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Sandrine Richard : Une avocate entre en campagne

La volonté de Sandrine Richard mène à tout, y compris à l'Assemblée nationale. À quelques mois des Législatives, cette proche de Jean-Yves Le Borgne et de Christian Jacob, née d'un père vosgien et d'une mère libanaise, est bien décidée à se battre pour la 10e circonscription de Paris.
Sandrine Richard : Une avocate entre en campagne
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ActualitéInterview Publié le ,

Affiches Parisiennes : Pouvez-vous vous présenter ?

Sandrine Richard : Je veux être avocat depuis l'âge de 15 ans. C'est pour moi une véritable vocation. J'ai prêté serment le 4 janvier 2011. Collaboratrice d'Olivier Schnerb jusqu'en avril 2014, j'ai ensuite créé mon cabinet dont l'activité est essentiellement axée sur l'accompagnement des chefs d'entreprise.

A.-P. : Pourquoi cette candidature aux législatives de 2017 ?

S. R. : Cette candidature est l'aboutissement d'un long processus. En 2007, je suis en Master II de contentieux européen, à Assas. Comme j'ai toujours été passionnée par la politique, le professeur Dominique Chagnollaud me propose un stage de six mois au groupe UMP de l'Assemblée nationale. C'est à ce moment que mon engagement pour l'action publique s'impose réellement. À l'issue de ce stage, j'accepte un CDD de six mois, en tant que chargée de mission, qui me permet de suivre Valérie Pécresse, alors ministre de l'Enseignement supérieur. À l'issue de ce contrat, je passe l'examen d'entrée à l'École de formation professionnelle du barreau de Paris, avant d'entamer un stage chez Olivier Schnerb, qui me propose une collaboration. Pendant ces années, je ne quitte pourtant pas la politique, gardant un contact étroit avec le groupe UMP et son président, Christian Jacob.

En 2010, je deviens présidente de l'association des élèves-avocats. L'EFB est encore à la Bastille et son directeur est Gérard Nicolay. Cette présidence sera très enrichissante et formatrice. Je rencontre notamment le bâtonnier Jean-Yves Leborgne, lui aussi proche de l'UMP, avec lequel je noue des liens amicaux. Au gré des cercles à penser pour lesquels nous collaborons tous deux, il m'encourage vivement à m'engager plus avant en politique. Je sais par ailleurs qu'être investie à Paris reste très difficile, encore plus lorsque vous n'êtes pas élue. Je décide tout de même d'en parler à Christian Jacob – qui préside le groupe UMP, puis Les Républicains, à l'Assemblée nationale depuis 2010, ndlr – qui trouve ma candidature intéressante. Pendant deux ans, je travaille sur cet objectif en rencontrant des responsables politiques qui décident de m'accorder leur confiance, notamment Philippe Goujon et François Baroin. Ils soutiendront ainsi avec Christian Jacob ma candidature à l'investiture pour les élections législatives de juin à Paris, estimant que j'ai toutes les qualités pour défendre le parti. Voilà pourquoi et comment je suis candidate dans la 10e circonscription de Paris.

A.-P. : Pourquoi la 10e circonscription ?

S. R. : Avec Philippe Goujon, nous avons réfléchi à la circonscription la plus adaptée à mon profil. Le choix s'est porté sur la 10e. Il faut savoir que cette circonscription a été redécoupée en 2012. Je la connais parfaitement dans la mesure où elle commence au quartier Plaisance – j'habite à 200 m, en limite du 15e arrondissement – et mon cabinet est dans le 13e arrondissement, à l'autre extrémité de la circonscription. Ce territoire m'est donc particulièrement familier.

A.-P. : Cette 10e circonscription est à conquérir ?

S. R. : Elle est actuellement à gauche. Denis Baupin est le député sortant. Elle est donc à conquérir. C'est l'une des raisons pour lesquelles mon profil convient, dans la mesure où je suis une jeune femme issue de la société civile. Aujourd'hui, une majorité de citoyens souhaitent un renouvellement, une certaine fraîcheur. Je devrais, a priori, être opposée à une candidate d'Europe Écologie Les Verts, proche d'Anne Hidago et adjointe à la mairie de Paris. Je n'ai pas plus d'information pour l'instant.

"Je n'ai pas, à ce jour, rencontré de difficultés particulières pour m'imposer. Je trouve même que c'est une force aujourd'hui d'être jeune et d'être une femme, de la société civile et entrepreneur."

A.-P. : Ce n'est pas trop compliqué d'être une jeune femme au sein du monde politique ?

S. R. : Je n'ai pas, à ce jour, rencontré de difficultés particulières pour m'imposer. Au contraire. Ce n'est pas difficile parce que je suis avocat et que même si la situation a bien évolué au sein du barreau de Paris, ce dernier est longtemps resté très misogyne. C'est donc pour moi un terrain connu et je trouve même que c'est une force aujourd'hui d'être jeune et d'être une femme, de la société civile et entrepreneur. Mes soutiens majeurs, au sein du parti, facilitent également mon parcours.

A.-P. : Comment parvenez-vous à allier vie professionnelle et engagement politique au quotidien ?

S. R. : Tout est une question d'organisation. Ce double engagement professionnel et politique ne me pose pas de difficultés. Je ne souhaite pas arrêter d'exercer la profession d'avocat. Si je suis élue, ce que j'espère, je continuerai d'exercer, différemment bien évidemment.

