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Smartcity et la 5G ou la technologie au service de notre environnement

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Smartcity et la 5G ou la technologie au service de notre environnement
© DR - de gauche à droite : David Navarro, Jacques Bourhis et Hatem Oueslati

Hatem Oueslati, CEO de IoTerop, start-up spécialisée dans la gestion à distance et la sécurité des objets connectés, aborde les enjeux de la Smartcity, dont le réseau 5G est un levier indispensable de déploiement, qui vise tant l'amélioration de notre vie quotidienne qu'à plus grande échelle la réduction de notre empreinte énergétique et la préservation de l'environnement.

Affiches Parisiennes : Vous êtes le co-fondateur de la start-up IoTerop, spécialisée dans la gestion à distance et la sécurité des objets connectés. Comment votre entreprise a-t-elle traversé l'année 2020 marquée par la crise sanitaire et quels sont vos projets pour 2021 ?

Hatem Oueslati : Pour nous, l'année 2020 ne s'est pas trop mal passée. On avait levé des fonds en octobre 2019, ce qui nous a permis de continuer notre politique et notre plan d'accélération. En 2020, on a plus que doublé nos effectifs malgré la crise, on est passé de 9 à un peu plus de 20 salariés aujourd'hui. Il nous a donc fallu accueillir et recruter en plein dans ce complexe particulier, ce qui implique une logistique opérationnelle assez complexe mais on a réussi à passer le cap.

Ensuite, d'un point de vue business, on s'est quand même particulièrement concentré des zones d'activité qui étaient un peu moins touchées par la crise. Quand on était en plein confinement, en Europe, dès le mois de mars, on s'est plutôt concentré sur le business en Asie et en Australie, qui était un petit peu moins touché par la crise à ce moment-là. On a donc quand même pu vendre nos offres et contractualiser avec des grands acteurs en Australie, en Asie, au Japon notamment.

On a continué à faire du business, on s'est lancé dans un partenariat avec Amazon en fin d'année, on a annoncé un partenariat avec PSA et Thales dans le domaine de l'automobile mais également un autre avec Atos, en France. On a réussi à télétravailler, à être relativement efficaces et se concentrer là où le business était le plus porteur. Pour 2021, nous sommes toujours dans une perspective d'accélération, on prévoit de recruter encore une dizaine de collaborateurs. On a déjà recruté une personne en janvier, on en cherche une autre en qualité logicielle et on mènera encore quelques embauches en fonction de notre activité business.

A.- P. : A l'origine, votre start-up est spécialisée dans la gestion à distance des objets connectés dans le secteur des compteurs d'eau. Avez-vous élargi votre activité à d'autres domaines depuis ?

H. O. : On travaille dans pas mal de secteurs adjacents que les compteurs. On est spécialiste de la sécurité et de la gestion à distance des objets connectés. On est très moteur dans les organismes de standardisation internationaux qui définissent les normes de sécurisation et de gestion à distance des objets connectés. A ce titre, on siège à l'Open Mobile Alliance auprès des grands opérateurs et des grands leaders technologiques tels que T-mobile, AT&T ou encore Arm et Qualcomm, et on définit ensemble des normes pour la sécurité et la gestion à distance de l'Internet des objets (IOT), sur le plan mondial. On contribue à ces normes et on vend des solutions logicielles qu'on va fournir à des constructeurs d'objets connectés sur plein de segments différents.

Donc, effectivement, c'est le cas des fabricants de compteurs qui vont utiliser nos logiciels pour pouvoir gérer à distance leurs compteurs de manière sécurisée. Aujourd'hui, on déploie nos solutions logicielles avec un fabricant de compteurs australien, qui s'appelle EDMI, qui mène nos technologies des compteurs d'eau intelligents. On travaille également avec Itron aux Etats-Unis qui les utilisent dans des solutions qui permettent de gérer l'éclairage public des villes, grâce à des lampadaires connectés par exemple. On travaille également dans le secteur de la logistique avec Traxens en France, qui utilise nos technologies dans des services de gestion de conteneurs intelligents pour les géolocaliser quand ils sont dans des cargos et recevoir une information en temps réel sur la marchandise transportée, les vibrations, les chocs etc.

