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Une réforme de l'apprentissage qui satisfait

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Une réforme de l'apprentissage qui satisfait
© medef - De nombreux apprentis et présidents de fédérations étaient réunis au siège du Medef pour le lancement de la campagne

La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a présenté dernièrement son projet de loi « Pour la liberté de choisir son avenir professionnel » dont le premier volet transforme et promeut l'apprentissage. Une réforme qui semble être au goût des chefs d'entreprise comme des apprentis.

La ministre du Travail a fait la présentation de son projet de loi en conseil des ministres vendredi 27 avril. Un projet qui « s'inscrit dans la volonté du Gouvernement de rénover notre modèle social et vise autant à libérer qu'à protéger les Français », selon le ministère.

Les axes majeurs de la réforme consistent, en premier lieu, à renforcer l'attractivité de l'apprentissage pour les jeunes, par la transparence sur les débouchés en termes d'insertion, dans l'emploi notamment. En second lieu, il sera question de placer les entreprises et les jeunes au cœur du système grâce à une refonte des règles permettant de proposer davantage d'offres d'apprentissage.

Côté employeurs

Le Medef et ses partenaires viennent d'ailleurs de lancer la campagne « L'apprentissage, mon plan A ». Tout à fait en accord avec la réforme, le grand syndicat patronal et les branches professionnelles s'engagent pour casser les préjugés et redonner ses lettres de noblesse à cette voie de formation décriée.

Un lancement en grande pompe a eu lieu entre les murs du siège du Mede, à Paris, le 25 avril dernier, en présence de nombreux partenaires (différentes fédérations, bâtiment, assurance, UMIH, Fep, Gifas...) et du jeune chanteur cap-verdien Lissandro Cuxi, parrain de la campagne.

Pour Pierre Gattaz, président du Medef : « Les jeunes qui sont en apprentissage cumulent une double intelligence : celle de la main et celle du cerveau. Ce n'est pas donné à tout le monde ! Le drame c'est que notre beau pays a totalement occulté cette façon d'apprendre, en ne voulant valoriser que la voie académique et les savoirs théoriques. L'apprentissage permet de développer les valeurs d'entraide et de solidarité, si précieuses dans nos sociétés. Alors plus que jamais, disons-le haut et fort : l'apprentissage, c'est notre plan A ! »

De leur côté, les chambres de commerce et d'industrie (CCI) de France se réjouissent que ce texte fasse enfin de l'apprentissage une voie de formation :

- mieux adaptée aux besoins des entreprises et des territoires;

- plus ouverte sur l'international;
- plus valorisante pour les jeunes et leurs maitres d'apprentissage;
- plus transparente sur les résultats probants en termes d'insertion professionnelle.

Les CCI demandent toutefois que des mesures adaptées soient très rapidement prises pour à la fois maintenir l'égalité d'accès à l'apprentissage sur l'ensemble du territoire et favoriser un développement équilibré et quantitatif de l'apprentissage.

Le financement au contrat doit être souple dans ses modalités d'application, au risque de voir des sections entières fermer par défaut de rentabilité. Les coûts de formation ne sont pas négociables de façon uniforme et répercutables à l'identique sur tout le territoire, ils devront pouvoir être modulés.

L'égal accès des jeunes, souvent peu mobiles, à la formation professionnelle est un point de vigilance dans une société qui doit permettre à chacun de se former et de trouver sa place. Aussi, il faudra veiller à ce que la concurrence généralisée entre les structures de formation, privées et publiques, ne nuise pas à l'offre proposée territoire par territoire.

Le pilotage et la gouvernance de la formation professionnelle en France doivent intégrer celles et ceux qui, sur le terrain, s'engagent pour lever les freins à l'apprentissage, tant du côté des jeunes que des entreprises, et les accompagner dans leur choix. Il est à ce titre indispensable que France Compétences intègre tous ces acteurs, et en particulier les chambres consulaires.
Les CCI poursuivront leur plaidoyer pour un développement quantitatif et qualitatif du système d'apprentissage, afin que tous les jeunes puissent avoir les mêmes chances pour construire leur avenir professionnel.

Côté employés

La majorité des étudiants et des jeunes employés est favorable à l'apprentissage car cette voie de formation permet à la fois d'être formé tout en tout en étant rémunéré. C'est donc la voie royale de l'indépendance.

