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Université du numérique du Medef : adopter une vision stratégique

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Université du numérique du Medef : adopter une vision stratégique
© A.P. - Lucas Jakubowicz, Céline Laurenceau, Eric Gourrier, Pierre Joly, Erwan Salmon, Laurent Célérier et Antoine Amiel.

En pleine révolution numérique, nos façons de travailler, modes d'apprentissage et compétences requises sont à revoir de fond en comble. C'est pourquoi le Medef a invité près de 3 000 entrepreneurs à venir découvrir le futur des métiers, de l'emploi et de la formation lors de sa quatrième Université du numérique.

Introduite par le président du Medef Pierre Gattaz, cette Université du numérique s'est tenue fin mars à Paris au siège du Medef. Convaincu que la transformation digitale représente un bouleversement majeur pour toutes les entreprises, quel que soit leur taille ou leur secteur d'activité, le plus grand syndicat patronal a organisé deux journées de conférences pour aborder différentes problématiques engendrées par le numérique.

L'objectif final de cette université était de faire prendre conscience aux dirigeants d'entreprise de la nécessité d'adopter une vision stratégique digitale dans un environnement dynamique et incertain faisant face à un mouvement schumpetérien de destruction créatrice.

Selon son président, le Medef agit pour sensibiliser et accompagner les entreprises françaises, en particulier les TPE-PME, qui n'ont pas encore saisi toutes les opportunités de la révolution numérique en cours.

Cette année, pour sa 4e édition, l'Université du numérique a mis l'accent sur la formation avec le titre « Relevons le défis des compétences ».

Pierre Gattaz a ainsi rappelé les chiffres édifiants : d'ici à 2025, 50 % des métiers vont évoluer sous l'impact du numérique, 25 % d'entre eux seront automatisés et 10 % totalement transformés. En France, près de 80 000 emplois qualifiés dans le domaine du numérique pourraient ne pas être pourvus d'ici à 2020. Par ailleurs, un cinquième des métiers de demain n'existent pas encore aujourd'hui.

Au moment où le Medef vient de prendre la tête de la Coalition numérique française « Digital Skills and Jobs », l'Université du numérique était l'occasion de faire un état des lieux sur les solutions à mettre en place rapidement pour former, faire monter en compétences, attirer, fidéliser les hommes, mais aussi les femmes qui mettront en place, au sein des entreprises, la nouvelle économie et développeront en France les filières d'avenir.

Format disruptif : "Rendez-vous en 2028"

Cette année, le Medef a invité le public à s'immerger dans une expérience innovante : intégrer une entreprise de santé de 2028 pour résoudre les six défis proposés afin d'explorer les tendances de demain.
L'objectif était de faire un bond de 10 ans et de mieux s'approprier le monde numérique qui se dessine pour prendre dès aujourd'hui de meilleures décisions en fonction de l'anticipation de l'impact du digital sur son environnement professionnel.
Cette expérience, réalisée avec l'entreprise Collock, s'inspire du concept des Escape games et développe six thématiques : le recrutement, la formation continue, la fracture numérique, l'e-santé, l'e-gouvernement et la cybersécurité.

Transformation des emplois et des compétences

Le premier jour s'est ouvert sur deux tables rondes consacrées au bouleversement du marché du travail fortement impacté par le numérique. Lors de la première intitulée « Créations ou destructions d'emplois : le numérique et Schumpeter feront-ils bon ménage ? » un panel d'intervenants varié a expliqué qu'il faut désormais maîtriser les nouvelles technologies numériques, créer du sens avec leur utilisation et trouver des leviers pour créer de la valeur. Cela nécessite, non seulement de la formation, mais aussi l'autonomie accrue des individus.

Cap sur la formation

« La langue étrangère que je vais pousser auprès de mes enfants ne sera pas l'anglais mais le code », s'est exclamé Vincent Bedoin, président du directoire de Lacroix group, converti à l'IOT industriel.

Selon Ludovic Cinquin, DG d'Octo Technology, il en ressort un « consensus sur l'ampleur des transformations à l'œuvre et le déplacement de la problématique depuis les emplois menacés à la création de richesses, en lien avec la nécessité de formation ».

Pour certains, le problème de l'emploi n'est pas celui de la formation ni de la régulation économique, mais davantage un problème de savoir-être et de maîtrise de parcours par les individus. Pour d'autres, il s'agit d'une responsabilité étatique.

