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Rencontres internationales : l'EFB se voudrait “carrefour des barreaux”

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Rencontres internationales :  l'EFB se voudrait “carrefour des barreaux”
© A.P. - Laurent Martinet, président délégué de l'EFB, a réuni un beau panel d'anciens confrères directeurs juridiques pour une table ronde sur les carrières internationales en entreprise.

L'Ecole de formation des barreaux de la cour d'appel de Paris (EFB) a organisé récemment ses premières Rencontres internationales.

En introduisant cet événement inédit, Emmanuelle Hoffman, présidente déléguée de l'EFB, s'est réjouie d'accueillir 80 avocats membres de 51 délégations étrangères pour l'occasion. « Je souhaite que l'école soit un carrefour des barreaux », a-t-elle lancé, faisant entrevoir la volonté de donner un rayonnement, une force, une dynamique et une fierté à cette école.

L'attractivité du barreau de Paris

Madame le bâtonnier Marie-Aimée Peyron n'a d'ailleurs pas manqué de souligner l'essor du barreau de Paris et de son école de formation.

« Un des premiers barreaux dans le monde sur le plan de l'attractivité économique par le droit, et ce par la création des chambres commerciales internationales et à notre place d'arbitrage. »

Le barreau s'inscrit dans la volonté très forte de l'exécutif français de se positionner en tant que leader de l'attractivité de l'économie par le droit, notamment dans le contexte particulier du Brexit.

Une superbe opportunité pour les chambres internationales parisiennes qui attireront beaucoup de contentieux d'affaires dans la capitale en forte compétition avec Bruxelles, Amsterdam, Dublin et Berlin.

« Les avocats doivent saisir l'opportunité du Brexit », a ajouté Jean-Michel Darrois, célèbre avocat parrain de la promotion 2018-2019, avant de rappeler l'importance d'acquérir une culture juridique internationale.

« Il serait bon que vous alliez suivre des cours à l'étranger car vous y apprendrez une manière différente de penser le droit », a-t-il lancé à l'auditoire.

En outre, le droit a tendance à s'internationaliser. En matière commerciale d'une part, les contrats doivent être complets, envisager tous les problèmes qui peuvent arriver et prendre en compte les droits des affaires étrangers.

En matière pénale d'autre part, la justice tend à se traduire par une négociation avec le Parquet comme dans le modèle anglo-saxon.

« Ceci suppose de la part des avocats une démarche fondamentalement différente, d'enquête éventuelle chez le client, puis de discussion avec le Parquet plus considéré comme un adversaire mais comme un interlocuteur », selon lui.

Enfin, l'avocat a fini par insister sur la nécessité de reconquérir le rôle social du barreau, notamment dans l'élaboration des lois, « où les énarques ont pris la place des avocats dans l'hémicycle ».

Sur le “Forum d'échange” dans le hall de l'école, les participants ont pu rencontrer des avocats ayant suivi cette voie et de nombreuses associations et organisations, tels que l'Association Internationale des jeunes avocats, l'Union internationale des avocats, l'International Bar Association, la commission internationale du barreau de Paris, la Queen Mary University ou encore l'Association franco-chinoise pour le droit économique.

La formation, un enjeu primordial

Trois tables rondes ont traité les enjeux de la formation pour une carrière internationale, du mode d'emploi pour lancer une telle carrière et des défis numériques dans la formation professionnelle.

Il en ressort l'importance fondamentale de la formation en droit qui impacte toute une carrière. La carence majeure de l'enseignement français est l'absence d'anglais et de langues étrangères. En effet, si le droit international et les systèmes juridiques étrangers sont étudiés en droit comparé, les étudiants ne suivent aucun cours en anglais. Pour ce faire, ils doivent suivre une année de plus en LLM ou Mastère spécialisé.

Ces diplômes complémentaires en droit, généralement entrepris à l'étranger, permettent aux étudiants de se spécialiser dans un domaine précis (principalement en droit international, contentieux des affaires, en arbitrage et en droit bancaire).

