Fermer la publicité
Journal d'information juridique et d'annonces légales

Rencontre avec Solenne Brugère et Jean-Georges Betto

le -

Rencontre avec Solenne Brugère et Jean-Georges Betto
© DR - Jean-Georges Betto et Solenne Brugère

Solenne Brugère et Jean-Georges Betto sont les deux candidats investis par l'Association des avocats conseils d'entreprises (ACE) en lice pour les prochaines élections au Conseil de l'Ordre du barreau de Paris. Retour sur leurs parcours et leurs grands thèmes de campagne.

Affiches Parisiennes : Vous êtes le binôme de candidats investis par l'ACE. Pouvez-vous mutuellement vous présenter ?

Solenne Brugère : Après avoir été formé chez Gide Loyrette Nouel, Jean-Georges Betto a dirigé une équipe de dix avocats au sein du cabinet international Hogan Lovells avant de fonder Betto Seraglini, un cabinet spécialisé en arbitrage international et contentieux complexes comptant une vingtaine de membres, avocats et administratifs.

Entrepreneur du droit, il préside le think tank d'avocats Cabinets de croissance qui réunit de jeunes fondateurs de cabinets d'affaires indépendants voulant promouvoir l'entrepreneuriat comme modèle de développement de la profession d'avocat. Jean-Georges est également engagé avec le fonds de dotation créé par son cabinet, dans la lutte pour l'accès des populations vulnérables à la justice internationale, une action honorée du prix spécial du jury lors des Trophées Pro Bono 2016 du barreau de Paris.

Jean-Georges Betto : Solenne démontre tous les jours que les avocates ne doivent s'interdire aucune ambition. Après s'être formée au sein du barreau entrepreneurial, elle est devenue associée du cabinet Carakters où elle développe une expertise sectorielle en matière de fourniture de biens et de services aux personnes âgées, en accompagnant les professionnels de la santé et du médico-social.

Très engagée à l'ACE, Solenne œuvre en faveur de l'égalité des chances, de la mixité professionnelle et de l'entrepreneuriat des avocates. Elle préside notamment le Forum ACE des réseaux fémininsles consœurs échangent, modèles de réussite économique et personnelle, notamment en partenariat avec l'Association Française des Juristes d'Entreprise, le REF, FCE ou encore le Medef.

A.-P. : Pourquoi avoir décidé de vous présenter aux élections du Conseil de l'Ordre et pourquoi avoir choisi de vous présenter en binôme ?

Jean-Georges Betto : C'est le bureau de l'ACE Paris qui choisit les candidats investis. Je suis très heureux que Solenne m'ait proposé de composer notre binôme. Je me reconnais dans ses valeurs humaines, c'est une personne positive, ouverte et à l'écoute. Le conseil de l'Ordre a besoin de cette humanité-là.

Solenne Brugère : En effet, Jean-Georges est apparu comme le choix évident du fait de sa détermination, de son professionnalisme et ses valeurs qui font de lui un partenaire fiable et engagé.

A.-P. : Au-delà de cette dimension humaine, quelles sont les grandes lignes que vous souhaitez développer ?

Solenne Brugère : Nous souhaitons travailler ensemble sur la cohésion de notre barreau, car nous avons la conviction que notre Ordre doit être fort et que notre barreau doit être confraternel et uni. La transformation du numérique, virage dans lequel nous sommes déjà investis, fait également partie de nos préoccupations. Nous souhaitons aider les confrères à mieux connaître les services et les aides qui sont proposés par l'Ordre. Nous avons également à cœur de nous investir dans la formation de nos confrères, au titre de la formation initiale ou de la formation continue. J'enseigne d'ailleurs le droit de la santé à l'INSEEC (école de commerce, ndlr), en master spécialisé, pour les futurs dirigeants de maisons de retraite et d'hôpitaux.

Jean-Georges Betto : Les membres du conseil de l'Ordre mènent au quotidien des actions parfois méconnues qui font en réalité la noblesse de ce mandat. L'accueil physique ou téléphonique, la tenue de permanences déontologiques ou encore l'assistance aux confrères dans l'actuelle période de déménagement du Palais, font partie des missions conduites par les membres du Conseil qui permettent d'aider et d'accompagner les confrères dans l'exercice de leur profession.

Faisons le choix d'une politique volontariste qui confie en priorité aux avocats ayant moins de dix ans de barre les missions ne nécessitant pas d'avoir siégé au conseil de l'Ordre !



A.-P. : “Entreprendre, s'engager”, c'est votre slogan. Il y a peu, quand on parlait d'un “avocat entrepreneur”, c'était presque une hérésie. Qu'en est-il aujourd'hui ?

