerai pas pour toi. Nous serions fous de ne pas tenir compte d'un tel avertissement », averti le chef d'entreprise.

« Mon conseil pour donner du sens aux jeunes et les recruter est de changer les process pour aller dans le sens d'une société beaucoup plus durable et surtout ne pas faire de greenwashing. Il faut faire du fond. Si vous n'en faites pas ils le verront. »

Enfin, les patrons de Blablacar et Salesforce ont abordé le sujet du développement à l'international. « Avant toute chose, vous devez penser à la couverture mondiale, il ne faut pas attendre que votre idée marche en France pour la lancer à l'international sinon on vous la prendra si elle est bonne », explique Olivier Derrien.

« Mon conseil est donc de penser tout de suite à ouvrir votre vision sur plusieurs pays en même temps plutôt que d'attendre. Il faut oser être ambitieux, il ne faut pas avoir peur. »

Sur le sujet, Frédéric Mazella a aussi son idée. « Il faut penser à avoir des process qui survivent à la multiculture (…) au début on s'appelait covoiturage.fr, on a dû passer en blablacar pour avoir une marque qui passait partout ».

Remise des prix Medef-Siparex

Pour clore la journée en beauté, une cérémonie de remise de prix a eu lieu. Le prix Medef-Siparex récompensait en fait les plus belles réussites de transformation d'entreprises, avec cinq grandes catégories.

C'est à Bertrand Rambaud, président du groupe Siparex, que revenait la charge d'introduire la remise de prix et de remettre le premier. « Nous sommes actionnaires de boîtes dans le domaine du digital mais aussi de PME et ETI dans des environnements très traditionnels, on a constaté que pour certaines le digital n'était pas un sujet assez fort, pas assez marqué alors qu'il nous concerne tous dans notre vie du quotidien et il concerne toutes ces boîtes qui doivent en faire un enjeu de croissance et de développement », constate le dirigeant.

« Il y a plein de leviers pour mettre en place cet enjeu digital et nous avons pensé que participer à un concours en était un bon pour accélérer la mise en place de la digitalisation. C'est important de montrer de beaux exemples comme ceux qui seront récompensés ce soir.»

Le premier prix de la soirée est ensuite remis au groupe Trecobat, constructeur de maisons individuelles, dans la catégorie stratégie.
Pour la catégorie Talents, le prix est remis par Stéphane Flex, directeur de l'école de la transformation numérique The Nuum Factory, au cabinet de recrutement lyonnais CCLD. Hugues Meili, président du groupe Niji, récompense ensuite Le Temps des Cerises du prix clients.
Le prix de la start-up est décerné à la plateforme médicale ID1, par Claire Houry de France Digitale.
L'entreprise de services et d'électronique Eolane remporte le prix de la performance opérationnelle, remis par le vice-président du Medef, Patrick Martin.
Enfin un prix spécial du jury est remis au prestataire médical Orkyn', remis par Geoffroy Roux de Bézieux. « C'est un prix pour une entreprise qui a voulu prendre un risque, une décision audacieuse par rapport à un modèle de commercialisation traditionnel » explique le président du syndicat patronal.
Six exemples de transformations numériques réussies auront donc finalement été récompensés. De quoi finir de convaincre les entreprises qui hésiteraient encore à s'y lancer.




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