On est aussi présent dans le secteur automobile comme je le disais, PSA et Thalès utilisent nos solutions pour activer à distance de nouveaux services dans les véhicules et on travaille également dans la Smartcity, la ville intelligente, sur plein de cas d'usage différents. Enfin, comme on l'a annoncé l'année dernière, nous avons lancé un nouveau service pour véhiculer les données des objets connectés contraints sur la 5G vers le Cloud d'Amazon AWS IoT Core en partenariat avec Amazon Web Services et nous travaillons avec Adeunis qui utilise nos solutions dans l'instrumentation des bâtiments intelligents.

A.- P. : Concrètement, à quoi ressemblerait la ville intelligente de demain grâce aux objets connectés ? Comment amélioreront-ils la vie quotidienne de ses habitants ?

H. O. : La ville intelligente va permettre de mettre en place tout un tas de cas d'usage extrêmement intéressants pour les concitoyens, de nouveaux services innovants. La ville intelligente c'est avant tout une ville hyperconnectée, avec l'avènement de réseaux de communication, comme la 5G, qui vont être capables d'accueillir un foisonnement d'objets connectés.

C'est pour cela que la 5G est importante parce que derrière, on va massifier le déploiement d'objets connectés pour répondre à ces cas d'usage innovants. Sur les apports dans la vie des citoyens, on peut citer la facilité d'interaction avec les habitants, l'amélioration de la mobilité urbaine, une meilleure gestion des déchets. Ces objets apportent de nombreux bénéfices s'agissant du comptage intelligent, que ce soit le comptage énergétique, d'électricité, de gaz ou d'eau car il y a beaucoup de gaspillage.

L'Australie, l'un des pays les plus arides de la planète, est d'ailleurs en train de déployer des solutions de compteurs intelligents connectés, sécurisés, qui peuvent faire de la télémétrie, alerter les concitoyens sur leur consommation, par exemple en cas de fuite, et ainsi réduire le gaspillage. On suit la même logique dans notre travail avec Itron pour avoir un usage plus économe de l'éclairage public, réduire la facture d'électricité et donc l'empreinte énergétique des villes.

Ce sont des enjeux importants pour les concitoyens que nous sommes et il existe un tas de services innovants qui vont faciliter notre vie quotidienne, qu'il s'agisse de l'utilisation des transports, de consommer mieux, de faire des économies d'échelle et certainement réduire notre empreinte énergétique sur la planète. D'autres cas d'usage, que l'on ne voit pas encore, apparaitront au fur et à mesure du déploiement de ces objets, qui nous permettront d'avoir une information précise sur les données environnementales, que ce soit sur la pollution, sur notre empreinte énergétique ou sur notre utilisation des ressources.

A.- P. : La 5G est un réseau très important pour le développement des smartcities. Alors même qu'elles peuvent engendrer une épargne énergétique et écologique, que pensez-vous du risque de surconsommation qui pourrait découler l'utilisation de ce nouveau réseau et des multiples objets connectés ?

H. O. : Il faut démystifier ce qu'est la 5G et surtout comprendre ce qu'elle va nous apporter au quotidien. Elle est un peu décriée mais une fois qu'elle sera là, on ne pourra plus s'en passer. Il faut savoir qu'elle n'est pas forcément énergivore, contrairement à ce qu'on peut le décrire notamment pour les objets connectés. On connait la 5G qui va amener des débits plus importants à moindre latence, ce qui veut dire des services en temps réel qu'on va pouvoir mettre en place sur notre smartphone mais on connait moins la 5G qui va être déployée pour les objets connectés. Elle est justement faite pour apprécier des objets connectés contraints en énergie.

Par exemple pour des compteurs d'eau, de gaz, qui sont des objets opérés sur batterie, ils doivent rester en opération pendant plus d'une dizaine d'années. La 5G répond justement à ce type de contrainte. Elle est super économe en énergie et va permettre à ces appareils d'être complètement autonomes et d'amener de la connectivité là où il n'y en a pas aujourd'hui. Il s'agit des compteurs d'eau enfouis très profondément, des installations en sous-sol que l'on peut difficilement couvrir en réseau. Cette 5G permet finalement d'adresser plus d'objets avec moins de ressources. On peut calculer ce que coûte le déploiement de la 5G mais il faut aussi se demander quelles seront les économies faites, à terme, par l'utilisation des services offerts par la 5G.

Comme on a pu le constater avec le télétravail, ces technologies nous permettent de de moins nous déplacer donc de moins polluer et de réduire notre empreinte énergétique. Ces objets connectés vont donc nous permettre d'accéder à des usages plus intéressants et intelligents. Repassons sur l'exemple australien, cette nouvelle génération de compteurs intelligents qu'on produit en Australie, capables de détecter des fuites, d'être administrés à distance, évitant de faire déplacer des gens sur place en cas de problèmes, utilisent la 5G sur dédiée aux objets connectés.

