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TechThePower, le programme de sensibilisation des femmes à la tech

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TechThePower, le programme de sensibilisation des femmes à la tech
@ DR - Cédric O

Le 23 mars dernier, Mastercard, le Crédit Mutuel Arkéa et Trace Academia ont lancé le programme pédagogique Tech the Power, avec la participation d'Elisabeth Moreno et Cédric O, à l'occasion d'une conférence digitale intitulée « les jeunes filles et la tech : ensemble cassons les stéréotypes ! », qui a réuni de nombreux acteurs pour partager sur le sujet.

« TechThePower » est un parcours pédagogique et ludique pour sensibiliser les jeunes filles à la tech, déconstruire les stéréotypes de genre et les ouvrir aux métiers du numérique et de la tech. Pour son lancement, il a fait l'objet d'une conférence digitale organisée le 23 mars dernier, et modérée par la journaliste Louise Tourret, au cours de laquelle les participants, dont Elisabeth Moreno, ministre déléguée auprès du Premier ministre, chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l'Égalité des chances, et Cédric O, secrétaire d'Etat chargé de la Transition numérique et des Communications électroniques ministres mais aussi des spécialistes de la tech et de l'innovation ou encore des ressources humaines ont échangé et partagé leur vision, leur éclairage et leurs expériences.

Casser les stéréotypes grâce à des modèles féminins

Comme l'a rappelé Elisabeth Moreno, c'est du secteur du numérique que proviendra la création d'un tiers des emplois à venir alors même qu'il compte moins de 30 % de femmes salariées. Dans le monde entrepreneurial, seules 12,5 % des startups sont créées par les femmes. Pour la ministre déléguée chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes, il faut regarder les causes fondamentales de ce déséquilibre, l'une d'elles étant des stéréotypes sociétaux tenaces. Pour tenter de les casser, c'est dès le plus jeune âge qu'il faut intervenir et le milieu éducatif a tout son rôle à jouer. Il doit orienter, dès le collège et le lycée, les jeunes filles dans des secteurs qui leur sont encore un peu fermés, comme la tech. « Le talent n'a pas de genre », a rappelé Elisabeth Moreno. Parmi les freins observables s'agissant de ce secteur, la tech est encore perçue comme un monde très masculin, alors même qu'elle est aujourd'hui présente dans tous les pans de la société. « Elles ont leur place dans ce secteur », a insisté la ministre. Témoignant ensuite de son expérience personnelle, Elisabeth Moreno a expliqué avoir réussi à s'imposer en grimpant l'échelle hiérarchique tout en restant femme et mère. Pour elle, le sacrifice d'une vie personnelle et familiale n'est pas une fatalité et ce sont ses études, le travail et la relation construite avec un réseau de personnes bienveillantes à toutes les étapes de sa vie professionnelle qui lui ont permis de tracer sa route dans un monde très masculin. Les femmes ont un rôle de modèle, d'héroïnes du quotidien à jouer, pour prouver, à travers leur expérience, de la réussite féminine. Les modèles de la ministre déléguée furent Simone Veil, Gisèle Halimi ou encore son institutrice de CP.

Plus globalement, pour les mentalités évoluent et que le monde professionnel en soit le reflet, la politique, si elle a des moyens d'action forts, ne peut pas tout faire seule. L'action publique, les associations et les entreprises composent un triptyque permettant également d'agir pour faire évoluer les choses et lutter contre les stéréotypes.


Elisabeth Moreno

Des entreprises engagées en faveur de la place des femmes

Intervenant à son tour, Cédric O a insisté sur l'importance de faire la promotion des femmes dans la tech car le secteur a besoin des femmes, qui peuvent lui apporter des compétences différentes de celles des hommes. « Nous avons besoin de femmes qui codent », a-t-il relevé. Par ailleurs, les stéréotypes doivent être cassés pour que les entreprises soient plus diversifiées et donc plus performantes. « Les systèmes trop fermés sur eux-mêmes sont moins performants », a relevé le secrétaire d'Etat. Derrière la question de l'égalité des droits, ce sujet soulève aussi une question de qualifications et de performances. Tout l'enjeu est donc de mettre en avant la réussite de femmes, de dégenrer les filières, et ce dès l'école. C'est ainsi que, dans le cadre du Plan d'évolution de l'éducation nationale vers l'éducation au code, de l'école primaire au lycée, le ministère de l'Education nationale a prévu de sensibiliser les professeurs aux biais inconscients qu'ils peuvent avoir et de faire en sorte de promouvoir la place des femmes dans la tech. Les entreprises doivent aussi s'engager, c'est pour cela que la FrenchTech a demandé à des entrepreneurs engagés sur le sujet de faire des propositions qui seront ensuite demandées aux entreprises de ce réseau en matière d'égalité femmes-hommes ou de promotion de la diversité. « A titre personnel, je suis pour des mesures incitatives ou contraignantes pour faire passer un cap à notre économie », a déclaré Cédric O.

