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Une Ile-de-France bientôt sans essence

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Une Ile-de-France bientôt sans essence
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La présidente de la Région et d'Ile-de-France Mobilités, Valérie Pécresse, a récemment réuni les acteurs de l'électromobilité afin de développer les initiatives sur cette thématique d'avenir.

Associations, entreprises de commercialisation de véhicules électriques ou encore collectivités territoriales, les acteurs de l'électromobilité étaient nombreux à répondre à l'appel de Valérie Pécresse lors de la rencontre organisée à Paris récemment. Au fil d'ateliers et d'interventions, ils ont ainsi pu échanger leurs points de vue.

Nicolas Machtou, directeur Ile-de-France d'Enedis, a abordé la manière dont l'entreprise de gestion du réseau d'électricité accompagnait l'électromobilité. « Aujourd'hui, Enedis est un opérateur majeur de la mobilité électrique », estime le directeur. « Nous avons créé un programme spécifique il y a un an, que nous avons intégré pleinement au projet industriel de l'entreprise. »

Chez Enedis, l'accompagnement de la mobilité électrique se fait de plusieurs façons. « Qui dit mobilité électrique dit bornes de recharge et donc raccordement des bornes. Nous sommes donc en plein dans le cœur de métier d'Enedis », explique Nicolas Machtou. En revanche, la société ne peut pas s'occuper de l'exploitation des bornes ni de leur financement, elle ne peut en effet pas détenir de bornes électriques mais accompagne le raccordement, que ce soit pour les véhicules individuels ou les bornes de la voie publique. Les flottes de véhicules et les transports collectifs sont également concernés. « Par exemple, le raccordement des dépôts de bus RATP est prévu. Ils ont un programme de 3 600 bus électriques à l'horizon 2025. Nous nous chargerons aussi des tramways ainsi que des équipements exceptionnels comme ceux du Grand Paris Express qui nécessite des raccordements très puissants », explique le dirigeant. « Enedis a aussi pour ambition de raccorder de manière optimale toutes les bornes qui seront installées en Ile-de-France, d'un point de vue opérationnel et financier, dans chaque territoire qu'il soit urbain ou rural. »

En dehors des prestations techniques, Enedis accompagne aussi la mobilité électrique en conseillant les autres acteurs. « Nous pouvons assister les collectivités locales et les particuliers sur la planification des bornes car en fonction du lieu où on place la borne, les coûts de renforcement ne sont pas du tout les mêmes.»

Enfin, pour promouvoir quelque chose, le mieux est de le pratiquer soi-même. « Nous voulons être exemplaires sur le sujet de la mobilité électrique. Pour cela nous avons développé une des plus grosses flottes de véhicules d'entreprise électriques en France », assure Nicolas Machtou. En effet, l'entreprise détient en tout 1 700 véhicules électriques, soit 10 % de sa flotte. « L'intégralité de notre flotte parisienne, hors utilitaires, est électrique.»

Le marché du véhicule électrique et ses clients

Sébastien Albertus, directeur qualité et services du véhicule électrique chez Renault, a débuté son intervention par une analyse du marché des véhicules électriques. « Le marché explose mais beaucoup moins en ce qui concerne les véhicules utilitaires », résume-t-il. Une grande part des
38 000 véhicules utilitaires électriques de Renault est en effet possédée par deux entreprises, La Poste (en possède 8 500) et Enedis (1 300). « On a du mal sur les véhicules utilitaires à faire décoller les artisans, les commerçants et les grandes flottes.»

En ce qui concerne la clientèle pour les véhicules électriques, seulement 7 % des ventes Renault se font en copropriété, les deux tiers à des gens habitant la campagne. « On vend des véhicules urbains mais pas aux urbains », ironise Sébastien Albertus. « Quand un client urbain veut aller vers l'électrique il va plutôt prendre un hybride.»

Si la clientèle manque c'est aussi qu'elle est mal informée. « La majorité des syndicats de copropriété ne connaissent pas la loi donc ils ne savent pas bien ce qu'ils doivent ou peuvent faire. Il y a pas mal d'immeubles sans parking mais il y a aussi pas mal de clients qui ne sont que locataires donc pour ces personnes-là c'est plus compliqué », estime le représentant de Renault.
« C'est une vraie question de pédagogie, il faut expliquer les aides, les rendre visibles.»

En tant que constructeur, Renault souffre également d'un problème structurel et de fond. « Une concession prend de la place donc nous sommes souvent en bordure de périphérie. En cas de doute sur son éligibilité par exemple, le client ne va pas faire l'effort d'aller jusqu'à la concession, il préférera se dire que ce n'est pas pour lui. » Pour répondre à cette problématique, plusieurs initiatives ont été lancées de la part des constructeurs. Le groupe Renault a décidé de tester des petits magasins dans les centres commerciaux. « Ce sont des magasins a visée éducative, pour donner de la visibilité sur les aides et les procédures de souscription.»

Les actions de la région pour l'électromobilité

« Le rôle de la région pour l'éléctromobilité est d'abord de faciliter le dialogue entre tous les acteurs » lance Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France. « Elle aide et soutien financièrement un grand nombre d'entre eux. Mais ce qu'il manque c'est une vraie vision cohérente qui permettrait de développer des synergies », constate-t-elle. « Et ça ne pourra être fait que par la concertation et l'échange. »

Près de 10 ans après la présentation du prototype de la Zoé, la faible part de marché des véhicules interroge la présidente de la Région. « Est-ce qu'il manque des bornes de recharge ou est-ce que l'offre de véhicules ne correspond pas aux attentes des voyageurs ? »

L'Ile-de-France est pourtant la région la mieux fournie en matière de points de recharge (elle en possède 3 700) malgré un « coup de frein » lié à l'arrêt du système Autolib.

