AccueilInterviewStéphanie Delestre, co-fondatrice de Qapa : "le fameux plafond de verre existe toujours..."

Stéphanie Delestre, co-fondatrice de Qapa : "le fameux plafond de verre existe toujours..."

La crise continue d'amplifier le phénomène du chômage en France. Le gouvernement a annoncé des mesures, notamment la création de 100 000 contrats d'avenir, mais sont-ils réellement efficaces ? Rencontre avec Stéphanie Delestre, la fondatrice de Qapa, l'un des tops 3 du recrutement en ligne, qui décrypte avec nous la situation de l'emploi en France.
Stéphanie Delestre, co-fondatrice de Qapa :
© Qapa

ActualitéInterview Publié le ,

Sophie Delestre, la France accuse un taux de chômage toujours aussi fort, près de 10,5 % de la population, c’est plutôt bon pour QAPA ?

S.D : C’est toujours une mauvaise nouvelle pour tous. Le chômage est l’ennemi commun. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous avons lancé Qapa afin de faire baisser le taux de chômage en France. De plus, une augmentation du chômage ne signifie pas, dans un contexte de crise, plus d’offres d’emplois.

La réalité, c’est qu’il y a moins d’offres disponibles sur le marché et donc moins de fluidité. C’est une très mauvaise nouvelle et il faut véritablement tout faire en France pour changer les choses.

D’après votre baromètre de l’emploi, les hommes semblent postuler pour des postes qui ne leurs étaient pas dédiés autrefois...la crise peut-elle a elle seule, expliquer ce changement ?

SD : La première chose que je constate en tant que femme, c’est que le fameux plafond de verre existe toujours. Par exemple, nous constatons dans les tops 10 des emplois les plus demandés sur Qapa, qu'il y a finalement peu de femmes qui postulent pour des postes à grandes responsabilités de management. Donc, encore une fois, les femmes se restreignent.

En revanche, la situation actuelle montre d’abord qu’en situation de crise, bien souvent les effets sont comme un Tsunami et ne se font pas sentir dans l’immédiat. Nous constatons par exemple un afflux de femmes qui recherchent un emploi parce qu’elles ont été licenciées.

Les premiers effets de la crise sont ce surnombre de femmes qui arrivent sur le marché et c’est quelque chose de récurrent que l’on peut constater à la fois chez les femmes, mais aussi chez les jeunes.

La deuxième chose, nous constatons une tendance il est vrai chez les hommes sur le fait de postuler pour des métiers autrefois dédiés aux femmes. La loi des genres s’estompe et finalement les hommes se disent « nous allons aussi devenir vendeurs dans des boutiques de prêts-à-porter, garder des enfants ou encore assister un cadre dirigeant.. »

Il est d’ailleurs surprenant de constater, d’après vos chiffres, qu'à l'heure actuelle le secrétariat est à parité égale entre hommes et femmes ?

S.D : En effet, mais attention car sous le terme secrétariat, il est existe aujourd’hui une multitudes de métiers qui ne sont pas uniquement dédiés à des taches administratives, il y a des tas de métiers proches de cette dénomination. Par exemple, assister un cadre dirigeant dans son quotidien. Effectivement, les hommes postulent de plus en plus à ces métiers et tant mieux !

Des avancées sont constatées à ce niveau mais concernant les salaires, l’inégalité persiste belle et bien…

S.D : Oui, mais nous constatons tout de même que sur des postes typiquement féminins, les femmes se démarquent et arrivent à être mieux payées que les hommes. Je pense par exemple aux postes d’esthéticiennes.

De façon générale, ne rêvons pas, les femmes subissent toujours les effets de la crise et ce, beaucoup plus que les hommes. Ensuite, les femmes se restreignent toujours plus sur des postes qu’elles pensent faits pour les hommes. Souvent, elles vont se porter candidates en étant sur-diplômées. C’est un phénomène récurrent. L’écart salarial reste encore assez significatif, mais ce n’est pas énorme non plus.

Sortons un peu du sujet et dirigeons-nous sur les réformes choisies en matière d’emploi, notamment concernant les contrats d'avenir. Le groupe SNCF vient d’annoncer qu’il embaucherait 10 000 personnes en 2013, dont une multitude de ces nouveaux contrats. Pensez-vous qu'ils aient une réelle efficacité ?

S.D : Pour le moment, nous constatons que ces contrats d’avenir ont du mal à se mettre en place. Sur les 100 000 postes qui devaient être subventionnés par l’Etat, nous sommes déjà à deux mois du lancement et il n’y a que 8 000 contrats qui ont trouvé preneurs.

Aujourd’hui ce que je constate, c’est que les recruteurs recherchent avant tout de bons candidats. Sur les métiers de techniciens à partir du Bac ou à Bac +2, je ne suis pas sûre que ces contrats auront une réelle efficacité. Il faudrait je pense, informer davantage les entreprises et en particulier les TPE-PME sur ces dispositifs.

L’idée serait peut-être de mettre en place un numéro qui permettrait aux PME de pouvoir être accompagnées sur ce sujet.

Concernant l’accompagnement, je souhaiterais rappeler que Qapa a été pensé pour simplifier la vie aux recruteurs, donc aux entreprises et ce, pour fluidifier le marché de l’emploi. Aujourd’hui, la Marine, l’Armée de Terre, Orange, le Groupe Mulliez nous font confiance. Les TPE et PME ne doivent pas hésiter à également profiter de notre expertise pour faciliter leur recrutement.

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