AccueilChiffreUn congrès ECF sous le signe du numérique, de l’humain, de l’éthique et de la confiance

experts-comptables Un congrès ECF sous le signe du numérique, de l’humain, de l’éthique et de la confiance

Jean-Luc Flabeau, président de la Fédération nationale ECF, a veillé aux destinées du congrès du syndicat, qui s’est tenu les 20 et 21 septembre derniers, à Marseille.
Un congrès ECF sous le signe du numérique, de l’humain, de l’éthique et de la confiance
© DR - Jean-Luc Flabeau, président de la Fédération nationale ECF.

EntrepriseChiffre Publié le ,

Cette année, vous avez tenu le congrès ECF à Marseille. Une année un peu particulière puisque l’on sort de certaines restrictions dues à la Covid. Comment s’est passé cet événement ?

Jean-Luc Flabeau : En effet, c’est un congrès particulier. Nous aurions dû être à Marseille l’année dernière, en juin 2020, ce que nous n’avons pas pu faire avec le confinement. ECF a donc fait un congrès entièrement numérique, le premier de la profession, d’ailleurs. Ensuite, nous avions replanifié ce congrès, en juin 2021 à Marseille et avec les soubresauts de la crise sanitaire et ses confinements, nous avons décidé de le déplacer en septembre. Et nous avons bien fait. Nous nous sommes retrouvés enfin à Marseille pour le Congrès de notre Fédération ECF et nous avons décidé de le faire en présentiel. Rencontrer à nouveau les confrères et consœurs, mais aussi nos partenaires, est vraiment très important pour notre syndicat. Ces derniers nous ont suivis sur le congrès numérique l’année dernière, et je les en remercie, mais nous savons bien que ce n’est pas totalement satisfaisant. 

Vous avez choisi un thème de congrès très percutant, “le numérique, l’humain, l’éthique et la confiance”. Comment vous-est venue cette idée ?

J-L. F. : Ce thème avait été choisi il y a quasiment deux ans, pour le Congrès de juin 2020. Et je crois que celui-ci a encore plus de résonance aujourd’hui. Depuis, il y a eu la crise sanitaire et on s’est aperçu, pendant le confinement, auprès de nos clients, de nos collaborateurs, que finalement, les relations humaines, les décisions prises par les individus avaient beaucoup de force. Aucun algorithme n’aurait pu apporter le soutien que nous avons pu assurer auprès de nos chefs d’entreprise qui étaient complètement perdus. La période nous rappelle aussi que l’intelligence artificielle, le numérique, ne doivent rester que des outils. Enfin, sur l’éthique et la déontologie, je pense qu’il y a une vraie réflexion à avoir, parce que ce sont des caractéristiques fortes de notre profession qui recouvrent de nombreux aspects. C’est un de nos atouts extrêmement importants par rapport à d’autres professions et il convient de le mettre en avant. 

Vous avez aussi abordé la question de la protection des données. Il y a tout ce qui concerne le RGPD mais il y a aussi eu récemment l’incendie du centre OVH à Strasbourg. Tout cela vous pousse à la réflexion en tant qu’expert-comptable ?

J-L. F. : Notre programme a été conçu il y a bientôt deux ans et aujourd’hui, sur tous ces sujets, la crise sanitaire nous a apporté des enseignements. Par exemple, le RGPD a été mis à mal dans beaucoup d’entreprises, y compris dans nos cabinets. Si je prends le cas de mon cabinet, nous avions déjà des procédures de RGPD, mais elles n’ont pas toujours pu être respectées lors des premiers mois de crise sanitaire. Les sécurités ont été abaissées, car il fallait aller droit à l’essentiel, c’est-à-dire aider et sauver le plus grand nombre d’entreprises et d’emplois. Je crois réellement que les réflexions des confrères seront encore plus intéressantes en ayant vécu ce qu’ils ont pu vivre dans leurs cabinets et avec leurs clients depuis mars 2020.

S’agissant de l’intelligence artificielle, comment appréhendez-vous cela en tant qu’expert-comptable et quel regard avez-vous sur les entreprises qui appliquent l’intelligence artificielle ? 