Enfin, selon ce dernier, le regard sur ce secteur a changé, le sujet étant devenu plus sociétal. Dans la perception de l'importance du sujet de la féminisation, le secrétaire d'Etat remarque un réel effet générationnel : à titre d'exemple, les entreprises qui étaient engagées dans le Parental Act avant même les évolutions législatives sont de jeunes entrepreneurs. Ceux qui se lancent aujourd'hui n'ont donc plus la même vision de ces problématiques que leurs ainés et œuvrent à casser les codes.

Un programme à découvrir dès avril

Le programme TechThePower, initié par Mastercard, Groupe Mutuel Arkéa et Trace Academia, des entreprises engagées respectivement sur les enjeux d'inclusion et de diversité, est un parcours pédagogique et ludique pour sensibiliser les jeunes filles à la tech. Ce programme prendra la forme d'une application mobile 100 % gratuite, portée par Trace Académia et disponible en avril prochain. Il a pour objectif de sensibiliser 5 millions de jeunes filles d'ici 2025 aux métiers du numérique et d'utiliser la formation et l'éducation au digital afin de lutter contre les effets de genre et la raréfaction de la présence des femmes dans les filières tech en mettant en scène des rôles modèles de femmes travaillant dans la tech. Un objectif que Mastercard France s'est engagé à suivre au niveau mondial, à travers son programme Girls4Tech, comme l'explique Solveig Honoré Hatton, sa directrice générale. Dans cette entreprise, la politique de recrutement et d'évolution de carrière en interne s'attèlent à respecter des objectifs d'inclusion et de parité, afin de casser les stéréotypes et mettre en avant des rôles modèles qui travaillent dans ce secteur et qui peuvent parler de leur carrière et de leur parcours. L'inclusion et la diversité sont aussi des valeurs fortes que veut véhiculer le Crédit Mutuel Arkéa, comme l'explique Véronique Crouzier, sa directrice des ressources humaines. Il s'agit d'ailleurs de la 1ère banque française à avoir nommé une femme directrice générale en 2020.

Inspirer la prochaine génération

La conférence s'est également intéressée à la façon d'inspirer et de mobiliser les jeunes générations sur la place des filles dans la tech. Pour Frédéric Bardeau, CEO et co-fondateur de Simplon, il faut développer cette culture de la féminisation des métiers, de la diversification partout, former aux questions de genre et convaincre les hommes de l'importance de ces problématiques. Cela nécessite aussi une collaboration de la part de tous les acteurs de la chaîne de valeurs, de toutes les parties prenantes, pour faire bouger les choses. Dans cette entreprise, le système de sélection est très inclusif, le recrutement s'effectue par la constitution d'un collectif apprenant, de personnes qui doivent collaborer ensemble avant même de savoir si elles seront recrutées. Selon Emmanuelle Larroque, CEO de Social Builder, lors des recrutements, les critères ne sont pas encore challengés et si la place des femmes dans les métiers de la tech s'installe de plus en plus et si les entreprises les attendent, les profils disponibles sont ceux de femmes en reconversion, qui ne sont pas junior et qui présentent donc d'autres critères de sélection que ceux attendus par les entreprises. Ces dernières sont donc mal préparées pour leur permettre d'évoluer à leur poste et c'est ainsi que 30 % des femmes ayant intégré une entreprise en repartent à peine quelques années après. Un constat assez similaire de celui fait par Diana Brondel, CEO & fondatrice de Xaalys, pour qui la culture de l'entreprise reste très compétitive.

Comme l'a conclu Frédéric Bardeau, tout ce qui peut permettre de faire connaitre les opportunités de la tech et la place qu'y ont les femmes, dont le programme TechThePower est « une bonne nouvelle » qu'il faut largement relayer.




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