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Une nouvelle énergie pour Boulogne-Billancourt

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Une nouvelle énergie pour Boulogne-Billancourt
@ DR

Evangélos Vatzias, entrepreneur et chef d'entreprise boulonnais qui a créé une agence de marketing et communication il y a 25 ans, est candidat à la Mairie de Boulogne-Billancourt, ville dans laquelle il réside ainsi depuis plus de deux décennies. Cette dernière est la commune francilienne la plus peuplée, après Paris.

Affiches Parisiennes : Quelles sont les qualités qui feraient de vous un bon maire ?

Evangelos Vatzias : Quand on est chef d'une entreprise de 200 personnes et qu'on décide de s'investir dans la vie publique, on ramène en même temps son bagage ; le bagage de quelqu'un qui sait gérer, arbitrer, décider, quelqu'un qui sait manager, qui prend beaucoup de soin à travailler avec ses collaborateurs, à les former, à les faire progresser. Je pense que ces compétences sont très utiles aujourd'hui dans la gestion municipale. Boulogne-Billancourt emploie plus de 2 700 personnes qui travaillent quotidiennement pour servir les citoyennes et les citoyens. Je pense qu'il est très important de leur porter une attention particulière. Un chef d'entreprise peut également apporter un regard neuf sur la vie publique locale. Je pense que c'est l'une des choses qui lui manquent. Je sais aussi mettre en perspective quand il s'agit de répondre à des questions importantes, par exemple comment faire de Boulogne-Billancourt une ville qui va compter dans le Grand Paris ? Il faut être visionnaire mais aussi très pragmatique pour réaliser des choses qui vont transformer le quotidien. Il faut aussi savoir concrétiser ses promesses, assurer le « delivery » comme disent les Anglo-Saxons, car il y a toujours la sanction du résultat.

A.-P. : Avec ses 120 000 habitants, Boulogne-Billancourt est la plus grande commune francilienne après Paris. Sur quel base avez-vous construit votre programme

E. V. : Je ne suis pas arrivé dans cette campagne en cherchant d'où venait le vent. J'ai déjà une expérience personnelle de la ville en tant que père d'une famille de 4 enfants et de chef d'entreprise Boulonnais. J'ai aussi été à l'écoute. Nous avons tout d'abord mené une grande étude qualitative, “Boulogne-Billancourt demain”, auprès de 250 Boulonnaises et Boulonnais. Les résultats nous ont donnés des indicateurs très forts. Internet nous donne également de précieuses indications. Aujourd'hui, quand on regarde des sites comme “Ville idéale”, quand on analyse les avis donnés sur la Ville de Boulogne, on obtient des tendances très lourdes sur ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. Le troisième levier, c'est le travail avec les citoyennes, avec les citoyens et avec le réseau associatif. Il nous a permis de fixer cinq grandes orientations qui vont nous permettre à la fois d'agir à court terme et de construire des bases solides pour les 15 à 20 ans à venir.

A.-P. : Quels sont ces axes de réflexion ?

E. V. : Le premier est la volonté de faire une ville plus belle. Boulogne-Billancourt a connu ses grandes heures de gloire dans les années 1930, avec le développement de l'automobile, de l'aéronautique, et dans les années 1990 avec la publicité et l'audiovisuel. Les choses ont ensuite mal évolué. Il y a à présent une sur-urbanisation qui rend cette ville un peu plus sale, un peu plus complexe et un peu plus dangereuse en termes de circulation. La densité de population et le béton donne un caractère agressif à la ville.

Boulogne-Billancourt n'a pas encore su prendre le tournant du XXIe siècle. Les priorités concernent aujourd'hui l'environnement, la mobilité, les nouvelles structures familiales…
Pour faire de BB une ville plus belle,je veux tout d'abord mettre en avant des aménagements qui vont nous permettre de passer d'une logique d'espaces verts clos à une logique de ville verte dans laquelle le végétal est partout. Il faut y penser une cohabitation adaptée entre les voitures, les vélos et les piétons.