A.-P. : Le métier d'avocat est-il compatible avec l'engagement politique ?

S. R. : Il n'y a aucune incompatibilité entre la politique et l'exercice de ma profession. La Troisième République n'a-t-elle pas été celle des avocats ? Les relations avec mes clients ne changent pas. La plupart d'entre eux ne sont pas au courant de mon investiture. Mon combat reste le même : la défense des intérêts particuliers des justiciables. Ma mission politique s'attache, quant à elle, à la défense de l'intérêt général. Les intérêts particuliers et l'intérêt général sont donc distincts et nullement incompatibles.

La plupart de mes clients sont des chefs d'entreprise et de jeunes dirigeants de start-up mais également des particuliers. Je connais donc parfaitement leurs difficultés qui reflètent également celles de la majorité des Français. J'affronte parfois les mêmes.

Je suis ainsi décidée plus que jamais à agir pour que cela change. C'est le cœur de mon engagement, ne pas avoir peur d'agir pour rendre meilleure notre vie, notre République, la France.

L'objectif est donc de mener campagne pour François Fillon dont je partage le même programme et parallèlement me battre sur le terrain afin de remporter cette élection législative.

"Mon passage à l'Association des élèves avocats (AEA) m'a un peu préparé à cette vie politique."

A.-P. : Si vous êtes élue, quelles seront les missions les plus importantes pour vous ? Celles qui vous incomberont dans votre circonscription ou celles de l'Assemblée nationale ?

S. R. : Si je suis élue, je serai député de la nation et des habitants de la 10e circonscription. Mon rôle sera de défendre l'intérêt de chaque citoyen. Au niveau de la circonscription, je serai le porte-parole de ses habitants. Mon rôle sera ainsi d'être l'interface entre les habitants de la 10e circonscription, les élus locaux et les acteurs institutionnels. J'exprimerai leurs besoins et les difficultés qu'ils rencontrent. En revanche, je ne suis pas là pour défendre leurs intérêts privés. Ma mission reste l'intérêt général. Je porterai les réformes nationales, je continuerai à être sur le terrain car il est important de rester connectée aux réalités quotidiennes des habitants de ma circonscription.

A.-P. : Quel est le profil social de cette 10e circonscription ?

S. R. : Cette circonscription a été redécoupée, au bénéfice du Parti socialiste durant les législatives de 2012. Sociologiquement, cette 10e circonscription était à droite à l'époque du ministre Jacques Toubon qui en était le député.

Depuis 18 ans, cette circonscription est à gauche et a été complètement abandonnée. Je veux donc lui redonner du souffle. Mon but est naturellement de rassembler, et donc d'écouter tous les habitants avant de les remobiliser, de leur redonner l'envie de se battre pour l'intérêt général, que ce soient les commerçants ou les particuliers. Dans les quartiers de la circonscription pourtant très différents, tous les habitants ont actuellement un sentiment commun, celui de l'abandon. Ils se sentent délaissés.

Lors des premières réunions de campagne, je suis ainsi parvenue à réunir un grand nombre de personnes.

Mon passage à l'Association des élèves avocats (AEA) m'a un peu préparé à cette vie politique. En tant que présidente, j'avais 1 800 élèves et un très lourd budget à gérer. Pendant un an et demi, tous les jours, j'ai été à l'écoute de chaque élève. À l'époque, j'avais également beaucoup travaillé avec Haïti, suite au tremblement de terre. Cette riche expérience m'a permis d'acquérir certaines qualités que je mets à profit aujourd'hui dans le cadre de ma campagne. Écouter les autres et faire bouger les choses me passionnent depuis toujours.

A.-P. : Quelles sont les principales attentes des électeurs de cette 10e circonscription que vous rencontrez ?

S. R. : Les électeurs disent actuellement avoir surtout besoin de sécurité. Ils ont un sentiment d'insécurité permanent. Dans le cadre d'une réunion organisée par une association de sport à Porte de Vanves à laquelle j'ai participé, les personnes présentes n'ont pas parlé pas de sport, mais de la peur permanente qu'ils éprouvent au quotidien dans leur quartier. Le taux de chômage est aussi l'une de leurs préoccupations majeures. Les personnes âgées se sentent également très isolées, mais là encore, ce n'est malheureusement pas spécifique à la 10e circonscription.

En route pour les législatives

C'est en petit comité mais avec des soutiens de poids que Sandrine Richard a lancé sa campagne pour les élections législatives (des 11 et 18 juin prochains), lors d'un café politique organisé le 6 décembre dernier au restaurant Mêlé-Casse, au cœur de sa circonscription.

Christian Jacob, président du groupe Les Républicains à l'Assemblée nationale et député-maire de Provins, est venu soutenir la candidate et réaffirmer la ligne de son parti, face à une tablée déjà conquise par l'énergie de sa championne. Sandrine Richard a d'ailleurs confié son émotion de se retrouver face à une assemblée déjà mobilisée pour le lancement de sa campagne.

Même Jean-Yves Le Borgne, ténor du barreau et ancien vice-bâtonnier de Paris, a fait le déplacement pour épauler sa consœur, disant soutenir « au-delà de la proximité idéologique » son dynamisme, son honnêteté, sa passion et son patriotisme. La candidate peut également compter sur l'appui de Stéphane Fertier, son suppléant et confrère, mais aussi conseiller municipal du 14e arrondissement afin de renverser la tendance dans une circonscription tenue par l'opposition depuis près de 20 ans.

Quentin Clauzon

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