AccueilActualitéUn laser anti-drones à la rescousse pour les JOP 2024 à Paris

Un laser anti-drones à la rescousse pour les JOP 2024 à Paris

Une piste prometteuse dans la lutte anti-drones, dont la prolifération fait peser de nouvelles menaces : un laser expérimental capable de neutraliser "100 % de ses cibles à 1 000m" pourrait être opérationnel dès les JOP en 2024.
Un laser anti-drones à la rescousse pour les JOP 2024 à Paris
© Adobe Stock

Actualité Publié le , Lucie Lequier

Ce système, présenté au récent Forum Innovation Défense, se présente sous la forme d'un boîtier monté sur un trépied qui contient un système de détection du drone, de pointage permettant de suivre l'engin volant et un laser capable de le neutraliser en vol. Ce canon laser peut être installé sur une tourelle fixe, un véhicule ou un engin naval.

« Il est envisagé par les autorités de le déployer pour les JO 2024 », affirme Laurent Tard, responsable commercial du projet pour Compagnie industrielle des lasers (Cilas), une filiale d'ArianeGroup. « Comme la Coupe du monde de rugby 2023 servira de répétition, il est à prévoir que le système y sera également déployé ». Des essais réalisés cet été à Biscarosse (Nouvelle-Aquitaine) en présence de la ministre des Armées, Florence Parly, se sont révélés concluants. Le système, baptisé “Helma-P”, est capable de détecter des drones d'un poids inférieur à 100 kg jusqu'à 3 km de distance, et de les toucher jusqu'à 1 km. Le laser, d'une puissance de 2 kilowatts, peut également "éblouir" un drone en saturant ses capteurs optiques. Dans un récent rapport parlementaire, les sénateurs appellent à faire de la lutte anti-drones une priorité : sur le territoire national, le nombre de drones, en majorité civils, est passé de 400 000 en 2017 à 2,5 millions aujourd'hui.

Soucieuse de développer une protection anti-drones pour les sites militaires, la Direction générale de l'armement (DGA) a lancé cette année son programme Parade (Protection déployable modulaire anti-drones), qui prévoit des investissements d'environ 350 millions d'euros sur 11 ans. L'armée dispose entre autres de systèmes de brouillages de drones Milad depuis 2017, utilisés par exemple au Sahel, où sont déployés plus de
5 000 militaires français. « Mais dans les années à venir, on va constater une autonomisation croissante des drones qui va les immuniser au brouillage », d'après le cabinet de la ministre des Armées. D'où la nécessité de trouver d'autres moyens d'action : laser, piratage, drones intercepteurs ou canons électromagnétiques.

« Le brouillage électromagnétique présente l'avantage de pouvoir renvoyer le drone à son pilote, ou de le contraindre à se poser en douceur une fois ses batteries déchargées », explique Philippe Rouin, directeur marketing de Cerbair, une PME tricolore qui commercialise ce type de matériel anti-drone. A l'inverse, la chute de l'appareil neutralisé est inéluctable avec la technologie laser. En dehors des terrains de guerre, elle pourrait s'avérer dangereuse pour le public, ce qui implique des restrictions d'usage.

Toutefois, « ce qui compte, c'est de mesurer si la menace dépasse les risques et les enjeux », affirme Laurent Tard qui se demande s'il ne pourrait pas être justifié d'abattre « un drone transportant un sac suspect et se dirigeant vers le Stade de France où se déroule la cérémonie d'ouverture des Jeux ». Les systèmes anti-drones pourraient offrir un appui bienvenu lors des JO de Paris en 2024, qui promettent d'être un casse-tête sécuritaire, alors que des centaines de milliers de visiteurs, venus du monde entier, sont attendus dans la capitale.

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