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Tapie : une affaire à rebondissements

L'affaire Tapie-Adidas-Crédit Lyonnais est à nouveau sous les feux de l'actualité, suscitant de nombreuses réactions dans la classe politique.

ActualitéRégion Île-de-France & Grand Paris Publié le ,

Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif (un intitulé bien imprudent), a déclaré que les pouvoirs publics ont été « dépouillés » de 403 millions d’euros à l’occasion de l’arbitrage rendu en 2008 en faveur de Bernard Tapie et s’est interrogé sur l’identité du chef de la « bande organisée » (après avoir parlé de supposées réunions organisées à l’Elysée sur cette affaire), avant de conclure que « tous les ruisseaux judiciaires convergent vers le même cap ». Revenons sur cette affaire qui oppose, depuis 1992, Bernard Tapie à la Société de banque Occidentale (SdBO), filiale du Crédit Lyonnais, qui était alors une banque publique. Devenu ministre, Bernard Tapie se voit demander par François Mitterrand de vendre Adidas, pour éviter tout conflit d’intérêt. Il confie donc un mandat de vente à SdBO, qui vend Adidas pour l’équivalent de 472 M€ (millions d’euros actuels).

Mis en faillite deux ans plus tard par le Crédit Lyonnais, l’homme d’affaires découvre que SdBO a en fait vendu Adidas à deux sociétés off-shore qu’elle contrôle, encaissant en fait 868 M€. Cette transaction résulte d’un plan conçu par SdBO et matérialisé par une note interne adressée par Henri Filho, directeur général de Crédit Lyonnais Invest (filiale financière du Crédit Lyonnais), à Jean-Yves Haberer, président du Crédit Lyonnais, et fortuitement découverte par la juge Eva Joly, qui enquêtait sur une autre affaire. Un double délit est ainsi mis à jour : information trompeuse du mandant et acquisition par le mandataire du bien qu’il est chargé de vendre. SdBO est alors assignée en justice et, après plusieurs jugements favorables, Bernard Tapie obtient 243 M€ de dommages, 115 M€ d’intérêts de retard et 45 M€ de préjudice moral.

Le gouvernement n’a pas tort de remettre cette affaire sur le tapis. On peut en effet s’interroger sur les raisons pour lesquelles aucune sanction n’a été prononcée dans cette escroquerie en bande organisée commise par les plus hauts responsables d’une banque publique…

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