Selon les résultats d'une enquête réalisée par le barreau auprès de diplômés de LLM, ils offrent « une expérience extrêmement enrichissante humainement et culturellement, ainsi qu'un bon atout pour entrer sur le marché du travail ». Quatre témoins ayant suivi des LLM ont pu partager leur retour d'expérience.

Le problème majeur est leur coût très élevé. Malheureusement, s'ils représentent « indéniablement un atout pour trouver une collaboration », ils n'assurent « plus du tout l'assurance d'une rémunération supplémentaire comme auparavant », alors qu'il faut débourser des milliers d'euros, parfois même plus d'une centaine, pour en être diplômé.

Eve Duminy, avocate chez Bredin Prat en contentieux international, vient d'ailleurs de finir de rembourser son emprunt de 130 000 dollars, « un budget colossal », qu'elle avait souscrit pour son LLM américain à Columbia. « Ce que ça ne m'a pas apporté sont les connaissances juridiques et l'avantage en termes de rémunération », a-t-elle confié honnêtement à l'auditoire. L'avocate a toutefois reconnu que le réseau créé là-bas lui apportait un ou deux dossiers par an.

« Ça m'a donné un réseau dans des barreaux divers, au Brésil, au Japon, aux USA, en Autriche...un atout indéniable pour ma future carrière, sans parler d'un très bon niveau d'anglais et de nouvelles méthodes de travail et de compréhension du droit », a souligné François-Xavier Simeoni, jeune avocat chez Jeantet.

Certains LLM ont des coûts plus modiques. Celui suivi par Laura Doumoulakis au collège d'Europe à Bruges, en droit européen de la concurrence, s'élève à environ 25 000 euros l'année tout compris. Il lui a offert « une meilleure visibilité professionnelle à Bruxelles, Paris et Londres ».

Heureusement pour les avocats n'ayant ni le budget ni le temps de suivre un LLM, le numérique offre de nouvelles opportunités de formation. Pierre Berlioz, directeur de l'EFB, a ainsi présenté certaines solutions, actuelles et à venir, à suivre en ligne.

Comment lancer une carrière internationale en entreprise ?

« Il faut savoir qu'au bout de cinq ans, la moitié d'une promotion de l'EFB a rejoint les directions juridiques », a lancé Laurent Martinet, président délégué de l'EFB, en introduisant une table ronde intitulée “Se lancer dans une carrière internationale”.

La carrière en entreprise est donc un « débouché extrêmement important » à ne pas sous-estimer, selon Laurent Martinet qui a présenté « un très beau panel de directeurs juridiques, anciens confrères, avec différentes évolutions de carrière ».

Elisabeth Monegier du Sorbier, directrice juridique du groupe Française des jeux, Marc Mossé, directeur juridique de Microsoft, Eric Ravy, directeur juridique de Oui SNCF, et Bruno Fontaine, directeur juridique du Crédit Agricole ont notamment témoigné.

Ces derniers ont pu partager leur expérience, ce qu'ils attendent de leurs confrères du barreau, et surtout délivrer à l'auditoire le « mode d'emploi » pour avoir une carrière internationale, davantage accessible à travers les directions juridiques des grands groupes que les barreaux.

Pour Nathalie Debeir, directrice juridique adjointe du groupe Renault, le vade-mecum à suivre est avant tout le développement des softskills : « ces capacités à travailler avec des gens de culture différente avec une grande adaptation et une bonne écoute ».

Pour cette représentante du Cercle Montesquieu, ex-avocate ayant exercé au Québec, qui pilote aujourd'hui les 100 juristes du département international de Renault gérant les nombreux partenariats et contrats de distribution à l'étranger, il est important de guider sa carrière internationale par rapport à ses spécialités techniques. Elle-même est experte en Common law et droit chinois, particulièrement en matière de fusions-acquisitions.




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