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Un collectif pour la conservation de la bibliothèque des avocats

« Il faut sauver la bibliothèque des avocats ! », c'est le mot d'ordre des candidats au bâtonnat de Paris Marie-Aimée Peyron et Basile Ader. Le duo est à l'origine d'un collectif pour la conservation de la bibliothèque des avocats au palais de justice de l'Île de la Cité. En vue du déménagement du tribunal aux Batignolles, le sort de ce lieu chargé d'histoire inquiète les deux avocats.
Un collectif pour la conservation de la bibliothèque des avocats
© DR - Marie-Aimée Peyron et Basile Ader, candidats au bâtonnat de Paris.

Droit Publié le ,

«Le déménagement du tribunal aux Batignolles suscite, chez tous nos confrères, à la fois, beaucoup de curiosité et beaucoup d'inquiétudes. S'il est essentiel de veiller à la place de l'avocat au sein du nouveau tribunal, il faut aussi de ne pas nous voir déposséder de notre patrimoine au sein de l'actuel palais de justice. Parmi les sujets de préoccupation, il en est un qui nous tient particulièrement à cœur : la conservation de la bibliothèque des avocats, telle qu'elle existe en face des locaux de l'ordre. En effet, si ces derniers devaient être conservés, selon les accords qui sont en cours de discussion avec la cour d'appel, il serait question de nous reprendre la bibliothèque. Cela n'est pas acceptable !

La cour n'aurait-elle donc pas assez de place avec toute celle que lui laisse le tribunal pour vouloir aussi notre bibliothèque ?

Cette bibliothèque a été édifiée après l'incendie qui a ravagé le Palais de justice pendant la Commune de Paris (la bibliothèque des avocats était située, avant cet incendie, dans la cour de la Sainte-Chapelle, dans des bâtiments qui ont disparu). Et l'on doit à Ernest Cresson, bâtonnier en 1889-1890, que ces locaux, qui étaient occupés jusque-là par la préfecture de police, soient laissés aux avocats. Il faut dire qu'Ernest Cresson avait été, avant de devenir bâtonnier, préfet de police lui-même, et précisément juste avant la Commune. L'Ordre a d'abord aménagé la salle basse, dite salle de lecture, en 1890, puis, en 1908 la salle haute, dite salle des conférences. L'ensemble a fait l'objet d'une rénovation sous le bâtonnat du bâtonnier Danet, qui a redonné aux lieux tout le lustre qu'on leur connaît depuis.

Ces deux salles sont assurément le centre nerveux de la vie collective du barreau. Elles sont irremplaçables. Il s'agit à la fois d'un conservatoire de la mémoire collective et d'un lieu de rencontre.

Sont rangés, dans la salle haute, tous les ouvrages donnés à l'Ordre par les avocats, par legs le plus souvent, ouvrages dont les plus vieux sont des incunables de la fin du XVe siècle. Ces ouvrages forment un patrimoine considérable et unique, qui est commun à tous les avocats du barreau. Il s'agit, avec une ou deux bibliothèques universitaires, de l'une des plus belles bibliothèques de la place.

Cette salle accueille, en outre, depuis qu'elle existe le concours de la conférence, qui est l'école de la parole du barreau. Elle héberge de nombreuses séances de la formation continue que la loi nous impose d'organiser. S'y tiennent quotidiennement des colloques, où se retrouvent tant les confrères, que l'université et la magistrature, sur les sujets les plus importants.

C'est aussi le lieu d'accueil de tous les jeunes confrères et de leur famille, après leur prestation de serment. Le bâtonnier, ou son représentant, dit alors à chacun qu'il y est désormais chez lui.

C'est la salle où ceux des avocats que la République honore, choisissent pour accueillir leurs amis, lorsqu'on leur remet une décoration.

C'est encore à la bibliothèque que l'on reçoit les visiteurs de l'Ordre et tous ses hôtes s'émerveillent de la majesté et la beauté de ce cadre.

C'est là où se tiennent, actuellement, les séances filmées du conseil de l'Ordre. Bref, c'est un lieu vivant, indispensable à la vie du barreau, que même le dernier étage d'une tour, aussi grandiose soit-elle, ne pourrait remplacer ! C'est enfin, et surtout, un lieu de mémoire. La salle de conférence abrite le monument aux morts du barreau, celui où les noms de tous ceux qui sont tombés pour la patrie, en 14-18 puis en 39-45, sont gravés.

Sa disparition est donc inconcevable.

À la suite de Pierre-Olivier Sur et de Laurent Martinet qui ont engagé les négociations, reprises aujourd'hui par Frédéric Sicard et Dominique Attias, nous mettrons toutes nos forces en œuvre pour que le barreau conserve ce lieu unique.

Sans attendre, nous proposons à tous les confrères qui y sont, comme nous, attachés, de former un collectif dans lequel nous accueillerons toutes les bonnes volontés, notamment ceux, et nous sommes certains qu'ils existent qui, comme le bâtonnier Ernest Cresson après la Commune, parviendront à se faire entendre des Pouvoirs publics.

Merci à tous de rejoindre le collectif pour la conservation de la bibliothèque du barreau de Paris, dans les locaux du palais de justice de l'Île de la Cité, tels qu'ils existent. »

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