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TPE-PME, une année difficile et un avenir incertain

La 76e enquête de conjoncture de BpiFrance, présentée le 10 janvier dernier et basée sur les retours de 4 590 entreprises sur la situation et les perspectives des TPE-PME, laisse présager des mois difficiles pour l’économie française.
Ralentissement de l'économie.
© Adobe Stock - Ralentissement de l'économie.

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Au cours d’une conférence, BpiFrance a donné les résultats d’une étude sur la situation des TPE-PME à fin 2022 et leurs perspectives en termes d’activité, d’emploi, de trésorerie et d’investissement pour l’année à venir, dans un contexte de crise énergétique. Basée sur les retours de 4 590 entreprises, cette conjecture a été présentée par Philippe Mutricy, directeur de l’évaluation, des études et de la prospection chez BpiFrance, Sabrina El Kasmi, responsable du pôle Conjecture-Macroéconomie chez BpiFrance, et Baptiste Thornary, responsable des études Économiques et de la Conjoncture chez BpiFrance.

« Partant d’une situation plutôt confortable, les TPE-PME ont fait preuve de résilience en 2022, malgré des contraintes de production persistantes et la hausse des prix de l’énergie. Afin d’amortir le choc, elles ont notamment puisé dans leur PGE et augmenté leurs prix de vente. Alors que les marges de manœuvre se réduisent, les perspectives s’assombrissent pour 2023, en particulier pour les entreprises les plus exposées à la crise énergétique. Les indicateurs laissent attendre une activité et un investissement atone cette année », a indiqué Philippe Mutricy.

Ralentissement de l’activité et de l’emploi

L’activité des TPE-PME a ralenti en 2022, après un net rebond en 2021, mais l’étude a tout de même révélé qu’elle restait plutôt dynamique. En effet, le chiffre d’affaires a augmenté de 5,7 % en 2022, contre 7 % sur l’exercice précédent. BpiFrance a précisé à ce sujet que « la dynamique reste néanmoins à nuancer, reflétant probablement en partie l’augmentation des prix de vente, en réaction à la nette hausse des coûts de production ».

Malgré ce ralentissement et que 82 % des dirigeants déclarent rencontrer des difficultés de recrutement, les embauches sont, selon le rapport, « restées allantes ». Des augmentations salariales ont été observées pour 72 % des collaborateurs de TPE-PME en 2022, dont un tiers ont obtenu une hausse de plus de 5 %.

Tous les secteurs ont été touchés par les difficultés, mais BpiFrance a, tout de même, précisé que « le Tourisme et les Transports ont globalement bénéficié d’un effet de rattrapage post-Covid », ce qui n’a pas été le cas pour la Construction et le Commerce, qui ont subi le plus grand ralentissement.

Hausse des coûts de production qui fragilise la trésorerie

Les hausses de coûts, en particulier énergétiques, ont pesé sur la situation financière des TPE-PME, qui « s’est dégradée et devrait continuer à se détériorer durant les prochains mois », partant pourtant d’un niveau très favorable fin 2021. L’indicateur du niveau de trésorerie sur un an a ainsi perdu 9 points, mais reste pour le moment au-dessus de sa moyenne de long terme. Pour amortir le choc, les TPE-PME ont décidé de puiser dans leur PGE. En effet, à fin 2022, 57 % l’ont consommé en majorité, soit plus de 10 points sur un an. Elles ont aussi été nombreuses à augmenter leurs prix de vente, pour 72 % d’entre elles.

Ralentissement de l’investissement

L’enquête a également révélé que « même si les TPE-PME bénéficient toujours de conditions de financement favorables, elles commencent à se durcir ». Les dirigeants d’entreprise sont ainsi 11 % à rencontrer des difficultés pour financer leurs investissements, soit +2 points en six mois. Parmi les freins rencontrés, c’est le coût du crédit qui arrive en tête avec 34 %. Dans cet environnement, la part de TPE-PME qui a investi en 2022 est de 47 %, en baisse de 4 points par rapport à fin 2019. Les montants investis ont, eux-aussi, ralenti, l’indicateur ayant perdu 8 points pour s’établir à -1, proche de sa moyenne de long terme.

Pas d’optimisme pour 2023

L’indicateur prévisionnel d’activité a chuté de 25 points sur la dernière année et se retrouve inférieur de 11 points à sa moyenne de longue période. Ce repli peut être expliqué par « la forte incertitude entourant l’environnement économique, les difficultés d’approvisionnement, et la facture énergétique attendue en hausse ». Dans ce contexte, le rapport a signalé qu’en 2023 « les embauches seraient moins dynamiques, même si elles résisteraient mieux que l’activité », que « la situation de trésorerie continueraient à se dégrader », et que « l’investissement se tasserait nettement ».

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