Une régulation inéluctable

Le principe d'un plafonnement des bonus, décidé à Bruxelles, est vivement contesté à Londres.

ActualitéRégion Île-de-France & Grand Paris Publié le ,

Les ministres des Finances des États membres de la Communauté européenne se sont prononcés fin février, à la quasi-unanimité, pour une régulation du secteur bancaire. Sans surprise, la seule opposition est venue du gouvernement britannique, soucieux de ménager les intérêts de la City. La principale mesure du projet est l’obligation pour les banques de détenir au moins 8 % de capitaux « de bonne qualité » (c’est-à-dire peu risqués) dans leurs fonds propres. Autre exigence : les banques devront transmettre à la Commission européenne diverses informations qu’elles détiennent, comme les bénéfices réalisés, les subventions reçues et les impôts payés, pays par pays.

Mais la mesure la plus médiatique concerne le plafonnement des bonus des professionnels de la finance. Dès 2014, leur rémunération variable devrait être limitée à leur salaire annuel, ou au double si une majorité qualifiée d’actionnaires l’accepte. Une éventualité qui a soulevé une vague de protestations outre-Manche. Les opposants font valoir que les bonus sont en recul (de 9 % en moyenne l’année dernière dans les banques du Royaume-Uni) et estiment que cette limitation pousserait les talents des établissements bancaires britanniques à s’expatrier, mettant en danger des centaines de milliers d’emplois dans ce secteur. Des prévisions apocalyptiques bien peu probables. Alors, en quoi ces rémunérations pharamineuses sont-elles légitimes ?

Les récentes annonces de plusieurs banques britanniques (Barclays, HSBC et Royal Bank of Scotland notamment) montrent que les bonus représentent souvent plusieurs fois le salaire de base. De plus, des bonus substantiels continuent à être versés, même lorsque les banques sont en déficit. Ces sommes représentent en fait une récompense pour les bénéfices qu’ils permettent aux banques d’engranger en spéculant sur des marchés très volatils. Sans risque puisque les banques sollicitent l’argent public lorsqu’elles sont en difficulté. Il est temps que ce système malsain soit encadré et il serait illusoire d’attendre que les principaux bénéficiaires agissent eux-mêmes dans ce sens.

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