« La vraie révolution culturelle de ces dernières années est de reconnaître que ce sont les entreprises qui créent les emplois et pas l'Etat », souligne Marie-Anne Barbat-Layani, DG de la Fédération bancaire française. « La bonne nouvelle est que la croissance repart et qu'on a besoin de recruter », a-t-elle ajouté.

En outre, revoir les industries françaises est « fondamental pour notre compétitivité économique », selon Isabelle Martin, secrétaire confédérale de la CFDT. Pour cette syndicaliste, il faut toujours associer les innovations avec les usines et les centres de formation.

La deuxième table ronde sur le renouveau des compétences et des formations comme « ingrédient essentiel de la stratégie des organisations » a fait ressortir l'impérieuse nécessité de la pédagogie et de l'impulsion du dirigeant.

« La transformation digitale est avant tout un changement de paradigme sur la compréhension de l'usage du client et des employés », a lancé Celine Laurenceau, directrice de l'activité conseil en RH et gestion des talents chez Accenture, en posant le cadre des débats.

Changement de paradigme

La problématique des compétences « pose des soucis pour 80 % des dirigeants français »,a-t-elle souligné en ajoutant que 15 % de la population mondiale va devoir changer de métier. De nouveaux font déjà leur apparition : growth hacker, analystes KYC (know your customers), ecosystem builder, predictive maintenance...

Même l'Etat est touché par la vague numérique, notamment l'Armée et en particulier la Marine a expliqué Laurent Célérier, adjoint transformation numérique à la DGSIC du ministère des Armées. Les nouvelles frégates sont ainsi extrêmement numérisées et viennent de passer à deux équipages car « l'évolution technologique exige une charge cognitive très importante ». Finalement, l'équipage s'épuise psychologiquement à se mettre au niveau du bateau. L'Armée s'est engagée dans la révolution numérique pour être plus rapide que ses adversaires et économiser ses forces en réussissant à les concentrer au bon endroit.

Victime de leurs succès, les compétences acquises dans l'Armée (cybersécurité, codage…) sont très valorisables dans le secteur privé, ce qui cause un problème de fidélisation des compétences militaires.

Tout le sujet est de « se préparer à désapprendre ou réapprendre ».

« C'est important de ne pas laisser les salariés sur le carreau », a souligné Erwan Salmon, DG d'Avaya France, qui promeut les sessions de formation en interne, en externe en présentiel, et l'e-learning.

Les descriptions de postes aujourd'hui ne sont plus pertinentes à cause de l'utilisation accrue des données et du digital. Selon l'étude Accenture Futur Work Ethnographics Study 2017, 46 % des CEO estiment qu'elles sont obsolètes.

Chez Dell, une étude a été réalisée auprès de 4 000 dirigeants dans le monde pour poser le contexte de la numérisation et du changement de paradigme. Il y a trois facteurs clés de succès : la vision stratégique, la capacité technologique et l'accompagnement des salariés.

La société a capitalisé sur la culture d'entreprise et le développement du télétravail explique son DRH, Pierre Joly. Dell envisage ainsi que 50 % de ses collaborateurs puissent travailler de n'importe où et n'importe quand d'ici à 2020. Elle a de plus en plus de manageurs « virtuels » qui ne sont pas au même endroit, ni même dans le même pays parfois, que leurs salariés. Cette désintermédiation est possible grâce à la révolution digitale.

Les différents intervenants ont témoigné de l'utilité de passer à un modèle de management plus responsabilisant avec des équipes davantage autonomes, des méthodes agiles, une meilleure qualité de vie au travail (collaboration, horaires décalés, télétravail, culture de l'exécution, du retour d'expérience, évaluation de la performance, R&D, formation...). Vaste programme pour les dirigeants.

Réseaux sociaux et innovation
Nous sommes entrés dans l'ère de l'ultra connexion, et passés d'un système d'information vertical à un système matriciel. L'accès à l'information de façon large, notamment grâce aux réseaux sociaux, peut rendre plus innovant dans le milieu professionnel. C'est ce qu'a expliqué dans sa keynote, Alban Jarry, président délégué de l'Ecole polytechnique d'assurances, spécialiste du numérique, des stratégies de marques, de la communication et de l'influence.
Il est l'auteur d'un livre blanc sur l'accès aux réseaux sociaux dont il ressort que les utilisateurs de Twitter avaient des idées plus innovantes en entreprise. Les dirigeants d'entreprise et les salariés y collaborent les uns avec les autres et innovent grâce à cette capacité à récupérer de l'information importante en lien avec leur réseau.




Anne MOREAUX
Journaliste

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