Suicide au crime d'Etat ?

Le journaliste Dominique Labarrière vient de publier « Mort de Pierre Bérégovoy : 20 ans de questions sans réponses », faisant ainsi le point sur cette étrange affaire.

ActualitéRégion Île-de-France & Grand Paris Publié le ,

Le 1er mai 1993, Pierre Bérégovoy était retrouvé blessé par balle près de Nevers, sur les bords du canal de la Nièvre. Il décédait peu de temps après et l’enquête concluait à un suicide. L’ancien Premier ministre était à l’époque au centre de plusieurs enquêtes judiciaires. Il était cité, ainsi que son directeur de cabinet Alain Boublil, dans une affaire de délit d’initié. Il était également soupçonné d’avoir bénéficié d’un prêt de Roger-Patrice Pelat, le sulfureux ami intime de François Mitterrand, alors président de la République. Les membres de sa famille avaient aussi bénéficié de divers avantages (billets d’avion offerts, découverts bancaires faramineux…). Aucune action judiciaire n’avait été engagée contre lui, mais il est possible que cet homme, qui se voulait le champion de la lutte contre la corruption, n’ait pas supporté d’être ainsi mis en cause. Notons toutefois qu’il n’a pas laissé de mot d’adieu ou d’explication à son épouse Gilberte, qui ne croit pas au suicide.

Lors de son discours de politique générale du 8 avril 1992, prononcé devant l’Assemblée nationale, il avait notamment déclaré : « On soupçonne certains hommes publics de s’être enrichis personnellement de manière illégale (…) La justice doit passer (…) S’il est des dossiers qui traînent, croyez-moi, ils ne traîneront plus ». Il est permis de s’interroger : Pierre Bérégovoy constituait-il une menace, et pour qui ?

Certains éléments de l’enquête sont étranges. Ainsi, une infirmière qui se promenait près du canal avec son mari a entendu deux coups de feu (détail confirmé par d’autres témoins). Arrivée sur les lieux, elle a vu sur le corps deux blessures. Par ailleurs, alors que le décès a été constaté par le médecin des urgences à 19h20 et annoncé par l’Elysée à 19h40, ce décès a été démenti à 20h et le corps transféré au Val de Grâce à Paris, au lieu d’être examiné à Nevers. Un rapport d’autopsie et une analyse balistique ont été réalisés. Ils n’ont jamais été rendus publics. Pourquoi ?

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