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Unis IDF soutient les professions de l'immobilier impactées par la crise du Covid-19

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Unis IDF soutient les professions de l'immobilier impactées par la crise du Covid-19
@ DR - Emily Jousset et Aurélien Taché

En cette période de crise sanitaire et économique, aucun secteur n'est épargné. Emily Jousset, présidente de l'Unis Île-de-France décrypte les conséquences du Covid-19 pour les professionnels de l'immobilier et s'exprime sur les dernières mesures gouvernementales prises pour ces professions.

Affiches Parisiennes : Vous êtes la présidente de l'Unis Ile-de-France et Grand Paris, le syndicat des professionnels de l'immobilier. Comment s'est passé le forum que vous aviez organisé dernièrement, avant le confinement ?

Emily Jousset : Effectivement, nous avons organisé le 12 mars dernier un forum dédié aux adhérents et collaborateurs, alternant des moments de formation, d'échanges avec nos partenaires et d'informations sur les sujets politiques. Lors de cette journée, on a eu deux temps de formation sur la lutte contre les discriminations et les ordonnances en copropriété et nous avons accueilli le député Aurélien Taché, qui a présenté son rapport sur sa proposition de densification comme solution au déficit du nombre de logements ainsi qu'un représentant de l'équipe de campagne de Rachida Dati pour sa politique du logement.

Sur l'actualité, le confinement entraîne pour nos adhérents de grands changements. Vingt-quatre ordonnances ont été présentées en Conseil des ministres, neuf concernant nos métiers, dont, en copropriété, la prorogation des contrats de syndic. Le texte n'est pas très bien rédigé, on ne sait pas encore la date de fin de l'état d'urgence sanitaire pour la convocation des assemblées générales, donc on sait uniquement que l'on pourra le faire après le confinement. Nous évoquerons aussi les nombreux sujets traités dans ces ordonnances lors de notre prochain rendez-vous de l'Unis IDF, mardi 31 mars à 16 h, première conférence des managers de l'immobilier en visioconférence. Il suffit de s'inscrire sur le lien diffusé sur les réseaux sociaux afin d'assister à la conférence.

J'organise cette conférence avec mon vice-président, Benjamin Darmouni, ainsi qu'avec un avocat, un notaire et différents experts en copropriété, pour informer toujours plus nos adhérents, nos partenaires et tous les professionnels de l'immobilier sur la façon dont ces ordonnances impactent nos métiers : comment va-t-on pouvoir continuer d'exercer nos métiers pour le mois à venir dans ce cadre de confinement et avec quelles conséquences ?

Car cette situation a des conséquences directes sur nos collaborateurs : est-ce qu'on les met en chômage partiel, est-ce qu'on leur impose les six jours de congés payés, comment gère-t-on une équipe à distance ou encore quels moyens de dématérialisation met-on en place pour communiquer avec nos collaborateurs et avec nos clients ?

Nous sommes également confrontés à des impacts financiers avec des chaînes en cascade de réduction d'activité, de baisse de chiffre d'affaires, de traitement prioritaire des urgences, s'agissant notamment des professions du BTP qui ne peuvent pas être en télétravail mais qui doivent s'assurer de la sécurité des collaborateurs lorsqu'ils travaillent. C'est sur tous ces sujets là que nous échangerons avec les professions avec lesquelles nous exerçons. Des sujets sur lesquels l'Unis informe régulièrement ses adhérents et qu'il faut communiquer au plus grand nombre, puisque tous les professionnels de l'immobilier ne sont pas forcément adhérents.

A.- P. : Avec la crise, les bailleurs sont inquiets de ne pas percevoir leurs revenus locatifs. Ces revenus sont-ils majoritairement suspendus ?

E. J : Pour l'instant, ils sont suspendus, c'est un report, mais ils ne sont pas annulés. Quand vous êtes propriétaire bailleur ou institutionnel, que vous avez, par exemple, une boutique louée à un restaurant ou un immeuble entier loué à plusieurs petites entreprises, et que le locataire ne vous paie pas, il devient difficile de payer les charges pour entretenir l'immeuble. Le Gouvernement a effectivement dit que les factures d'électricité et de gaz pouvaient être reportées, mais il y a d'autres frais dans un immeuble, comme ceux de nettoyage ou d'entretien de chaufferie. Des frais qui influent sur les honoraires des administrateurs de biens.

