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Cédric O dresse le bilan de l'application Stopcovid devant la commission d'enquête Covid-19 du Sénat

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Cédric O dresse le bilan de l'application Stopcovid devant la commission d'enquête Covid-19 du Sénat
@ Senat

Auditionné devant la commission d'enquête du Sénat sur la gestion de l'épidémie de Covid-19, le secrétaire d'Etat en charge du Numérique Cédric O a reconnu l'échec de l'application Stopcovid, dont il défend les objectifs et les choix techniques protecteurs des données personnelles, et en appelle à des « alliés » pour réussir à la relancer.

Le 8 octobre, la Commission d'enquête pour l'évaluation des politiques publiques face aux grandes pandémies à la lumière de la crise sanitaire de la covid-19 et de sa gestion a entendu Cédric O, le secrétaire d'Etat chargé de la Transition numérique et des Communications électroniques. Face aux sénateurs, ce dernier est revenu sur la mise en place de l'application Stopcovid et sur l'échec rencontré auprès de la population française, tout en félicitant son architecture technique et en espérant réussir à la relancer avec davantage de succès.

Un outil de santé publique ..

L'objectif de l'application, dans le contexte sanitaire critique, semblait sans équivoque : mettre le numérique au service de la santé afin de détecter les contacts des personnes malades et contribuer à stopper les chaines de transmission en notifiant aux personnes détentrices de l'application qu'elles s'étaient trouvées à un mètre et pendant plus de quinze minutes d'une personne testée positive. Téléchargeable sur la base du volontariat, Stopcovid est une application française, basée sur une solution technique centralisée, conçue et financée à l'aide d'entreprises et d'organismes français, qui s'est voulue transparente et protectrice de la vie privée, afin de lever les doutes des Français quant à la protection de leurs données personnelles sur l'application. D'où le choix technique fait de ne pas héberger les données sur des plateformes étrangères comme Google ou Apple. « Nous avons fait le choix d'une application qui ne relève pas d'un cadre juridique d'exception puisqu'elle est conforme au RGPD. Nous avons fait aussi le choix d'une application souveraine (…) Le retour d'expérience ne peut que nous conforter dans ce choix (...) », s'est exprimé le secrétaire d'Etat. Pour autant, il n'a pas eu le succès escompté auprès des Français.

..Qui a rencontré un échec cuisant

Devant la commission d'enquête, Cédric O expose les chiffres : « A ce jour, l'application Stopcovid a été téléchargée plus de 2 millions de fois depuis son lancement, en juin dernier, 7 969 personnes se sont déclarées comme ayant été testées positives et 472 notifications ont été envoyées à de potentiels cas contacts ». Mais Stopcovid c'est également 1,1 millions de désinstallations. « Je pense que nous sommes tous d'accord pour dire qu'il y a un vrai enjeu d'adoption autour de l'application », a-t-il relevé.

Des chiffres qui ne réjouissent pas le Gouvernement, notamment comparés à l'Allemagne et au Royaume-Uni : leur application a été téléchargé respectivement par 18 millions et 15 millions de personnes. Sur l'expérience européenne plus fructueuse que celle française, Cédric O défend toutefois les choix techniques qui ont été faits et qu'il considère comme bons. « Les Allemands et Anglais sont incapables de vous dire combien de notifications ont été reçues, car l'ensemble de l'architecture est entre les mains d'Apple et de Google. Nous, on sait ce qui se passe et on sait que ça marche mal », a-t-il déclaré avec honnêteté. « Certes nous ne faisons pas partie du cadre d'interopérabilité des applications européennes. Mais nous avons en France, une application qui fonctionne et qui n'a rien à envier techniquement aux applications fonctionnant avec la solution mise en place par Apple et Google », a-t-il ajouté.

Interrogé sur les causes de cet échec, Cédric O a formulé plusieurs hypothèses : « Je ne sais pas pourquoi elle n'est pas suffisamment téléchargée. Nous sommes à la croisée de plusieurs éléments ». Premier constat, il ressort des sondages d'opinion que les Français ne voient pas l'intérêt qu'ils ont à la télécharger. Elément qui a son importance, l'application Stopcovid est sortie au moment du déconfinement, à une période où les gens avaient moins peur du virus. Pour le secrétaire d'Etat, relancer l'application dans le contexte actuel de remontée de l'épidémie et de durcissement des règles, peut être propice à une hausse du nombre d'installations. A cela s'ajoute une peur persistante s'agissant du traitement des données personnelles des utilisateurs, alors même que la CNIL a déclaré, en septembre dernier, l'application conforme au Règlement européen. « Je pense qu'en partie, les questionnements et polémiques sur la question de l'application ont pu créer de la méfiance chez les Français. Je ne peux que le regretter », a déploré Cédric O.

Responsabilité assumée

Sur la question de la responsabilité du Gouvernement, soulevée par un sénateur présent à l'audition, le secrétaire d'Etat a répondu sans détour :« Je suis extrêmement clair : je prends ma part de responsabilité pleine et entière dans le fait que cette application ait insuffisamment rencontré son public. Si je vous ai donné l'impression de me défausser alors c'est une erreur de ma part ».

Face au manque d'intérêt de la population pour le téléchargement de l'application, ce dernier soulève une insuffisante pédagogie de la part des pouvoirs publics. « Sans doute le Gouvernement et moi-même avons été insuffisamment pédagogiques », a-t-il avoué. En effet, il ressort des enquêtes d'opinion que les Français comprennent d'autant moins l'intérêt de l'application lorsqu'ils portent un masque ou qu'ils sont avec des gens qu'ils connaissent. Cédric O en appelle donc à bien rappeler à la population à quelles occasions il faut avoir Stopcovid et la réactiver, car « une fois fermée, l'application n'est plus utile », a-t-il précisé.

Cédric O a également reconnu que le Gouvernement n'aurait pas de « seconde chance ». « Si nous relançons l'application, nous devons savoir quelles sont les modifications techniques que nous voulons précisément et tenir compte des expériences réussies des pays européen voisins », précisant que « la réussite des applications en Europe est l'exception, pas la règle ». D'où la nécessité, selon le secrétaire d'Etat, de prendre le temps des modifications techniques pour que le second lancement réussisse.

Relancer la machine avec l'aide des professionnels

En cette rentrée, et alors que les chiffres de l'épidémie remontent, le nombre de téléchargements augmente lui aussi, mais insuffisamment, avec 6 à 10 000 téléchargements par jour.

Questionné sur la façon de relancer l'application, Cédric O en appelle à l'aide des professionnels, des « alliés » et des relais, qu'il s'agisse des médecins généralistes ou encore des professeurs d'université, des professionnels hôteliers ou encore des restaurateurs qui, s'ils estiment que l'application est utile, doivent faire véhiculer ce message. « Si les responsables de cafés, hôtels, restaurants, estiment que c'est quelque chose qui aidera à ne pas refermer les établissements, alors il faut qu'ils nous aident, (...) ça nous évitera de prendre les mesures que nous sommes forcés de prendre », a-t-il ajouté. « Il faut que ce soit un combat collectif », a-t-il conclu.




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