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Stéphanie Fougou : L'AFJE reconnue comme prestataire de formation

À la faveur de la cinquième édition du Campus des juristes d'entreprise, Stéphanie Fougou, présidente de l'AFJE, annonce que l'association vient d'être reconnue comme prestataire de formation. Elle fait également le point sur les sujets d'actualité qui secouent cette profession toujours en quête de confidentialité.
Stéphanie Fougou : L'AFJE reconnue comme prestataire de formation

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Affiches Parisiennes : Quels sont les enjeux de ce 5e Campus des juristes d’entreprise ?

Stéphanie Fougou : Campus est à présent un rendez-vous récurrent des juristes d’entreprise à l’occasion duquel nous devons être à la hauteur des attentes de nos adhérents. Il nous revient donc de le faire vivre, d’inclure au programme des thématiques nouvelles, tout en conservant les grandes lignes de fond des Campus précédents, au travers des ateliers de « hard skills » (techniques juridiques) et de « soft skills » (techniques comportementales et managériales). L’équipe organisatrice du Campus, menée cette année par Véronique Chapuis, vice-présidente de l’AFJE, s’attache chaque année à proposer des ateliers au plus proche de l’actualité. L’atelier 6 « Appréhender le projet de réforme du droit des contrats » est un bon exemple. Il est consacré à la réforme du code civil, à travers la responsabilité contractuelle. Autour de ce thème, nous avons réuni Bruno Dondéro, professeur à Paris I Panthéon Sorbonne, Maurice Bensadoun, directeur juridique Veolia Eau, et Anne-Laure Gaudillat, juriste Armines. La gestion contractuelle est au cœur du métier de juriste d’entreprise, dans son ADN. De même en compliance, nous proposons un atelier consacré aux facteurs de succès de ce type de programme en entreprise, un atelier concret et pragmatique. D’autres points d’actualité ont été ciblés, comme la question du « Big Data » ou le projet de loi sur le devoir de vigilance. Nous abordons aussi le droit comparé anglo-saxon/français, notamment sur les fameuses différences en termes de dommages et intérêts avec une session en anglais. Nous parlerons également leadership, carrière… avec de grands directeurs juridiques expérimentés.

Le troisième temps fort de ce Campus est la table ronde d’ouverture axée sur la question de la confidentialité. Elle constitue un point d’étape au terme d’un premier semestre dense. Nous aurons le plaisir d’y accueillir un DRH, Jean-Christophe Sciberras, l’ancien président de l’ANDRH (Association nationale des directeurs des ressources humaines, ndlr), et un grand dirigeant, Thierry Hurtes.

A.-P. : Pourquoi ce thème est-il si important malgré la résolution du CNB qui a refusé la confidentialité aux juristes d’entreprise ?

S. F. : Pour nous, ce sujet reste crucial et une anomalie en Europe. C’est une vraie carence pour les entreprises françaises. Les enjeux soulevés, notamment les problèmes de compétitivité, sont de plus en plus prégnants et les cas concrets en défaveur des entreprises françaises se multiplient. Aucune solution n’a été apportée. La défense du droit et du système juridique français à travers deux professions puissantes – avocats et juristes d’entreprise –, capables de le valoriser à l’international, demeure une opportunité manquée. La bonne nouvelle, c’est que ce sujet est à nouveau sur la table depuis quelques mois, que les dirigeants se sont exprimés. Les sénateurs et les députés s’en sont emparés, reconnaissant même qu’il y avait un vrai problème. Aucune solution n’a pourtant émergée. Les pistes pragmatiques que l’AFJE a proposées n’ont pas été retenues finalement même si nombreux sont ceux qui les ont trouvées simples et efficientes.

Les juristes d’entreprise ont été très déçus par bon nombre d’attitudes de refus et conservent l’espoir dans le prochain projet de loi sur la Justice du XXIe siècle. Nous leur ferons un point d’étape et répondrons à leurs questions.

A.-P. : Le Campus est un lieu de rencontres, d’échanges… Est-il également ouvert aux non-membres ? Souhaitez-vous également inviter des avocats ?

S. F. : Bien sûr. Tous ceux qui ne sont pas adhérents AFJE, mais qui souhaitent bénéficier de cette formation, sont les bienvenus sur ce Campus.

A.-P. : Est-il envisageable de voir un jour un Campus commun et des formations communes avec les avocats ?

