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Soldes d'été 2016... Bien loin du beau fixe

Au terme de sa traditionnelle étude de fin de soldes d'été, l'Observatoire économique régional (Crocis) de la Chambre de commerce et d'industrie de Paris – Île-de-France, relève « une insatisfaction générale des commerçants ».
Soldes d'été 2016... Bien loin du beau fixe

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L'enquête du Crocis, menée auprès de 300 commerçants parisiens, sur l'ensemble des arrondissements, dans tous les secteurs d'activité concernés par les soldes, souligne qu'« après un printemps gris et pluvieux qui n'a pas incité les clients à consommer, les commerçants parisiens espéraient écouler leurs stocks d'articles estivaux lors des soldes. Mais le contexte négatif (météo pluvieuse, crise économique, crainte des attentats), la multiplication pour les clients des occasions d'acheter à prix réduits tout au long de l'année (promotions, ventes privées) et la concurrence accrue des ventes par internet ne leur ont pas permis d'obtenir un résultat à la hauteur de leurs attentes ».

Des commerçants déçus

L'étude précise que « 63 % des commerçants se déclarent insatisfaits du chiffre d'affaires réalisé ». Pour expliquer en partie ces mauvais résultats, l'analyse de Bénédicte Gualbert et Julien Tuillier met en relief « la conjugaison de plusieurs facteurs, notamment la baisse du pouvoir d'achat des consommateurs, caractérisée par un panier moyen en berne, et les événements tragiques survenus en novembre 2015 ».

Selon l'enquête du Crocis, concernant la baisse du pouvoir d'achat des consommateurs, « 77 % des commerçants jugent que la crise économique a eu des répercussions importantes ou très importantes pour la clientèle. Le panier moyen en période de soldes est en baisse par rapport à l'été dernier, selon 55 % des commerçants. »

Les événements dramatiques de l'actualité ont également contribué à cette morosité commerciale. Comme le précise le Crocis, « avant même les soldes, la saison printemps-été s'est avérée bien décevante, puisque 77 % des commerçants jugent peu ou pas satisfaisante l'activité de leur magasin pendant la saison. En cause, notamment, un printemps très pluvieux qui n'a pas incité les consommateurs à se lancer dans l'achat d'articles d'été. 30 % des commerçants jugent, par ailleurs, « que les soldes ont démarré trop tôt cette saison ».

De plus, la clientèle étrangère semble avoir déserté la région parisienne, puisque, pour 89 % des personnes interrogées, « la fréquentation touristique est en baisse ». Même l'Euro de football n'a pas joué en faveur du commerce. Selon 89 % des commerçants, « les répercussions de l'Euro 2016 sur leur activité auront été faibles ou nulles ».

Beaucoup de prudence

Comme le précise l'étude du Crocis, « dans ce contexte de pouvoir d'achat en berne, les commerçants sont très prudents dans la gestion de leurs commandes ». Malgré cela, au début des soldes, « 34 % des commerçants avaient des stocks supérieurs à l'été dernier ». Depuis plusieurs saisons, les commerçants doivent ainsi pratiquer des rabais assez importants dès le début des soldes pour motiver les consommateurs et les faire revenir dans les magasins. En raison de stocks relativement importants, « 65 % des commerçants n'avaient toujours pas mis en place la nouvelle collection en quatrième semaine de soldes, contre 40 % en 2015 ».

Depuis plusieurs années, les commerçants s'efforcent de redonner envie aux consommateurs de revenir dans les magasins. Pour cela, ils organisent diverses opérations promotionnelles, en particulier des ventes privées à destination de la clientèle fidèle recensée dans leurs fichiers. Cette saison, « ils ont été 50 % à les proposer, contre 61 % l'été dernier ». Pour le Crocis, c'est peut-être le début d'une remise en cause : « Si, pour 61 % des commerçants, ces opérations ont donné des résultats satisfaisants, ce pourcentage est en nette baisse : ils étaient 79 % l'année dernière. Et surtout, 44 % des commerçants n'ont pas l'intention de proposer des ventes privées ou promotions dans les six prochains mois. Ils souhaitent ne pas multiplier les périodes de vente à prix réduits car cela désoriente le consommateur et le dissuade d'acheter au plein tarif ».

De plus, ces opérations « cannibalisent » les soldes car, bien souvent, elles sont proposées juste avant la date de démarrage des soldes : un quart des commerçants a pratiqué ces ventes privées dans la première quinzaine de juin, soit juste avant les soldes.

L'offensive internet

De leur côté, les ventes sur internet ne cessent de progresser. Selon la Fevad, sur les trois premiers mois de l'année, « les ventes sur internet ont augmenté de 16 % par rapport au 1er trimestre 2015. Le nombre de transactions a de son côté augmenté de 21 % sur la même période ». D'après l'étude du Crocis, « les commerçants perçoivent clairement cette évolution : « ils sont aujourd'hui 61 % à penser qu'internet représente une vraie concurrence pour leur activité pendant les soldes ».

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