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Rio + 20 : l'impasse

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Au sommet Rio + 20, le document d'accord final ratifié le 22 juin parle d'économie verte, censée être bénéfique à la fois pour l'environnement et la crise économique, mais sans évoquer de règles contraignantes ou de lignes d'action. Il affirme la volonté commune de renforcer le programme des Nations Unies pour l'environnement (Pnue), sans préciser comment. Le principe d'objectifs de développement durable (ODD) est énoncé, mais leur mise en place n'est prévue qu'en 2015, avec une échéance envisagée en… 2030 ! Finalement, le seul résultat vraiment positif de ce sommet est la cascade d'engagements de gouvernements, organisations de la société civile et firmes privées à mobiliser plus de 500 millions de dollars en vue de financer le développement durable. Les ONG écologistes ont vivement réagi devant l'absence d'engagement concret. Ainsi, Greenpeace a déploré l'échec de Rio + 20 et le Comité Français pour le Développement Durable a estimé que ce type de sommet constitue «une structure inadaptée». Certains prétendent que l'économie verte va créer de nombreux emplois, mais les chiffres avancés sont très contestables car le remplacement d'une forme d'énergie par une autre va aussi détruire des emplois. Par ailleurs, les pays émergents se méfient de ce concept un peu flou. La récente déclaration du nouveau président français, François Hollande, insistant sur le fait que l'économie verte contribue à créer des emplois non délocalisables ainsi que les conditions d'une meilleure compétitivité, ne peut que les inquiéter. Pour le G77 (groupe des pays émergents et en développement), l'économie verte est le cheval de Troie des pays occidentaux pour une nouvelle forme de protectionnisme. La Chine a très clairement fait savoir qu'elle s'opposerait à toute intégration des règles environnementales dans les règles commerciales. De même, l'idée, impulsée par la France, d'une Organisation mondiale de l'environnement, suscite une vive opposition de pays émergents, qui estiment que l'existence du Pnue suffit. Bref, la divergence des intérêts nationaux et l'absence de ligne directrice incontestable ont conduit Rio + 20 à l'impuissance et obèrent à terme les possibilités d'action environnementale concertée à l'échelle mondiale.

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