On a des structures de gestion qui sont solides et qui peuvent tenir un mois, peut être deux. Pour l'instant, on est optimiste si la situation s'améliore vite. C'est le deuxième mois qui fait craindre le pire, surtout chez les agents immobiliers qui sont, avec les notaires, en train de finir les ventes dont les promesses de vente ont été signées avant le confinement. Ils pourront peut-être signer les promesses sous conditions suspensives, notamment s'il manque des documents. La question est de savoir si les dossiers bloqués seront repris après le confinement ou si l'investissement immobilier sera mis au second plan. Il peut y avoir un effet beaucoup plus lent à la reprise et beaucoup plus dangereux pour l'économie de certaines professions. Ces impacts financiers ne pourront être mesurés que plusieurs mois après la fin du confinement et la reprise.

Cette crise sanitaire s'accompagne donc d'une baisse d'activité inhérente à ce télétravail, à ce confinement que l'on ne peut pas encore bien mesurer et dont on ne peut pas encore connaître les conséquences finales. On reste vigilant, de façon à bien préciser aux locataires d'habitation qu'ils doivent payer leur loyer même s'ils sont en chômage partiel. Pour les entreprises qui ne peuvent pas payer le leur, on aimerait qu'elles puissent au moins payer les charges. On sait très bien qu'un mois de confinement ne va pas impacter lourdement l'entretien de l'immeuble mais ça deviendra un réel enjeu si on attaque un deuxième mois.

A.- P. : Le bâtiment va souffrir énormément parce que toute l'activité est à l'arrêt...

E. J. : Effectivement, pour le secteur du bâtiment c'est le pire et notamment pour les petites équipes, quand les collaborateurs préfèrent rester chez eux, notamment par peur des risques encourus à travailler dans des conditions qui ne sont pas optimales pour se protéger de la contamination. Le bâtiment et la construction de logements en France vont souffrir. Les notaires disaient la semaine dernière que, dans le neuf, 20 % des gens se sont rétractés de leur réservation d'appartement neuf. C'est énorme. Si les gens se désengagent de tout projet immobilier et le redémarrage n'en sera que plus lent et progressif. C'est préoccupant et c'est une source de stress pour les chefs d'entreprise qui craignent de devoir licencier, voire de fermer.

A. - P. : Qu'attendez-vous du Gouvernement dans cette situation de crise majeure ?

E. J. : L'Unis a beaucoup discuté avec le Gouvernement pour la rédaction des ordonnances. On avait demandé que tous les contrats soient reportés au 31 décembre et, en réponse, le Gouvernement a rédigé une ordonnance qui nécessite un calcul, de six mois après la fin du confinement, pour pouvoir proroger le contrat de syndic et reconvoquer une assemblée générale. Quelle rédaction compliquée ! On a envie de dire au Gouvernement « faites simple », car nous n'avons pas le temps d'interpréter l'ordonnance pour savoir si on a le droit de convoquer une assemblée jusqu'au 24 novembre ou jusqu'au 24 décembre. Et que fait-on pour les contrats qui arrivent à échéance le 30 juin si on part du 24 mai ? nous n'aurons pas le temps matériel de convoquer tous les immeubles en si peu de temps. On aimerait que le langage juridique du Gouvernement soit le langage compréhensible du co-propriétaire et du syndic. Donc d'indiquer clairement une date de fin.

Le Gouvernement réagit plutôt bien dans nos métiers, on a un dialogue régulier avec le ministre de la Ville et du Logement et avec les députés qui s'occupent de rédiger des rapports pour faire des lois. Le problème, c'est que notre métier est aussi soumis à la Chancellerie, qui s'occupe de tout ce qui concerne notre régime juridique en tant que professionnel. Et là, le dialogue est très compliqué, ce qui est regrettable. Je pense que notre métier n'est pas la priorité de ce ministère. Et puis, on a dans notre métier tout un côté fiscal, puisque nous aidons aussi nos clients à faire leur déclaration d'impôt, pour lequel on dépend de Bercy. Ce dont on rêve, c'est d'avoir un seul ministre de l'Immobilier. Ce n'est pas un ministre du Logement qu'il nous faut, mais un ministre qui ait les pouvoirs fiscaux et juridiques sur notre métier. Là, ça serait efficace. Tous ces sujets seront mis sur la place publique par l'Unis Île-de-France pour en débattre lors de notre évènement du 31 mars. On attend tous les managers de l'immobilier les plus nombreux possibles puisqu'ils sont près de 2000 inscrits à ce jour.




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