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Un data protection officer de la langue

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Un data protection officer de la langue
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Par le décret du 31 août dernier, le lexique juridique français s'est enrichi de nouvelles définitions et traductions officielles. Un décret qui n'est donc pas « data protection officer » mais « délégué à la protection des données » de la langue française.

Marre d'entendre parler de « data protection officer », de « privacy by design » ou encore de « cold case » ? Le décret publié le 31 août 2019 au Journal Officiel offre de nouveaux équivalents français pour des termes étrangers, anglais pour la grande majorité, venus notamment de l'informatique.

La « data protection officer » ou DPO a ainsi pour traduction officielle « délégué à la protection des données » ou DPD, le « privacy by design » devient la « confidentialité programmée », et le « cold case » est « une affaire gelée ».

Certaines traductions semblent pour le moins frileuses. « Cyber espionage » se dira ainsi en français « cyberespionnage » (définition officielle :
« ensemble d'actions menées dans le cyberespace consistant à infiltrer clandestinement ou sous de faux prétextes les systèmes informatiques d'une organisation ou d'un individu, et à s'emparer de données pour les exploiter »), un effort de traduction qui aurait sans doute été plus poussé chez nos amis québécois où le Conseil supérieur de la langue française mène une véritable guerre contre les anglicismes dans le droit positif (lire l'ouvrage Les anglicismes dans le droit positif québécois qui dresse un vaste inventaire allant jusqu'à considérer le mot « alternative » comme suspect en recommandant l'usage du terme « choix »).

Pour mémoire, en France, la loi Toubon de 1994 reconnaît le droit aux citoyens de recevoir toute information utile en français, notamment les textes de lois et les contrats de travail. Décriée, même moquée sous l'appellation “loi AllGood” anglicisant ironiquement le nom de son auteur, elle avait vu le Conseil constitutionnel intervenir pour l'édulcorer significativement. Celui-ci estimait en effet que le principe de la liberté de pensée et d'expression, inscrit à l'article 11 de la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen, s'opposait à ce que la loi fixe la terminologie précise à employer par les organismes de télévision ou de radio ou par des personnes privées dans l'ensemble de leurs activités. L'article 5 de la loi précise ainsi que « Quels qu'en soient l'objet et les formes, les contrats auxquels une personne morale de droit public ou une personne privée exécutant une mission de service public sont parties sont rédigés en langue française. Ils ne peuvent contenir ni expression ni termes étrangers lorsqu'il existe une expression ou un terme français de même sens approuvés dans les conditions prévues par les dispositions réglementaires relatives à l'enrichissement de la langue française ». Tout en les fuyant, Affiches Parisiennes ne serait ainsi pas condamnable si un ou deux anglicismes lui échappaient…




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