Pour d'autres pays dans le monde, comme en Asie du Sud-Est, la 5G est une opportunité pour amener l'innovation et réduire notre empreinte énergétique, en étant des citoyens mieux informés et qui consomment mieux. En France, c'est une révolution en marche et le pays suit mouvement global parce que les grands opérateurs et les groupes industriels voient en cette 5G une formidable opportunité d'amener de l'innovation et avoir des solutions résilientes sur le marché. Ce réseau permettra d'avoir des solutions mieux sécurisées, qui sont plus résilientes, plus pérennes et interopérables.

A.- P. : La circulation massive des données publiques et privées au sein de la Smartcity pose nécessairement la question de la cybersécurité des objets connectés. Quel est le rôle de IoTerop dans ce processus ?

H. O. : C'est un enjeu très important, même un des freins qu'on a pu voir au déploiement des objets connectés. On nous annonçait 50 milliards d'ici 2020 et on est encore loin du compte parce que ces enjeux de sécurité sont primordiaux. Ce qu'il faut savoir, c'est que 98 % de tout le trafic des données de l'IOT qui n'est pas en crypté aujourd'hui, autant de données qui peuvent être exposées à des cyberattaques. Les industriels comprennent cet enjeu de sécurité, ils prennent conscience qu'il y a de plus en plus d'attaques qui ont des conséquences lourdes et qu'ils ne peuvent pas se permettre que ces systèmes soient vulnérables.

Les enjeux de sécurisation sont donc primordiaux quand on déploie ces types de solutions sur le marché. Il faut savoir qu'il existe des standards pour réussir à crypter la donnée contenue dans ces objets connectés, il faut pouvoir mettre en place des solutions pérennes et interopérables, sécurisées de bout en bout avec un processus de sécurisation qui puisse évoluer au fil du temps. Et c'est justement notre expertise et ce qu'on met à disposition de nos clients industriels. Il existe des normes et des standards dans lesquels nous sommes impliqués, ainsi que des bonnes pratiques à mettre en œuvre avec les industriels pour qu'ils augmentent la sécurité de leurs solutions. Sur la massification des données, on ne peut pas tout mettre dans le cloud car on aurait un phénomène de saturation. L'objectif, en créant des objets plus intelligents, est de mettre dans le cloud une donnée plus raffinée. Il faut mettre de l'intelligence dans l'objet, de manière à avoir des données plus pertinentes et les remonter moins mais les remonter mieux.

Par ailleurs, parce que ces objets connectés vont être fabriqués par des industriels, l'effort d'éducation, l'échange de bonnes pratiques et l'application de standards de sécurité, doivent commencer par eux. Il faut qu'ils adoptent l'état de l'art de ces standards pour sécuriser leurs appareils. Et, suite à cela, il faut sensibiliser les utilisateurs de solutions et services de bout en bout aux enjeux de sécurité. Il faut qu'il y ait des mécanismes robustes qui soient mis en place sur ces plateformes qui permettent de gérer cette sécurité de manière la plus optimale possible.

Je pense qu'aujourd'hui, l'utilisateur en a conscience, qu'il est beaucoup plus vigilant qu'il y a quelques années, mais c'est avant tout aux industriels de faire en sorte qu'ils appliquent des standards et que la sécurité soit mise en place dans des produits mis sur le marché. Le standard sur lequel on travaille est l'Open Mobile Alliance, qui fédère les grands opérateurs mondiaux, et l'on se réunit dans ce consortium pour faire émerger ou évoluer les standards au besoin de l'IOT. Ce n'est que grâce à ces standards que pourront émerger, en masse, les solutions déployées.

Les initiatives de ce type sont nombreuses, à l'image de l'ioXt Alliance dont on fait partie avec Google et Facebook et dans le cadre de laquelle on met en place des guides de bonnes pratiques à destination des industriels, pour les sensibiliser à une meilleure sécurisation de leurs solutions. A ce titre, nous organisons le 10 mars prochain un webinaire, en coopération avec des leaders de l'industrie qui travaillent sur les normes de connectivité sur la 5G, sur les enjeux de ces réseaux pour les objets connectés. L'inscription se fait directement sur le site ioterop.com.




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