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Unir la grande filière du droit par la formation

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Unir la grande filière du droit par la formation
© A.P. - Un panel a traité la question de l'harmonisation de la formation et des passerelles entre les professions juridiques.

« Malgré une même formation initiale les professionnels du droit ne s'identifient pas comme une seule et même filière », constatait en ouverture du Grenelle du droit Nicolas Guérin, directeur juridique d'Orange et président du Cercle Montesquieu. La question de la formation s'est donc retrouvée au cœur de la deuxième plénière de la journée, intitulée "Une grande filière unie du droit".

Ainsi se pose la question, ou plutôt la remise en question, de la formation, dans l'optique d'unir les professions juridiques en une grande filière unie du droit.

Selon Christophe Jamin, directeur de l'école de droit de Science Po, les attentes ne sont pas les mêmes face à des juristes d'entreprises et face à des avocats. « L'avocat est un technicien très pointu tandis qu'on privilégie chez les juristes des capacités d'adaptation et de travail en équipe, doublées d'une certaine souplesse », détaille ce dernier. « Ce qu'un dirigeant attend d'un juriste, c'est de la méthode et du savoir. Et ils ont besoin que les juristes soient dans une logique de curiosité permanente - acquisition de connaissances tout au long de sa vie professionnelle ».

On distingue ainsi deux économies qui ne cherchent pas les mêmes profils. Pour autant, il apparaît difficile d'adapter les formations à ces exigences diverses.

« Le droit évolue, donc l'essentiel de la formation devrait porter sur les modes de raisonnement et d'argumentation. Il ne faut pas former des théologiens du droit, mais des professionnels capables de raisonner », estime Christophe Jamin.

Ainsi, les passerelles entre avocats, magistrats et juristes d'entreprise en France et au sein de l'Union européenne ont besoin d'être harmonisées. Une plus grande connaissance des métiers de chacun permettrait davantage de confiance. Et permettrait, sur le long terme, d'accroître l'attractivité de la filière juridique française.

Plus de 1 000 personnes ont participé au Grenelle du droit le 16 novembre dernier. © A.P.

Unanimement, les professionnels du droit interrogés s'accordent à dire qu'« un juriste ne doit pas être qu'un juriste ». Une formation à la communication, au marketing et à la finance pourrait être envisagée ainsi qu'un diplôme universitaire dédié aux compétences entrepreneuriales des juristes.

Emmanuelle Chevreau, présidente du Conseil national du droit précise que « le bon étudiant en droit est celui qui n'est pas hyperspécialisé trop tôt ».

Des études trop longues et pas assez pratiques ?

Parallèlement à la portée de la formation, sa durée interroge également. Selon Jean-François Guillemin, secrétaire générale de Bouygues, « le socle commun de 4 années, soit jusqu'au Master 2, qui “oblige” les juristes à ne faire que du droit est trop long ». « Il y a un besoin de restructurer la formation du juriste. Le socle commun est indispensable pour permettre des passerelles entre les professions du droit, mais celui-ci pourrait être raccourci à 3 ans afin de laisser la place à deux Masters 2 ».

Un avis partagé par Marie-Aimée Peyron, bâtonnier élu de Paris et secrétaire générale du CNB, qui estime qu'il faudrait « une formation continue à la pratique professionnelle, en instaurant par exemple un suivi universitaire » pour permettre aux juristes de suivre des cours en Master 2 avec un éventuel diplôme à la fin. Mélanger étudiants et praticiens professionnels serait donc la solution ?

« Il faut surtout encourager les jeunes étudiants le plus tôt possible à partir dans d'autres pays découvrir d'autres systèmes juridiques, et surtout apprendre à maîtriser d'autres langues », suggère Sabine Lochmaan, présidente du groupe BPI, tandis qu'Elie Renard, directeur adjoint de la formation continue à l'Ecole nationale de la magistrature (ENM), préconise davantage de stages pour « désenclaver les universités surpeuplées ».

« Les juristes et avocats apprennent un métier sans savoir à quoi il correspond avant minimum 4 ans d'études. Il faut que les étudiants puissent découvrir le métier plus tôt », déplore Elie Renard.

Une formation commune avec une dimension internationale suivie par la suite d'une spécialisation, pas trop précoce donc, apparaît comme une solution.

« De plus, ce ne sont pas les études mais les clients qui nous spécialisent », souligne Elie Renard. Il précise aussi que 51 % du public inscrit en formation initiale à l'ENM a déjà eu une expérience professionnelle antérieure, « ce qui signifie bien qu'il y a un enjeu fort de la formation continue ».




Anne MOREAUX
Journaliste

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