AccueilRégion Île-de-France & Grand ParisTabac : l'augmentation de trop ?

Tabac : l'augmentation de trop ?

Selon des rumeurs persistantes, une augmentation des prix des cigarettes pourrait intervenir le 1er janvier prochain. Cette nouvelle hausse –la troisième en 15 mois– viendrait une fois encore révéler la gestion pour le moins approximative du dossier « tabac » par l'Etat.
Tabac : l'augmentation de trop ?
Confédération des buralistes - Pascal Montredon, président

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Cette stratégie de pénalisation financière est, en effet, très loin de livrer les effets escomptés, sauf en termes de perte de revenus pour des buralistes aux abois. Plus de 7 000 d’entre eux ont abandonné la profession depuis 2004. Le volume des ventes est en chute de 9,55 % pour les neuf premiers mois de l’année. En revanche, il semble bien que les Français fument toujours au même rythme. Ils ont tout simplement trouvé des filières « low cost ». C’est sans doute à ce niveau que se mesure vraiment l’incapacité des Pouvoirs publics à agir. Entre les commandes par Internet –évidemment prohibées–, les achats transfrontaliers de plus en plus nombreux et la contrebande qui se porte comme un charme, les sources d’approvisionnement à moindre coût sont légion pour les fumeurs.

Trouver le juste équilibre

Selon une étude KPMG, 22,6 % des ventes échapperaient actuellement au réseau des buralistes, le seul habilité à vendre du tabac. Toutes les augmentations de prix seront ainsi inopérantes en matière de santé publique tant que les Pouvoirs publics ne parviendront pas à enrayer la progression des marchés parallèles. Certes, les Douanes prennent leur part du travail, mais les résultats sont visiblement insuffisants, surtout face à la contrebande. Certains estiment que la manne générée serait aujourd’hui presque équivalente aux revenus des drogues.
Comme le souligne Pascal Montredon, président de la Confédération des buralistes : « seule une lutte efficace contre les trafics permettra une baisse significative de la consommation de tabac en France ».

L’alternative technologique

Le développement de la cigarette électronique (e-cig) est peut-être susceptible de changer rapidement la donne. Ce marché échappe d’ailleurs partiellement aux agents de l’administration que sont les buralistes au grand dam de Pascal Montredon pour qui « tout ce qui évoque la gestuelle et le tabac devrait invariablement être commercialisé en exclusivité par le réseau ». Actuellement, un millier de boutiques spécialisées proposent ces produits de substitution.
En revanche, pour le président de la Confédération, « la e-cig préfigure une profonde évolution des habitudes de consommation. Des produits hybrides –électronique + tabac–, actuellement en cours de conception et d’expérimentation, devraient bientôt voir le jour. Cette nouvelle génération sera moins nocive que les cigarettes actuelles, avec une chauffe maîtrisée –plus de combustion–, évitant notamment l’action des goudrons ».
Cette révolution technologique en marche, sur la voie de la santé publique, fera peut-être évoluer le discours des associations anti-tabac qui pourraient trouver là matière à réconciliation avec un réseau des buralistes stigmatisé bien au-delà du raisonnable.

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