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Rentrée solennelle du barreau de Paris : une cérémonie sous le signe de l'émotion

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Rentrée solennelle du barreau de Paris :  une cérémonie sous le signe de l'émotion
© A.P. - Discours poignant du Premier secrétaire de la Conférence, Joris Monin de Flaugergues, sur son confrère Valentin Ribet, assassiné au Bataclan.

La traditionnelle rentrée solennelle du barreau de Paris et de la Conférence s'est déroulée le 30 novembre dernier à la Conciergerie, en plein cœur du Palais de Justice historique de Paris. Une cérémonie riche en émotion à laquelle était conviée la garde des Sceaux, Nicole Belloubet, après une année marquée par les désaccords sur le projet de loi de réforme de la Justice.

Cette rentrée solennelle du barreau de Paris a été placée sous le signe de l'émotion, en présence de milliers d'avocats, d'orateurs hors pair, d'une cinquantaine de délégations étrangères et de la ministre de la Justice.

Un auditoire bouleversé

Pour Pierre Berlioz, directeur de l'EFB : « cette année, des discours ont bouleversé l'auditoire. On a assisté à la démonstration de ce que peut être la qualité de l'art oratoire de l'avocat ».

Ce dernier fait notamment référence au bel hommage réalisé par le Premier secrétaire Joris Monin de Flaugergues à Valentin Ribet, jeune avocat de 26 ans assassiné au Bataclan en novembre 2015. Le Premier secrétaire de la Conférence représentant la promotion 2018 a réussi à capter l'attention de l'intégralité du public en offrant un moment de rassemblement et de solidarité riche en émotion.

L'ex-garde des Sceaux, aujourd'hui Défenseur des droits, Jacques Toubon, a participé à la cérémonie. © A.P.

D'autres sujets graves ont aussi été abordés avec brio. Sa consœur, Safya Akorri, 2e secrétaire de la Conférence, a choisi, quant à elle, de s'interroger sur les conséquences de la pénalisation du recours à la prostitution à travers un brillant exposé, revenant notamment sur le procès du Carlton.

Le vice-bâtonnier, Basile Ader, a abordé le sort tragique des réfugiés. « Comme est stupéfiante d'inhumanité la nouvelle loi sur l'Asile, votée cette année. Les débats sur les migrants paralysent les gouvernements européens, qui en oublient les droits humains », a-t-il déploré.

Si la place de l'oral tend à s'effacer au sein des prétoires français, notamment avec la digitalisation de la justice et la prévalence de l'écrit, les centaines d'avocats présents ont pu constater le rôle toujours central que tient l'art oratoire au barreau.

Le barreau défenseur de l'accès au droit

L'unité de la profession d'avocat s'est fait ressentir lors de cette cérémonie où le barreau semblait fermement mobilisé pour la défense de la Justice et l'accès au droit.

Parmi les figures de proue de cette rentrée solennelle, Marie-Aimée Peyron, actuel bâtonnier de Paris, a tenu à réaffirmer la notion de « justice pour tous » présageant que la réforme votée en ce moment à l'Assemblée nationale instaure une justice de dossiers, désincarnée, sans avocat, et très éloignée des justiciables.

Marie-Aimée Peyron, bâtonnier de l'Ordre du barreau de Paris, et le vice-bâtonnier, Basile Ader. © A.P.

Elle a ainsi repris les paroles de l'ancien secrétaire général de l'ONU et Prix Nobel de la paix, Kofi Annan, revendiquant comme une priorité, la solidarité, le respect, les droits de l'Homme et la justice pour toutes et tous.

Madame le bâtonnier a ainsi hissé la solidarité au sommet de la pyramide des valeurs du barreau. Cette solidarité qui symbolise l'accès au Droit et à la Justice pour tous, auxquels les avocats sont viscéralement attachés.

« Je veux croire en l'avenir. Je veux croire que nous serons entendus avant le 12 décembre, date fixée pour notre prochaine mobilisation, et que la Justice conservera son humanité et sa proximité avec les citoyens, dans le respect de chacun », a-t-elle souligné en clôture de son discours.

« L'avocat est un marqueur de la démocratie. Il est celui qui reste pour s'opposer à l'Etat », a rappelé, quant à lui, le vice-bâtonnier Basile Ader.

Nicole Belloubet rassurante

© A.P.

Comme le veut la tradition, en particulier lorsque le barreau est vent debout contre une réforme portée par l'exécutif, la ministre de la Justice a été conviée à cette rentrée solennelle pour éclaircir le sujet et les points de discorde.

« Il n'y aura aucune fermeture de lieu de Justice »
Consciente des contestations des avocats sur le projet de loi de réforme de la Justice, la garde des Sceaux a rassuré son auditoire : « Il n'y aura aucune fermeture de lieu de justice. Mais pour avoir une Justice de qualité, il faut améliorer notre organisation. La première évolution est le regroupement administratif des TGI et des TI pour donner naissance au tribunal judiciaire ». L'organisation de la première instance sera plus simple pour le justiciable qui ne connaîtra plus qu'un seul tribunal, avec une procédure de saisine unifiée. Les cours d'appels seront également maintenues.

Création de nouvelles juridictions
D'autre part, la garde des Sceaux maintient « la création d'une juridiction chargée de l'indemnisation du préjudice corporel des victimes d'actes de terrorisme ».
En outre, pour mieux prendre en considération les victimes et assurer l'éclosion d'une vérité judiciaire, la ministre de la Justice souhaite poursuivre l'expérimentation d'un tribunal criminel départemental.

« La numérisation des procédures pénales n'est pas liberticide »
Afin de libérer la parole des victimes, la ministre de la Justice souhaite mettre en place la possibilité de porter plainte en ligne. « La numérisation des procédures pénales n'est pas liberticide mais protectrice. La plainte en ligne constituera un progrès pour les victimes de violences sexuelles ou conjugales qui, parfois, hésitent à franchir le seuil des commissariats pour porter plainte », explique Nicole Belloubet. Toutefois, ce nouveau dispositif ne se substitue pas à l'accueil physique dans un commissariat ou un tribunal.

Nouveau code pour la justice pénale des mineurs
La justice pénale des mineurs fait aussi partie des préoccupations de Nicole Belloubet. « Nous allons rédiger un code de la justice pénale des mineurs, dans les six mois. J'ai pris l'engagement de préparer ce texte avec les parlementaires et les professionnels. Je prends ici l'engagement de travailler également avec vous », a-t-elle annoncé.




Anne MOREAUX
Journaliste

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