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Thésée avocats-notaires : le « guichet unique » des entreprises

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Thésée avocats-notaires :  le « guichet unique » des entreprises
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L'avocat fiscaliste Florian Burnat et le notaire Matthieu Hassen se lancent dans l'interprofessionnalité. Ensemble, ils viennent de lancer Thésée, l'une des premières sociétés pluri-professionnelles d'exercice (SPE) française. Animé d'une vision entrepreneuriale axée sur le client, ce duo met à profit son expertise en structuration patrimoniale, juridique et fiscale pour répondre aux besoins de plus en plus complexes des entreprises.

Affiches Parisiennes : Pourquoi avoir choisi la SPE ?

Florian Burnat : Nous avons créé une SPE tout simplement car, au cours de notre pratique professionnelle, Matthieu et moi nous sommes rendu compte que nous avions des synergies très importantes en termes d'activité, et que cette nouvelle structure nous permettrait de proposer une sorte de guichet unique pour les dirigeants d'entreprise, notre cœur de cible. Nous leur proposons ainsi un accompagnement complet pour structurer leurs patrimoines personnel et professionnel. Travailler à deux en coordonnant nos visions fiscaliste et notariale nous permet d'avoir une certaine agilité dans le relationnel client pour proposer les solutions sur-mesure les plus appropriées.

A. P. : Comment vous êtes-vous rencontrés ? Quels sont vos parcours ?

F.B. : J'exerce depuis 2008 et me suis inscrit au barreau en 2009. J'ai débuté chez Cleary Gottlieb Steen &
Hamilton, puis Mayer Brown, où je faisais quasi uniquement de la fiscalité corporate, avant de rejoindre le cabinet CMS Francis Lefebvre Avocats en 2013 où je traitais des dossiers de private equity et de fiscalité patrimoniale des dirigeants. J'ai donc un double regard sur le patrimoine privé du dirigeant et celui de son entreprise.

Mon associé Matthieu Hassen est titulaire du diplôme supérieur du notariat depuis 2006. Il a commencé dans divers offices comme notaire stagiaire avant de rejoindre l'Unofi, une sorte de sous-traitant en gestion de patrimoine pour les offices notariaux, puis le groupe notarial Althémis en 2012, un office très pointu sur l'accompagnement des dirigeants en gestion patrimoniale. Il a ensuite passé deux ans comme ingénieur patrimonial en banque privée, à la Caisse d'Epargne Ile-de-France, où on s'est rencontré. Nous avons collaboré sur des dossiers et donné ensemble des formations en gestion de patrimoine.

C'est lui qui est à l'origine du projet Thésée. Il a tout de suite eu cette vision pluri-professionnelle, et m'a annoncé en septembre dernier qu'il avait été tiré au sort pour ouvrir un office et souhaitait le faire avec moi.

A. P. : Comptez-vous développer votre structure et embaucher ?

F.B. : Nous avons effectivement des projets d'expansion avec des confrères qu'ils soient avocats ou notaires. On a déjà des discussions avec des candidats et les premiers recrutements se concrétiseront dans l'année ou l'an prochain. Il faut toujours compter le temps de traitement des dossiers qui doivent être validés par la Chancellerie pour les notaires et par le conseil de l'ordre pour les avocats. Jusqu'ici nous avons eu de la chance car nous étions parmi les premiers sur Paris et ça n'a pris que deux mois ce qui était très rapide.

A. P. : Qu'est-ce qui va vous différencier de la concurrence ?

F.B. : Nous souhaitons proposer une expérience client originale avec un accompagnement juridique commun. Nous ne sommes pas la simple conjonction d'un cabinet d'avocat et d'un office notarial mais des fervents défenseurs de l'interprofessionnalité. Les avocats et les notaires ont des expertises très complémentaires. Entendons-nous bien, le notaire n'est pas le gratte-papier de l'avocat, je sais que des « notaires Macron » (lire page, NDLR) ont été approchés par des grosses structures d'avocats à cet effet, pour simplement apposer le tampon de l'officier ministériel, ce n'est pas du tout l'objectif de notre SPE. C'est ce qui a guidé le choix de son nom : Thésée ce n'est pas nous, c'est le client, et nous sommes le fil d'Ariane qui lui permettra de sortir du labyrinthe de la structuration patrimoniale.

Trois SPE : les débuts timides de l'interpro

La société pluri-professionnelle d'exercice (SPE) est une innovation majeure de la réforme « Macron » du 6 août 2015 qui ne remporte pas le succès escompté chez les notaires.

Depuis à peine deux ans (après l'entrée en vigueur des décrets d'application de la loi), les notaires ont la possibilité de créer une structure avec d'autres professionnels du droit ou du chiffre, en premier lieu les avocats, mais aussi les commissaires-priseurs judiciaires, les huissiers de justice, les administrateurs et mandataires judiciaires, les conseils en propriété industrielle ou encore les experts-comptables.

Le phénomène est donc très nouveau. Pour le moment, on ne recense que trois SPE incluant des notaires.

La première est celle constituée par Pascal Bottin-de Labarrière, longtemps notaire salarié à Toulouse avant de se voir attribuer un office par tirage au sort, avec le cabinet Raynaud Falandry Avocats, une structure inter-barreaux dont le siège est à Perpignan.

La deuxième est celle de Bertrand Lacourte, un notaire parisien dont la passion pour le droit l'a amené à enfiler la robe car il souhaitait continuer à exercer malgré la limite d'âge de 70 ans imposée aux notaires par la loi Macron. Sa SPE Lacourte & Associés, société de notaires transformée en SPE, reste donc très axée sur le plan notarial.

Enfin, Thésée est la première SPE créée ex nihilo, sans aucune structure préexistante et avec l'optique de développer de manière équilibrée les professions d'avocats et de notaires en son sein.

Pour ce qui est des autres professionnels, la Compagnie nationale des conseils en propriété industrielle recensait quatre SPE créées par des CPI et des avocats, le Conseil supérieur de l'ordre des experts-comptables avait enregistré fin février la création de seize SPE d'experts-comptables et d'avocats, tandis que deux projets de SPE d'avocats et d'huissiers de justice sont en cours selon le réseau Eurojuris.

Un succès très mitigé car seulement 23 structures ont vu le jour au total tandis qu'une poignée est en gestation.




Anne MOREAUX
Journaliste

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