S. F. : Les barreaux proposent des cycles de formation continue très riches et adaptés à la profession d’avocat. Nous proposons des formations dédiées aux juristes où ceux-ci retrouvent leurs question s quotidiennes dans un programme adapté à leurs enjeux. Certains sujets se recoupent entre avocats et juristes, à l’évidence et nous croisons bien souvent nos travaux. À cet égard, par exemple, nous participons à certains colloques organisés par l’ACE. Cependant certains ateliers sont spécifiques aux juristes (knowledge management, gestion d’une filière juridique, cas concrets de compliance en entreprise…). Les regards croisés sont intéressants, même s’il y a toujours besoin de formations dédiées selon les modes d’exercice des professions.

A.-P. : Aujourd’hui, la formation des juristes d’entreprise n’est pas obligatoire. Quelle est la position de l’AFJE, alors qu’elle fait beaucoup d’efforts sur ce point ? Va-t-on vers une obligation de la formation continue ?

S. F. : C’est avant tout l’une des missions prioritaires de l’AFJE que d’apporter des réponses aux besoins des juristes d’entreprise.Les besoins de chaque juriste dépendent largement des profils des directions juridiques. Certaines entreprises disposent déjà en interne d’une grande capacité d’autoformation, souvent de bon niveau. D’autres entreprises sont demandeuses, notamment pour leurs jeunes et les juristes qui souhaitent faire évoluer leur carrière. Le droit est une matière qui évolue beaucoup et n’est pas une science exacte. À cet égard, il est naturel et nécessaire pour les juristes de se tenir toujours informés et d’échanger sur les interprétations juridiques. Les entreprises elles aussi sont très changeantes et leurs besoins se diversifient. Nos formations ont pour objectif de répondre à ces changements et apporter des réponses concrètes au travers des expériences de chacun. Notre nombre et nos relations avec des interlocuteurs étrangers nous permettent d’apporter une vision comparative et concrète.

Par ailleurs, depuis trois mois, l’AFJE est reconnue comme prestataire de formation. C’est pour nous une nouvelle étape. Ceci offre donc la possibilité aux entreprises de faire entrer les formations délivrées par l’AFJE dans leur plan de formation et de participer financièrement à ce plan.

A.-P. : Va-t-on voir apparaître un Ordre professionnel des juristes d’entreprise, à l’image de la Belgique, par exemple ? Quid de l’inscription à l’Ordre des avocats ?

S. F. : En Belgique, l’Institut belge a été consacré par une loi de 2000. Si cela est reconnu en France comme une réponse utile et efficace, nous y sommes prêts. Tout cela dépend de la volonté politique. Quant à l’inscription à l’Ordre des avocats, aujourd’hui, à quel titre ? C’était envisageable lorsque nous discutions de l’éventualité d’un avocat en entreprise pour les juristes d’entreprise. Si la profession d’avocat n’est pas assez ouverte pour cela, la participation à leur Ordre n’a pas de sens.

A.-P. : Quelle est, par ailleurs, votre approche de l’interprofessionnalité ?

S. F. : L’interprofessionnalité est une ouverture aux rapprochements des professions. Le projet vise aujourd’hui les experts-comptables et les avocats. À dire vrai, il me semble que les experts-comptables sont plus proches des juristes d’entreprise. En tout état de cause, je suis favorable à la complémentarité des professions et y vois le reflet d’une réalité où les métiers se doivent de travailler de manière plus proche et mieux se connaître.

A.-P. : Les experts-comptables qui vont intégrer des avocats au sein de leurs cabinets ne vont-ils pas représenter une réelle concurrence pour les juristes d’entreprise ? L’expert-comptable semble avoir une place privilégiée au sein de l’entreprise…

S. F. : L’expert-comptable connaît souvent très bien l’entreprise et travaille en bonne intelligence avec les juristes. Nous ne pouvons que nous en féliciter du rapprochement avec les avocats si cela permet que ces deux professions nous connaissent mieux et puissent répondre plus opportunément à nos besoins. Il n’y a pas de concurrence mais plutôt une complémentarité utile. Ceci ne devrait que permettre une plus grande expertise et un meilleure adaptation aux attentes de l’entreprise.

A.-P. : Comment voyez-vous l’avenir du Campus AFJE ?

S. F. : Avec beaucoup d’enthousiasme et de nombreux projets. Le campus est et restera le pivot, le socle du programme global de formation. Nous proposons à ce jour quelque 200 rencontres par an, des ateliers juridiques, des ateliers carrière, des colloques et séminaires. Le Campus est un moment incontournable et particulier d’une journée pendant laquelle tous nos juristes se croisent, sélectionnent des thèmes pour se rafraîchir les idées, découvrent de nouvelles perspectives…

On peut imaginer un Campus sur deux jours, avec des intervenants étrangers en complément et des reprises en mode numérique.

Il y a toujours à inventer et nous ne manquons pas d’imagination.

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