AccueilEntrepriseVie des entreprisesTransfair : près de 80 000 emplois potentiellement menacés chaque année en IDF

Transfair : près de 80 000 emplois potentiellement menacés chaque année en IDF

En ouverture de l’édition 2022 du Salon Transfair, organisée le 1er décembre à Paris, les trois présidents des organisations fondatrices de l’événement ont présenté les chiffres de la transmission d’entreprises, soit près de 420 000 en Ile-de-France.
De gauche à droite : Vincent Reynier, Virginie Roitman, Dominique Restino et Guillaume Mortelier"
© CCI de Paris et Paris IDF - De gauche à droite : Vincent Reynier, Virginie Roitman, Dominique Restino et Guillaume Mortelier"

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La Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Paris et Paris IDF, l’Ordre des experts-comptables (OEC) de Paris Ile-de-France et la Compagnie régionale des commissaires aux comptes (CRCC) de Paris ont tenu, pour la 8ème année consécutive, le Salon Transfair. Cet événement, entièrement dédié à l’accompagnement à la cession-reprise d’entreprise, a pour objectif d’accompagner les entrepreneurs, de former les professionnels et de permettre aux chefs d'entreprises de s’informer sur les différentes problématiques qu'ils peuvent rencontrer, à travers des ateliers et des temps d’échanges avec des acteurs clés du secteur.

L’événement a débuté par une conférence d’inauguration sur le thème « Reprendre et transmettre dans un environnement complexe : quelles opportunités ? », en présence de Dominique Restino, président de la CCI Paris-Ile-de-France, de Soumia Malinbaum, présidente de la CCI Paris, de Virginie Roitman, présidente de l’OEC Paris Ile-de-France et de Vincent Reynier, président de la CRCC de Paris. « Malgré les récents efforts du législateur, modernisation du Pacte Dutreil, assouplissement fiscal, etc… le processus reste complexe et Transfair est pensé pour rassurer, informer, former et réseauter. », a expliqué ce dernier.

Près de 800 000 disparitions de postes d’ici 10 ans

A cette occasion, les présidents ont dressé un état des lieux de la transmission d’entreprise en Ile-de-France, s’appuyant sur les récents chiffres du Crocis, l’Observatoire économique régional de la CCI Paris Ile-de-France. Ce dernier a procédé, en novembre dernier, à une estimation du nombre d’entreprises dont le dirigeant est âgé de 55 ans ou plus, en se basant sur les données issues du Registre du commerce et sociétés (RCS) et du Répertoire des entreprises et des établissements (REE) de l’Insee.

Comme l’a indiqué Dominique Restino, l’IDF compte 413 000 entreprises de moins de 50 salariés, et qui ont à leur tête un dirigeant âgé de 55 ans ou plus qui sera donc concerné par la transmission ou la cession de son entreprise à moyen terme. Faute de trouver un repreneur, ces entreprises, qui regroupent 807 000 salariés, pourraient disparaître. « 80 000 emplois salariés sont potentiellement menacés de disparaître chaque année en Ile-de-France, si ces entreprises ne sont pas reprises », a précisé le président de la CCI Paris IDF.

A cela s’ajoutent 6 000 entreprises de 50 salariés et plus, elles aussi concernées par la cessation d’activité de leur dirigeant d’ici dix ans.

« L’Ile-de-France, c’est 31 % de l’emploi en France, donc fois trois, cela représente beaucoup de monde. L’emploi francilien est donc un enjeu national majeur pour notre économie », a-t-il souligné.

©D.R.

Les entreprises à transmettre majoritairement du secteur des services

Selon l’étude, dans les dix prochaines années, ce sont les entreprises de services qui seront plus nombreuses à être potentiellement concernées par une transmission (71,1 %), suivies des entreprises du secteur du commerce (14,8 %), de la construction (9,8 %) et enfin de l’industrie (4,2 %). À l’image du tissu économique francilien au sein duquel les entreprises sont majoritairement sans salarié (79,4 %), 66,9 % des entreprises dont le dirigeant a 55 ans ou plus n’ont pas de salarié. Parmi elles, 59,4 % sont du secteur de l’industrie, contre 70,7 % du secteur des services. En termes d’emplois, l’enjeu de la transmission d’entreprise est donc proportionnellement plus important pour l’industrie que pour les services. Mais, en nombre d’emplois menacés, c’est dans les services que l’enjeu est le plus important puisque 62,5 % des entreprises dont le dirigeant est âgé de 55 ans ou plus poursuivent une activité de services.

80 700 emplois menacés chaque année en Ile-de-France

Les entreprises de moins de 50 salariés ayant à leur tête un dirigeant âgé d’au moins 55 ans emploient quelque 807 000 personnes. En cas de départ en retraite du dirigeant à l’âge de 65 ans, chaque année, ce sont donc potentiellement 80 700 emplois menacés de disparaitre si ces entreprises ne sont pas reprises. Dans le détail, 504 300 salariés travaillent dans des entreprises de services (soit 62,5 % des emplois concernés), 165 400 emplois salariés concernés se trouvent dans les commerces, 95 930 dans les entreprises du secteur de la construction et enfin 41 440 au sein d’entreprises industrielles.

Cédants et repreneurs : des profils-types qui divergent

Le panorama du Crocis s’est également appuyé sur les informations à disposition du réseau Transentreprise Ile-de-France, animé par la CCI Paris Ile-de-France, qui permettent d’apprécier, tant quantitativement que qualitativement, la situation du marché de la cession et de la reprise des entreprises franciliennes et de dresser un profil-type de l’entrepreneur cédant ou du repreneur. Il en ressort que 50 % des cédants ont 60 ans ou plus, donc en âge de préparer ou de prendre leur retraite, et que 58 % des cessions sont justement motivées par cette échéance.

Inadéquation forte entre l’offre et la demande

Enfin, le Crocis a étudié les données du marché ouvert de la transmission / reprise et a ainsi pu mettre en lumière une forte inadéquation entre les souhaits des repreneurs et la réalité des offres d’entreprises à reprendre. Raison pour laquelle experts-comptables, commissaires aux comptes et la CCI ont un « rôle fondamental à jouer en première ligne auprès des cédants et des repreneurs », a souligné Virginie Roitman.

En effet, si la plupart des repreneurs visent une entreprise ayant au minimum 10 salariés et réalisant plus d’1 million d’euros de chiffre d’affaires annuel, les entreprises répondant à ces critères représentent moins de 10 % des offres disponibles sur le marché ouvert.

Par ailleurs, depuis une dizaine d’années, le régime de l’autoentrepreneur et du micro-entrepreneur est en vogue, en ce qu’il permet de créer une petite structure pour lancer son activité puis éventuellement de changer de régime et recruter ensuite. Ainsi, beaucoup d’entrepreneurs privilégient la création d’entreprise plutôt que la reprise d’une entreprise déjà existante qui n’emploie que quelques salariés.

© CCI de Paris et Paris IDF

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