J-L. F. : Sur l’intelligence artificielle, je crois qu’on devrait revenir à des considérations plus raisonnables. Tout le monde en parlait, mais avec la crise, la dimension humaine a repris ses lettres de noblesse. Plus les gens étaient isolés chez eux, puis ils avaient besoin de contact, plus ils avaient besoin de connexions avec leur environnement personnel et professionnel. Ainsi, nous n’avons jamais été aussi éloignés physiquement et aussi proches de nos équipes en termes de management. Et pour les clients, tous les cabinets d’expertise-comptable ont eu un rôle essentiel de soutien. Nous avons accompagné énormément de TPE-PME et de chefs d’entreprise qui étaient isolés et qui avaient beaucoup de craintes sur le devenir de leur société. Nous avons été des soutiens psychologiques et nous avons amené les solutions des banques et du Gouvernement, dans les entreprises. Tout cela, c’était du relationnel et tout ce que nous avons pu faire auprès de nos équipes et des clients, aucune intelligence artificielle ne pouvait l’apporter. Nous souhaitons être des experts-comptables augmentés. L’intelligence artificielle est un outil qui nous permet de gagner du temps sur certaines tâches pour pouvoir faire autre chose, mais doit rester à sa place d’outil.

Je pense que pour les cabinets qui ont poussé très loin la digitalisation de la relation client, avec moins de contacts clients, la crise a dû être un peu plus dure, parce que tout s’est axé sur cette relation entre les experts-comptables, leurs équipes et leurs clients. 

Les journées du Congrès sont aussi des journées de formation pour les participants, avec plusieurs ateliers de prévu. Pouvez-vous nous présenter les lignes directrices que vous avez souhaité mettre en avant cette année ?

J-L. F. : Plusieurs conférences et ateliers ont été proposés, mais nous déconnectons les thèmes du congrès de ceux des ateliers techniques, car nous nous sommes rendus compte que ce qui marche toujours, c’est la matière technique, même si nous offrons des conférences aux thèmes variés comme le management, l’intelligence artificielle, etc. Quand nous proposions des thèmes plus généraux, les ateliers attiraient peu. Ce qui fonctionne, c’est la technique. Dès lors, pour nos ateliers techniques sur des nouvelles procédures d’audit, sur la gestion de patrimoine, sur le droit social, nous avons à chaque fois fait appel à des intervenants reconnus et appréciés par les professionnels.


Lionel Canesi, président du Conseil supérieur de l’Ordre des experts-comptables, et Yannick Ollivier, président de la Compagnie nationale des commissaires aux comptes, étaient présents au Congrès ECF.

Vous avez d’ailleurs prévu une conférence plénière sur le management. Son objectif est-il aussi d’échanger sur la façon d’attirer et de conserver les collaborateurs ? 

J-L. F. : Deux conférenciers ont, chacun dans leur domaine, essayé de nous donner quelques conseils pour mettre en place un leadership positif qu’un dirigeant de cabinet doit toujours essayer d’incarner. Le problème d’attractivité de la profession qu’il faut endiguer commence par les cabinets eux-mêmes. Il faut essayer de montrer le meilleur côté du cabinet. Globalement, les cabinets ont fait de gros efforts depuis plusieurs années. Pourtant, il subsiste un décalage entre l’image qui est perçue de nos cabinets à l’extérieur et leur véritable identité. Beaucoup de choses sont faites, de façon positive et il faut continuer, car il y a un vrai problème d’attractivité et de recrutement, à Paris comme en province. C’est un travail de longue haleine pour essayer de progresser sur ce point-là. Les institutions, les syndicats, mais aussi chaque expert-comptable et chaque patron de cabinet sont responsables de l’attractivité de l’ensemble de la profession. Encore une fois, beaucoup de cabinets ont progressé dans leur savoir-faire, y compris en matière de management des équipes. Mais, à présent, il faut aussi le faire savoir, et ce n’est pas le plus simple.

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