Elle comptabilise environ 11 véhicules par borne
« ce qui est plutôt proche des recommandations de l'union européenne », commente Valérie Pécresse.
« Nous avons à peu près
37 % du parc automobile français, mais nous avons encore beaucoup de chemin à faire.»

En effet, pour le moment 90 % de la charge s'effectue au domicile ou sur le lieu de travail, donc pas dans l'espace public. « Pour l'instant la charge en lieu public répond surtout à des besoins ponctuels, en cas de panne par exemple. Nous pensons qu'il faut à nouveau évaluer les besoins des particuliers et des professionnels », estime la présidente. « Il faut aussi bâtir des modèles économiques qui rendront rentables les bornes à moyen terme. Il n'y a aucune raison que d'ici quelques années ces bornes ne puissent pas s'autofinancer.»

Quelles aides régionales ?

« L'idée serait de mettre en place avec les acteurs un dispositif de soutien très ambitieux au financement des bornes électriques. Il serait accessible dès lors qu'un certain nombre de critères sont remplis comme le respect du label région ou la définition préalable d'une stratégie de déploiement des bornes de recharge publiques à l'échelle d'un territoire pertinent », déclare Valérie Pécresse.

« La région serait prête à prendre en charge 50 % des coûts d'installation et de mise à niveau des bornes sur le domaine public, dans la limite d'un plafond raisonnable », continue-t-elle. « Il faut à un moment donné qu'on norme les coûts et qu'on puisse avoir des éléments de comparaison. C'est pour cela que je vais regarder ce qu'il se passe dans les autres régions.»

En ce qui concerne les bornes Autolib laissées à l'abandon suite à l'arrêt du service, la Région est disposée à financer leur mise à niveau, là aussi si les critères précédemment cités sont respectés.

« Nous pourrions aussi financer des bornes électriques sur domaine privé mais il
faudrait que ça s'intègre dans un plan global », précise Valérie Pécresse. « L'idée serait peut-être de regarder comment ces bornes de copropriété s'intègrent par exemple dans des plans de déplacement inter-entreprises. Il faut que la borne, si on la finance, soit mutualisée à l'échelle d'une zone d'activité ou d'un quartier. Il n'est pas non plus impossible qu'on mette des bornes semi-publiques sur des parcs privés, avec des redevances d'usage. »

L'Ile-de-France veut aussi encourager les projets innovants, en faveur de la mobilité électrique. « On est prêts à accompagner tous les acteurs de l'électromobilité qui auraient de nouvelles idées. Par exemple, la Norvège et la Belgique font des Charging Plaza, qui permettent de mutualiser la recharge de différents types de véhicules. Nous pourrions également réaliser des partenariats avec des commerces, des centres commerciaux, pour que l'usager s'occupe pendant le temps de charge. Il faut qu'on innove pour devenir enfin un territoire en pointe sur l'électromobilité ce qui n'est malheureusement pas le cas.»

Afin de mettre en place ces solutions, en collaboration avec tous les acteurs de la mobilité électrique, la présidente de la région Ile-de-France leur a donné rendez-vous à la rentrée.

Les propositions

Pour pousser les Franciliens à passer à l'électrique, Valérie Pécresse pourrait bien s'inspirer de ce qui se fait aux Pays Bas.

à Amsterdam, un guichet public d'inscription est accessible pour les personnes qui achètent ou veulent acheter un véhicule électrique mais qui n'ont pas de point de recharge à proximité. Ils peuvent s'inscrire pour demander l'installation d'une borne de recharge à proximité et le déclenchement automatique de l'installation de la borne se fait au bout d'un certain nombre de demandes dans un même quartier. « C'est intéressant parce qu'il y a des particuliers qui n'achètent qu'en se disant qu'il leur faut une borne à proximité. L'idée est aussi de susciter le besoin par l'inscription des usagers. »

Afin d'avoir une vision d'ensemble du réseau de bornes francilien, une solution est également envisagée par la présidente de la Région. « Je vous propose qu'on fasse une vraie cartographie des infrastructures de recharge des véhicules électriques, exhaustive, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Elle serait ouverte en open data au grand public, avec toutes les informations sur l'état de fonctionnement des bornes.» Cette cartographie se ferait avec l'appui de l'institut Paris Région (ancien institut d'aménagement et d'urbanisme) qui centraliserait également les données de localisation et les caractéristiques des bornes électriques accessibles au public, quel que soit leur opérateur. Ces données seraient ensuite mises à disposition des Franciliens et des start-upers. « Le but serait aussi de permettre aux acteurs publics et privés de corréler ces données avec d'autres éléments d'analyse du territoire qui pourrait leur être donné par l'institut Paris Région. Par exemple, le nombre de logements qui ne disposent pas de solution de stationnement ou la densité actuelle des véhicules électriques », explique Valérie Pécresse.

« Pour favoriser le développement de l'électromobilité je vous propose de donner un label d'intérêt régional à certaines bornes de recharge. Ces bornes pourraient être subventionnées par la région. » Pour obtenir ce label, il faudrait qu'elles soient géolocalisées, maintenues en bon état, accessibles sans formalités excessives et si possible avec des conditions tarifaires proches de la moyenne régionale. Cela permettrait en fait de s'assurer d'un niveau de qualité ou de nécessité de ces bornes, qui seraient intégrées dans la cartographie régionale.






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