Certains secteurs sont en avance, comme la banque. Les alternants y sont très satisfaits , car 72% d'entre eux occupent un emploi six mois après l'obtention de leur diplôme. Chaque année, plus de 10 000 jeunes, le secteur bancaire forme grâce à l'apprentissage ou la professionnalisation.

Afin de mettre en avant les bénéfices sociaux de l'apprentissage, la Conférence des grandes écoles (CGE) a mené une enquête pour étudier l'origine sociale des apprentis de ses écoles membres. L'apprentissage est-il un vecteur d'ouverture sociale ? Les voies par apprentissage favorisent-elles l'accès des jeunes issus des milieux modestes aux Grandes écoles, davantage que les voies classiques ? Telles sont les questions auxquelles la CGE s'est efforcée de répondre en menant fin 2017 la première enquête sur ce sujet, fondée sur l'identification de la profession et de la catégorie socio-professionnelle (CSP) des parents des apprentis.

Les résultats sont très bons puisqu'ils prouvent que l'apprentissage est un vecteur d'ouverture sociale des Grandes écoles.

Avec 15 % de diplômés par la voie de l'apprentissage et un taux d'insertion professionnelle de 90 % six mois après l'obtention du diplôme, les Grandes écoles s'affirment comme l'acteur majeur de cette filière dans l'enseignement supérieur.

« Le développement de l'apprentissage dans les Grandes écoles est une lame de fond et une véritable transformation systémique, avec l'objectif de 25% de diplômés des Grandes écoles par la voie de l'apprentissage à horizon 2025 », déclare Anne-Lucie Wack, présidente de la CGE.

L'enquête menée démontre une plus grande diversité sociale dans les cursus en apprentissage que dans la voie classique avec deux fois plus d'élèves ayant un parent appartenant à la catégorie « ouvriers ».

En outre, les résultats de cette enquête démontrent que l'apprentissage dans les Grandes écoles bénéficie d'une véritable reconnaissance auprès des jeunes et de leurs familles, en particulier ceux issus des CSP modestes.

« L'apprentissage dans les Grandes écoles constitue un nouveau modèle pédagogique et une voie d'excellence, donnant un véritable avantage sur le marché de l'emploi avec de très bons niveaux d'insertion professionnelle. Et nous démontrons aujourd'hui qu'il est également un levier pour l'ouverture sociale », affirme Anne-Lucie Wack. « L'apprentissage permet d'attirer de nouveaux publics en offrant tout à la fois un modèle de formation et un modèle économique, puisque l'apprenti est salarié et ne paie pas de droits d'inscription, limitant ainsi l'autocensure liée notamment au coût des études », précise cette dernière.

Cette dynamique s'inscrit dans une politique globale d'ouverture sociale des Grandes écoles qui mobilisent un budget total de 50 millions d'euros pour favoriser l'intégration des jeunes de milieux modestes, soit une moyenne de près de 200 000 euros par école. « Les Grandes écoles accueillent en moyenne 30% de boursiers sur critères sociaux (BCS), et plus de la moitié d'entre elles sont au-dessus de cette proportion », rappelle Anne-Lucie Wack.

Mesures phare de la réforme

1/ L'apprentissage sera mieux rémunéré pour les 16-20 ans (30 € nets de plus par mois) et les jeunes d'au moins 18 ans percevront une aide de 500 euros pour le permis de conduire.

2/ Tous les jeunes et leurs familles bénéficieront d'une information transparente sur la qualité des formations en apprentissage qu'ils peuvent choisir.

3/ Tous les apprentis dont le contrat de travail est interrompu en cours d'année ne perdront plus leur année.

4/ L'apprentissage sera ouvert aux jeunes jusqu'à 30 ans, au lieu de 26 ans aujourd'hui. Les jeunes de plus de 26 ans seront payés au minimum au niveau du SMIC, comme pour le contrat de professionnalisation.

5/ Tout contrat en alternance sera financé, dans tous les secteurs, quelle que soit la taille de l'entreprise. La recherche d'une entreprise par un jeune ne se heurtera donc plus au problème du financement du contrat.




Anne MOREAUX
Journaliste

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