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Une polémique minable

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Une polémique minable

L'affaire Depardieu suscite de nombreuses réactions, prouvant qu'elle se situe sur un terrain sensible : celui du rapport de notre société à l'argent.

La personnalité de l’acteur, truculent et provocateur, a fait monter la mayonnaise. Initialement, Gérard Depardieu a fait savoir qu’il envisageait de résider en Belgique, ce qui lui permettrait de ne plus être imposé en France. Commentant à la télévision cet exil fiscal, le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a déclaré : « Je trouve ça assez minable ». Ulcéré, Gérard Depardieu a répondu par une lettre ouverte, publiée dans le Journal du Dimanche. Il annonce notamment sa décision de renoncer à la nationalité française.

De nombreuses personnalités de gauche sont montées au créneau pour apporter leur soutien à Jean-Marc Ayrault et stigmatiser l’attitude de l’acteur. Ainsi, Michel Sapin (ministre du Travail) a parlé de « déchéance personnelle » et Aurélie Philipetti (ministre de la Culture) s’est dite « scandalisée », assimilant le fait de payer ses impôts à un acte de patriotisme. Quant au président de la République, il a tenu à rappeler que « chacun doit avoir un comportement éthique ». La gauche se place ainsi sur le plan de la morale, une attitude risquée car chacun sait qu’elle fluctue dans le temps et dans l’espace. Personne ne conteste la nécessité pour les riches de payer des impôts, mais le gouvernement a choisi d’accentuer sensiblement la ponction fiscale (déjà la plus forte du monde avec 46 % du PIB) sur les plus fortunés. Dans une économie ouverte, où personnes et capitaux circulent librement, pourquoi un « riche » Français accepterait-il un prélèvement fiscal nettement plus élevé que dans les pays voisins ? Ceux qui pestent contre l’égoïsme supposé des riches feraient mieux de se demander ce qu’ils feraient dans la même situation.

Le vrai problème est de savoir quel est le but poursuivi. S’il s’agit d’augmenter le niveau de vie global, il est contreproductif de pousser à l’exil ceux qui veulent entreprendre, et qui jouent un rôle capital dans la création de richesse. Vouloir réduire les inégalités en frappant les plus aisés amènera surtout un nivellement par le bas, et freinera la croissance. Défions nous du dogmatisme.

©Vincent Roche






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