A.-P. : La mobilité est devenue un enjeu majeur…

E. V. : En fait, trois grands sujets nous sont apparus. Le premier concerne la “cyclabilité”. Il nous faudra connecter les pistes cyclables. Nous allons par ailleurs nous pencher sur les deux grandes quasi-autoroutes urbaines de la ville, l'avenue du Général Leclerc et la route de la Reine. On peut y réaliser des belles choses, un peu à l'image des Maréchaux à Paris, le tram en moins.
Ensuite, les berges de Seine. Aujourd'hui, elles ne sont pas belles. Elles sont sales et dangereuses. Nous avons la chance de bénéficier de 3,5 km de berges. Il faut les mettre en valeur pour aérer la ville, mettre en place de pôles d'activités terrestres, nautiques et, , une zone dédiée aux loisirs avec des restaurants, des bars un peu branchés. Il n'y a actuellement rien d'attractif pour sortir le soir, quel que soit son âge. Enfin il y a le centre de Boulogne-Billancourt. Les quartiers de la ville ont du mal à communiquer. On est encore dans un Boulogne “tiret” Billancourt. Le centre est déjà bien avancé, avec la Grand-Place. Nous souhaitons lui donner une dimension encore plus forte avec la piétonnisation d'une partie du boulevard Jean-Jaurès, à partir de la rue Galliéni, jusqu'à la route de la Reine. Ce centre-ville est déjà une belle réussite. Il faut à présent qu'on puisse y flâner de façon agréable.

D'autres propositions environnementales sont prêtes, pour décarbonner l'espace autour des écoles, pour mettre en place un compostage dans les copropriétés et dans les restaurants de la ville… Beaucoup de ces initiatives ne vont pas demander de gros moyens. Cela va nous permettre de les mettre très rapidement en œuvre.

A.-P. : Les études que vous avez menées vous ont révélé d'autres priorités ?

E. V. : Un autre sujet est remonté très fortement dans les études. Il concerne l'accessibilité aux services de la municipalité. Pour nous, ce sujet est central. Nous voudrions commencer par une révolution en termes d'horaires. Aujourd'hui, les ouvertures des services municipaux, des écoles, des médiathèques, des centres de loisirs et des crèches, avec le traditionnel “8h30-18h00” – à quelques exceptions près – ne sont plus adaptés à la vie quotidienne de la plupart d'entre nous. L'activité commence souvent plus tôt et, surtout, se termine plus tard. Je souhaite donc offrir un service continu jusqu'à 19h30, horaire qui correspond davantage à notre quotidien.
Dans les cantines des écoles, passer au 100 % bio nous paraît encore difficile. Nous voulons néanmoins progresser dans cette direction et proposer le choix d'un menu végétarien. Nous souhaitons également favoriser les circuits courts, en s'approvisionnant en produits frais chez les agriculteurs de la périphérie du département et de la région. Nous voulons aussi travailler sur la question du petit-déjeuner, afin que les enfants qui manquent de temps à la maison puisse trouver en arrivant à l'école la possibilité de prendre quelque chose de consistant ;. Nous allons interroger les familles pour savoir si cela a du sens à Boulogne-Billancourt.

A.-P. : L'approche sociale de la ville est également très importante ?

E. V. : C'est un autre sujet sur lequel nous souhaitons également travailler en profondeur, pour faire de Boulogne-Billancourt une municipalité qui s'occupe de tous ses habitantes et de tous ses habitants. Aujourd'hui, la Ville s'occupe surtout des actifs, en étant moins présente auprès des populations moins bien loties, comme les jeunes de 15 à 30 ans et les personnes âgées. Nous travaillons ainsi sur le maintien à domicile, afin que nos aînés puissent continuer à vivre chez eux en toute sécurité, en bénéficiant de l'ensemble des services sanitaires médicaux, connectés et accessibles. Avec l'association “Living Lab”, je souhaite mener des tests concrets sur des appartements équipés technologiquement et connectés à des services périphériques de santé, pour voir leurs conditions de fonctionnement et l'impact sur la qualité de vie du quatrième âge. Il faut anticiper le papy-boom. Voilà pour ce que j'appelle “la ville pour tous”.

Nous traitons aussi, bien évidemment, de l'inclusion, qui est un sujet central aujourd'hui. Le handicap concerne 15 % de la population, invisible dans 80 % des cas. Il faut aménager la ville pour la rendre inclusive, par exemple dans les logements sociaux, afin que chacun puisse vivre de façon décente. Nous adhérons par ailleurs totalement à la Charte de l'Inclusion en Marche pour les élections municipales.

