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Retraites : un rapport incomplet

Le dernier rapport du COR fait le point sur les inégalités observées et propose des pistes de réformes.
Retraites : un rapport incomplet
A.P

ActualitéRégion Île-de-France & Grand Paris Publié le ,

Le Conseil d’orientation des retraites estime que le mode de calcul des pensions désavantage les bas salaires et les femmes. Il souligne les écarts de pension importants entre hommes et femmes (qui ne font que traduire les inégalités salariales). Le rapport dresse néanmoins un bilan globalement positif, affirmant que « malgré toutes ces imperfections, le système de retraites opère bien au total une redistribution qui contribue à réduire fortement les inégalités ». Ce qui n’empêche pas le Conseil de formuler plusieurs suggestions : prendre en compte l’intégralité des salaires de la carrière ou exclure les plus mauvaises années des salariés du privé, mieux compenser les accidents de carrière, rendre les droits familiaux forfaitaires au lieu de proportionnels, changer les modalités de calcul des pensions de réversion (par exemple en les pondérant en fonction de la durée du mariage), moduler le montant des pensions en fonction de la durée espérée de retraite, etc.

Commandé par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, ce rapport sera sans doute utilisé par le gouvernement pour justifier les mesures douloureuses qu’il va devoir prendre afin de combler le déficit de notre système de retraites. Il reste que l’inégalité la plus criante pour bon nombre de Français, entre salariés du privé et de la fonction publique, n’a pas été évoquée. Ainsi, la pension est calculée sur la base de 50 % de la moyenne des 25 meilleures années dans le privé et 75 % des six derniers mois dans le public (sans tenir compte des primes et heures supplémentaires, qui représentent 20 % du salaire). Autre inégalité flagrante : l’âge de départ à la retraite. Il est en moyenne de 51 ans pour les mères d’au moins trois enfants lorsqu’elles sont fonctionnaires. Peuvent partir en retraite à 55 ans les fonctionnaires ayant travaillé au moins 15 ans dans des emplois présentant « un risque particulier ou des fatigues exceptionnelles » : notamment, agents des douanes, de la poste, de France Télécom, éducateurs de la protection judiciaire de la jeunesse … Le COR a-t-il oublié ces inégalités, ou jugé plus prudent de ne pas en parler ?

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