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Vidéo : une réforme historique, le congé paternité passe à 28 jours

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Vidéo : une réforme historique, le congé paternité passe à 28 jours
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La durée du congé pour le père – ou le second parent –, d'un enfant à naître – ou adopté –, double, passant de 14 à 28 jours. Élisabeth Moreno, ministre déléguée auprès du Premier ministre, chargée de l'Egalite entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l'Egalité des chances, et Adrien Taquet, secrétaire d'État auprès du ministre des Solidarité et de la Santé, chargé de l'Enfance et des Familles, ont dernièrement présenté cet allongement historique de la durée du congé paternité en allant à la rencontre des salariés et de la direction de Blablacar, entreprise pionnière en la matière.

Affiches Parisiennes : Un congé de paternité qui double est un événement important pour la France. Comment ont réagi les organisations patronales ? Vont-elles vous suivre et inciter les entreprises à aller vers plus de congé paternité ?

Adrien Taquet : Les organisations patronales et les entreprises ont toutes été associées, dès le début, à ce projet de doublement du congé paternité. Je rappelle que sur 28 jours, les sept premiers jours sont obligatoires, avec une interdiction totale de travailler. Au-delà du principe du doublement du congé paternité, les petites, moyennes et grandes entreprises ont travaillé sur toutes les modalités de mise en œuvre. Bien évidemment, il n'était pas question de pénaliser l'organisation des entreprises, notamment sur la possibilité de fractionner ce congé paternité même si, en réalité, je pense que tout est question d'anticipation.

Nous avons également examiné les délais que le nouveau père doit respecter pour prévenir son employeur du début de ce congé. Tout cela a été vu avec les organisations patronales dans le cadre de concertations relativement classiques. Donc, il n'y a pas de surprise. On constate aujourd'hui que du côté des salariés, comme du côté des employeurs, tout le monde a bien conscience que c'est un moment assez historique, puisque cela faisait plus de dix ans que le congé paternité n'avait pas été allongé.

Élisabeth Moreno : J'ajouterai que si les employeurs se préoccupent véritablement du bien-être de leurs salariés, de l'évolution de la société, de l'équilibre entre les femmes et les hommes, je pense qu'elles vont se saisir de ce sujet, comme l'a fait l'entreprise Blablacar. Nous venons d'échanger avec des collaborateurs de cette entreprise qui considèrent que les valeurs, les avantages, qui sont offerts aujourd'hui par les employeurs, sont naturels. Ce sont aussi des moyens d'attirer les talents. Les employeurs se rendent compte qu'au-delà du travail que les salariés effectuent, l'entreprise doit respecter aussi les personnes qu'ils sont.

Je salue cette mesure qui vient d'entrer en vigueur. C'était une promesse importante du Président de la République. Évidemment, il y a l'intérêt de l'enfant, mais il y a également le fait qu'on va équilibrer, enfin, les responsabilités entre le père et la mère. On fait un enfant à deux. Il n'y a pas de raison pour que ce soient uniquement les femmes qui portent la charge domestique, la charge familiale, les responsabilités dans leur globalité. Je crois que c'est bénéfique aux enfants et que c'est bénéfique aux mères, dans leur carrière professionnelle, parce que si les deux parents prennent ces congés, cela donne un peu plus d'équilibre dans le couple d'un point de vue professionnel. J'ai également été chef d'entreprise et je me souviens de ces jeunes papas qui me disaient “Qu'est-ce que j'aurais aimé passer plus de temps avec mon enfant à sa naissance”. Eh bien voilà, c'est à présent possible. Ma génération n'a pas pu en bénéficier et je me réjouis que cela devienne réel.

A.-P. : Le bien-être des salariés en entreprise est important, qu'est-ce qui reste à faire au niveau européen pour harmoniser les pratiques ?

A.T. : Il y a une réflexion plus globale que nous avons initiée sur l'ensemble des congés “familiaux”. En France, on a eu tendance, par sédimentation, à créer différents congés, au point que ni les salariés ni les chefs d'entreprise n'en connaissent véritablement le détail. Il y a une réflexion qui est menée sur une refonte totale de ces congés. Le congé maternité, d'une part, et le congé parental, d'autre part, qui ne fonctionne pas et est actuellement pris presque exclusivement par des femmes. Il est pris de façon subie. C'est un arbitrage économique à la marge qui fait que les femmes finissent par le prendre. Il y a eu une réforme en 2015 pour que davantage de pères puissent le prendre, mais c'était un échec. Il y a à peine 15 000 pères qui l'ont pris. C'est donc cette réflexion globale que nous menons. Nous aurons l'occasion, à la rentrée prochaine, de commencer à dresser les grandes perspectives d'une refonte totale de l'ensemble de ces congés.

E.M. : Paris était récemment la capitale de la génération égalité. Il y a 26 ans que le dernier Forum mondial sur l'égalité entre les femmes et les hommes a eu lieu. Vingt-six ans après, on se rend compte qu'aucun pays au monde n'est parvenu à une réelle égalité des droits entre les femmes et les hommes. Nous sommes en 2021. Les femmes continuent de subir un nombre de discriminations inexplicables. Je pense que la société est en marche vers cette égalité. Je pense que la France est l'un des pays qui peut être leader sur ce sujet parce que, comme le disait Hillary Clinton, “les droits de l'Homme sont aussi les droits des femmes”.




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