A.P. : Aux dernières élections européennes, La Rem a réalisé un score de 41 % à Boulogne-Billancourt, ce qui est un excellent score…

E. V. : C'est important de parler Europe, car l'un des thèmes de notre campagne porte sur “la ville ouverte”. Aujourd'hui, je pense que Boulogne-Billancourt est trop repliée sur elle-même. La ville doit s'ouvrir ; d'une part sur le Grand Paris, pour bénéficier pleinement de ses dynamiques, et d'autre part sur l'Europe et même sur le monde. A mon sens, le système du jumelage est un peu dépassé. Mieux vaut aujourd'hui travailler sur des partenariats ciblés autour de projets. Je vous donne un exemple. Pour les sujets de végétalisation et de mobilité que j'évoquais précédemment, il me semble qu'il ne serait pas inutile de discuter avec la municipalité d'Oslo ou de Copenhague, qui sont très en avance, pour puiser des bonnes pratiques, des compétences, des savoir-faire... Pourquoi ne pas organiser des partenariats avec des villes comme San José, en Californie, où les bouteilles en plastique sont prohibées et où l'énergie est issue du traitement des déchets. Ce type de projets pourra également nous permettre d'envoyer nos enfants découvrir le monde.​​

A.-P. : Aujourd'hui, comment vous positionnez vous vis-à-vis du maire sortant ? Êtes-vous prêt à une alliance pour améliorer la vie des habitantes et des habitants

E. V. : Concernant les questions de stratégie politique, j'arrive avec une vision différente. Je ne suis pas un homme politique. Je suis un homme d'affaires, un entrepreneur, qui a décidé de se consacrer à l'intérêt général. Je veux montrer qu'il est possible d'apporter un regard neuf sur notre ville. Voilà pourquoi, je ne suis pas dans ces stratégies électoralistes. Je souhaite d'abord apporter des idées, montrer qu'un changement est possible. Vous savez, LaRem a l'esprit rassembleur, nullement sectaire. Je préfère donc rassembler que diviser. Si nous sommes en phase sur les valeurs, sur une vision pour l'avenir, nous sommes capables de construire à plusieurs. Je suis prêt à collaborer avec toute vision positive pour la Ville, animée de valeurs d'ouverture républicaine et démocratique.

A.-P. : Cette vision d'avenir doit également être économique ?

E. V. : Sur ce sujet, je voudrais aborder deux points qui me paraissent très importants. En tant que chef d'entreprise, je dois parler de l'attractivité économique de la ville. Dans les années 1930, Boulogne avait une identité, avec l'automobile et l'industrie aéronautique. Dans les années 1990, je me suis implanté à Boulogne parce que tout l'audiovisuel y était. Aujourd'hui, Boulogne n'a plus de caractère distinctif sur le plan économique. Je souhaite le lui redonner. J'aimerais que durant les six ans du mandat qui se profile, si les Boulonnaises et les Boulonnais nous donnent leur confiance, nous puissions faire naître des entreprises, jeunes pousses ou licornes, des entreprises qui rayonnent, qui soit cotées, qui puisse se développer à l'international… Je souhaite miser et construire dans le secteur médico-pharmaceutique, déjà très implanté à Boulogne avec Ipsen, Roche ou l'Institut national du cancer, et plus largement dans le secteur des biotechnologies. J'aimerais que l'on mette en place un système d'incubation, des formations d'excellence et du développement économique autour de tous ces sujets.

Je souhaite aussi pousser toutes les industries environnementales. Le pétrole de demain, c'est l'énergie verte, la capacité à produire cette énergie bénéfique pour la planète et pour nous tous. Je souhaite faire de Boulogne-Billancourt un territoire où la“ Green Tech” puisse se développer et innover.
Je ne comprends pas pourquoi aucune université de renommée internationale n'ait pas une implantation dans la deuxième ville d'Ile-de-France. Il faut qu'on aille chercher une grande marque et des formations d'excellence. Une ville économiquement attractive est une ville qui offre à ses générations futures une perspective et des emplois.

Dernier point, Boulogne est une ville qui a manqué cruellement de concertation. Je souhaite donc mettre en place deux mesures qui me semblent fondamentales. La première, c'est la création de conseils de quartier actifs, avec des budgets participatifs qui vont leur permettre d'investir localement. Tous les sujets que je viens d'évoquer, je n'imagine pas les imposer, voire même les proposer, sans avoir pris l'avis des habitantes et des habitants. Voilà pourquoi, je vais créer les “États généraux de la vie à Boulogne”. Comme dans la démocratie athénienne, chaque année, je vais tirer au sort 150 citoyennes et citoyens boulonnais qui vont venir pendant un week-end à la Seine musicale pour partager sur ces projets qui vont nous impacter pour les cinq, 10, 15 et 20 ans qui viennent. Il faudra ensuite décider, mais ce ne sera pas uniquement le choix du Conseil municipal et du maire, mais celui des Boulonnaises et des Boulonnais.




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