Jean-Georges Betto : Nous devons nous comprendre comme des acteurs de l'économie, sans renoncer à notre serment d'humanité ni au caractère libéral de notre profession. Nous pensons que les avocats doivent s'adapter à la mutation très profonde de notre profession.

Etre un avocat entrepreneur, c'est mieux valoriser ses honoraires, les facturer, les recouvrer, atteindre un seuil de rentabilité qui permette de réinvestir dans son cabinet et de l'accompagner dans la transition numérique.

Au sein du Barreau et avec l'ACE, nous voulons offrir un soutien et un accompagnement aux confrères qui souhaitent se développer, s'installer, s'associer, être promus et reconnus lors d'une collaboration.

Solenne Brugère : La déontologie, ciment de notre profession, doit être une force de notre activité. Dans cet univers ouvert, les deux armes des avocats sont la déontologie et la confiance. Aucune machine, aucun logiciel, aucune legaltech ne remplacera l'humain et le lien de confiance qui se noue entre un avocat et son client.

A.-P. : On sait aujourd'hui que les femmes sont majoritaires dans la profession. Pour autant, elles sont encore très loin d'être majoritaires en tant qu'associées. Quelle est votre ressenti à ce sujet ?

Solenne Brugère : Je pense que le genre ne doit être un frein ni à l'ambition ni à l'envie d'entreprendre. Il faut que chacun puisse choisir sa voie et que ces choix soient respectés, que les moments de vie, comme la parentalité, soient valorisés. Une avocate qui suspend momentanément son activité, pour avoir un ou plusieurs enfants, revient aussi performante. Il faut donc permettre à toutes les collaboratrices de choisir leur voie sans que ces choix soient un frein pour être associées. Il faut que l'Ordre, à travers un rôle d'impulsion, fasse comprendre à l'ensemble des confrères le bénéfice qu'il y a à respecter cet ordre de vie, la diversité et l'égalité.

Jean-Georges Betto : Sur ce point, les clients vont nous aider de deux manières. D'une part, parce qu'ils vont de plus en plus exiger que les cabinets démontrent leurs efforts pour une égalité professionnelle, une meilleure diversité et la prise en compte d'une responsabilité sociétale.

D'autre part, les clients ont une tendance à vouloir quitter le modèle de valorisation classique de nos honoraires au seul temps passé.

Tant qu'on est concentré sur la feuille de temps et le volume horaire, il peut y avoir une disparité entre l'avocat ou l'avocate parent et celui ou celle qui ne l'est pas. Tant qu'on apprécie la performance d'un avocat en fonction de son seul volume horaire, on nourrit la disparité alors qu'en réalité, ce que veulent les clients et ce vers quoi nous allons, c'est la valorisation de la qualité du conseil stratégique en droit, de la valeur ajoutée au dossier.

Dans cette vision un excellent conseil donné en cinq minutes par un avocat parent qui part plus tôt que les autres du cabinet, peut grandement contribuer au succès du cabinet et être reconnu à sa juste valeur.

A.-P. : L'opinion publique a été saisie par l'importance des sommes dépensées par l'Ordre dans des missions confiées à certains de vos confrères. Quelles sont les voies d'amélioration de ces pratiques selon vous ?

Jean-Georges Betto : Il faut limiter au strict nécessaire les dépenses de l'Ordre, notamment en matière d'avocats missionnés et surtout assurer l'équité dans l'utilisation des finances de l'Ordre.

Les missions doivent être attribuées en fonction du seul critère de compétence à un tarif fixe. A cet égard, nous pourrions imaginer d'intégrer davantage les avocats du barreau dans les missions de l'ordre, puisque nous faisons souvent le constat d'un désintérêt des confrères envers leur ordre, notamment de la part des plus jeunes.

Faisons le choix d'une politique volontariste qui confie en priorité aux avocats ayant moins de dix ans de barre les missions ne nécessitant pas d'avoir siégé au conseil de l'Ordre.




Ses derniers articles

Abonnez-vous à l'offre Papier + Numérique

Affiches Parisiennes Journal d'information juridique et d'annonces légales

  • ›   Pour plus de contenu, papier + web
  • ›   l’accès aux annonces légales,
  • ›   l’accès aux ventes aux enchères.
Je m'abonne

À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide


Fermer
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies et de technologies similaires par notre société ainsi que par des tiers, afin de réaliser des statistiques d'audiences et de vous proposer des services éditoriaux et la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux. En savoir plus / paramétrer