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Sobériser : des entrepreneurs promeuvent une croissance sobre

Un collectif de dix auteurs membres de la Fondation nationale entreprise et performance (FNEP) publie un ouvrage prônant l'innovation frugale, une façon de “faire mieux avec moins“. Les initiatives mises en avant dans le livre “#SOBÉRISER, Innover pour un monde durable“ ouvrent des perspectives concrètes pour un monde plus sobre, consommant mieux, et créant davantage sans épuiser ni la planète ni l'humanité.
Sobériser : des entrepreneurs promeuvent une croissance sobre

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« Sobériser signifie s'engager dans une croissance économique avec sobriété », explique Marie-Hélène Morvan, porte-parole du collectif. L'objectif est de promouvoir un développement harmonieux. Il s'agit d'« une vision d'avenir nécessaire », pour la directrice du programme Perform 2020 chez Air France.

L'ouvrage du collectif prouve, exemples à l'appui, que les principes de l'innovation frugale (lire encadré), de l'économie circulaire et de l'innovation participative ouvrent la porte à une économie d'un nouveau type : solidaire et responsable.

Concilier compétitivité et sobriété

Séduites par ce projet multifacettes, et après avoir édité deux ouvrages sur l'innovation, les Presses des Mines publient pour la première fois un ouvrage de la FNEP. Destiné à un large public, il ambitionne d'inspirer les décisions économiques, sociales et environnementales.

Orienté vers l'action, ce recueil d'initiatives “sobres” propose des trajectoires positives et enthousiasmantes pour transformer nos économies et nos sociétés, avec une attention constante à l'équilibre des ressources et au respect de l'humain.

Si les dix auteurs du collectif FNEP ne sont pas des professionnels du sujet à proprement parler, ils ont tout de même passé une part significative de 2017 et 2018 à étudier le thème “comment concilier compétitivité et sobriété”, et faire un “tour du monde” des initiatives en la matière.

Pour ces experts, la science a beaucoup de choses à nous proposer mais il faut veiller aux usages que l'on fait des innovations. L'impératif de sobriété permet l'allocation durable des ressources, compliquée à rééquilibrer aujourd'hui.

«Le leitmotiv global étant l'équilibre de la consommation par rapport à ce que la Terre peut nous fournir», souligne Robert Muhlke, directeur de programme ‘Prestations concurrentielles' chez GRTgaz, membre du collectif.

Lors de ses différents voyages à la rencontre de “soberisateurs”, il a eu un coup de cœur pour l'Estonie qui utilise la puissance du digital pour le développement durable avec son "World Clean-up day" le 15 septembre.

Cet ouvrage essaye de faire virer l'économie traditionnelle vers davantage de développement durable et d'écologie, et un monde où « le collectif prime sur l'individu, à l'inverse de l'uberisation ». Il a donc un lien avec l'approche philosophique de Pierre Rahbi et sa sobriété heureuse, considérée toutefois comme trop clivante par le collectif.

« Nous avons besoin de l'économie conventionnelle et de l'innovation pour aller dans le développement durable », considère Marie-Hélène Morvan.

Convaincre le monde économique

Pour les auteurs du recueil, la sobriété est « une nécessité absolue pour un monde durable ». Afin de faire comprendre cela à l'opinion publique, pour s'ancrer dans les modèles économiques et sociétaux, pour qu'elle soit acceptable et acceptée par le plus grand nombre, « la sobriété doit s'allier et encourager l'innovation plutôt que s'y opposer ».

C'est finalement une question de comportement et d'état d'esprit. Il s'agit de transformer nos usages, et nos modèles économiques. Les hommes politiques, mais aussi et surtout les dirigeants d'entreprise, ont ainsi un rôle majeur à jouer.

« Il n'y aura aucune économie durable non-basée sur des principes écologiques », commente Gilles Bœuf qui a préfacé l'ouvrage. “ J'aime cet ouvrage car il est là pour dire que les choses très probables qu'on nous promet ne se réalisent pas (…)
L'entreprise a un rôle fondamental sur ce sujet, qui tient finalement juste du bon sens », ajoute ce célèbre biologiste français ancien président du Muséum national d'histoire naturelle.

En outre, l'ouvrage est très positif grâce au coup de projecteur qu'il met sur différentes initiatives réussies.

Fortement engagé dans cette action, le collectif ambitionne ainsi de créer une association pour diffuser cette attitude positive dans le monde économique.

«Nous souhaitons aller très loin dans la sobérisation de l'économie et des usages raisonnés de l'énergie», confie Ahcène Gheroufella chargé de projets à Expertise France.

La transition vers un monde plus sobre ne se fera pas contre l'économie conventionnelle, mais avec elle. Du reste, contrairement aux idées reçues, la sobriété intéresse l'entreprise, car elle s'applique parfaitement aux processus de production, diminuant les coûts, créant alors performance et valeur économique.

Si voir la sobriété sous cet angle nécessite probablement une certaine maturité sociale, et une bonne dose de créativité marketing pour la rendre désirable, il n'en demeure pas moins que c'est le pari réussi de cet ouvrage original.

L'innovation frugale

​Conceptualisé par l'auteur Navi Radjou (photo ci-contre), que les membres du collectif ont eu l'honneur de rencontrer, le processus d'innovation frugale amène à réduire la complexité et le coût de la chaîne de création dans un contexte où l'innovateur a peu de moyens. Ce penseur de l'entreprise indien a ainsi développé une démarche où la solution créée est épurée à son maximum pour répondre précisément au besoin, sans concession sur ce dernier et sans ajout superflu. Cette simplicité de solution permet à l'innovateur de diminuer ses coûts, donc ses prix, pour finalement rendre sa solution accessible sur un marché pour lequel les solutions occidentales sophistiquées sont souvent inabordables. Par exemple, Siemens a développé une machine à laver à prix modique ne proposant que trois programmes. L'innovation trouve alors souvent son origine dans la contrainte, c'est le système D.

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