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Soldes d'été : des stocks importants pour de rares clients

le - - Actualité - Région Île-de-France & Grand Paris

Soldes d'été : des stocks importants pour de rares clients

Les soldes d'été ont débuté mercredi matin dans un contexte de forte attente de la part des commerçants parisiens qui doivent en quatre semaines écouler des stocks importants et reconstituer leur trésorerie mise à mal par la crise sanitaire. Déjà très touchée par plusieurs semaines de mouvements sociaux divers, l'activité des magasins parisiens n'a que très partiellement repris. Décryptage du CROCIS, l'observatoire de la CCI Paris Ile-de-France.

Les commerçants évoquent des mesures sanitaires contraignantes et un climat anxiogène, mais aussi une remise en cause de la consommation, en particulier dans l'habillement. Les commerçants indépendants sont particulièrement inquiets.

« Annus horribilis » pour les commerçants parisiens

Les commerçants parisiens ont dû faire face ces derniers mois à de multiples mouvements sociaux qui les ont empêchés de mener une activité commerciale normale : manifestations des « gilets jaunes » les samedis, longue grève des transports qui a paralysé la région francilienne, et enfin arrêt total de l'activité en raison de la crise sanitaire. C'est pourquoi ils indiquent disposer de stocks particulièrement élevés cette saison : « Toutes les pièces de demi-saison, les chemisiers à manches longues, les blazers, les tailleurs, tout ça aurait dû se vendre en mars avril et nous est resté sur les bras », indique la gérante d'une boutique de prêt à porter multimarques.

Même après la fin du confinement, les clients ne se sont pas rués dans les commerces : « Beaucoup de personnes ont été au chômage partiel et n'ont pas touché leur salaire habituel, et même si c'est le cas, les gens sont inquiets, le climat est anxiogène, je pense qu'ils font des économies car ils ont peur de l'avenir », témoigne un commerçant indépendant.

Mais les commerçants ont continué à devoir payer leurs charges, c'est pourquoi ils soulignent la nécessité vitale de déstocker pour se reconstituer une trésorerie, faire de la place et pouvoir acheter les collections d'automne-hiver.

Des ventes privées anticipées avant les départs en vacances

Le Gouvernement a décidé de décaler les soldes, initialement prévues le 24 juin, au 15 juillet afin de permettre aux commerçants de vendre au prix fort pendant quelques semaines à la sortie du confinement. Mais certains commerçants se demandent si ce choix était le bon :

« Au week-end du 14 juillet, Paris s'est vidé d'un coup, et comme il n'y a pas de touristes, notre boutique reste vide pour ce premier jour des soldes », indique le gérant d'un commerce de luxe de Saint-Germain-des-Prés.

Avec une clientèle habituelle de bureau actuellement en télétravail et les touristes très peu nombreux, les commerces du quartier des Champs-Elysées, notamment dans le luxe, sont particulièrement touchés. Plusieurs grandes enseignes avaient d'ailleurs décidé de lancer leurs ventes privées dès la fin du mois de juin afin de tenter de toucher les consommateurs avant les départs en vacances.

Des mesures sanitaires qui freinent la consommation en magasin ?

Les commerçants doivent isoler les vêtements essayés ou les passer à la vapeur et nettoyer les cabines entre chaque client : « ça monopolise le personnel qui ne peut plus s'occuper de conseiller les clientes, et ça crée une file d'attente devant les cabines qui peut décourager », indique une commerçante.

De plus, le président de la République a évoqué lors de son discours du 14 juillet que le virus revenait et que le masque serait très bientôt obligatoire dans tous les lieux clos.

« Annoncer ça la veille de l'ouverture des soldes, ça ne fait pas une bonne publicité pour les magasins », se désole la gérante d'une grande enseigne de prêt-à-porter féminin.

« En magasin, c'est très calme, même aujourd'hui, en revanche, je sais que sur notre site internet dès hier de nombreuses clientes avaient préparé leur panier d'articles, je pense que les clientes se reportent énormément vers internet maintenant, tant que le risque sanitaire n'a pas disparu », ajoute-t-elle.

Certains commerçants pensent que cette crise sanitaire va précipiter la fermeture de nombreux magasins, car l'achat sur internet, déjà jugé rapide et facile, est maintenant considéré aussi comme plus sûr. « Beaucoup de commerçants qui vivotaient tant bien que mal ne vont plus être en mesure de payer leur loyer, c'est certain, c'est la fin d'une époque, enfin pour les indépendants au moins », prévoit la gérante d'un commerce multimarques.

Vers un nouveau modèle de consommation ?

Avec la crise sanitaire, à l'inquiétude sur l'avenir s'ajoute la forte montée en puissance d'une tendance, observée depuis plusieurs années, de remise en cause de la surconsommation, en particulier dans l'habillement.

« En restant chez elles, les clientes ont trié leur placard et se sont aperçues qu'elles avaient acheté beaucoup d'articles qu'elles ne mettaient jamais », indique une commerçante en prêt-à-porter.

« Il y a eu une prise de conscience écologique des méfaits de la fast-fashion, on le sentait déjà depuis plusieurs années, les clientes achetaient moins, même en soldes, ce n'était plus la même frénésie devant les articles à petits prix, mais là on dirait qu'elles ne veulent plus acheter que de l'utile, des basiques », ajoute une autre.

Les soldes dureront quatre semaines, les commerçants sont dans l'expectative : « Nous espérons qu'en septembre, la rentrée nous permettra de repartir sur de bonnes bases, que le danger sera écarté et que l'envie de se faire plaisir reviendra après ces mois d'incertitude mais, si le virus redémarrait fortement, ce serait vraiment la catastrophe ».

Enquête réalisée par le CROCIS de la CCI Paris Ile-de-France le 15 juillet auprès d'une cinquantaine de commerçants parisiens. Le 6 août, le CROCIS dressera un bilan définitif des résultats des soldes à partir d'une enquête réalisée auprès d'un échantillon représentatif de 300 commerçants parisiens, complétée par 80 entretiens en face-à-face, qui appréciera le succès des soldes d'été 2020 dans les commerces parisiens.




Anne MOREAUX
Journaliste

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