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Rencontre avec… Jean Charvy, responsable technique du pôle immobilier Polyexpert

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Rencontre avec… Jean Charvy, responsable technique du pôle immobilier Polyexpert

Le marché du diagnostic immobilier, évaluant entre autres la performance énergétique et les conformités des installations électriques et de gaz, est actuellement largement balloté par la crise. Une étude du cabinet Xerfi esquisse un tableau assez noir de l'avenir. Pour Jean Charvy, au-delà de cette morosité engendrée par la crise, c'est l'ensemble du système qu'il faut revoir…

Confirmez-vous la baisse d’activité du secteur ?

Jean Charvy : La baisse enregistrée actuellement par le secteur du diagnostic immobilier est évidemment la conséquence directe de la diminution des ventes de biens. Mais ce n’est pas la seule incidence.

La qualité du diagnostic est également en question ?

Durant les dernières années, beaucoup de gens se sont dit « voilà une profession qui a l’air sympathique, ne nécessitant ni une grande formation ni beaucoup de matériels ». Une partie de ces diagnostiqueurs en herbe, qui ne sont pas des hommes du bâtiment, se sont montrés notoirement incompétents. Certains allaient jusqu’à faire des diagnostics directement de leur bureau, sans même aller sur place. Ce constat est quand même grave, même s’il ne concerne pas la majorité. Le législateur s’en est ému en complexifiant l’accès à cette activité et en instaurant une certification des acteurs.

La situation est donc plus claire ?

Jean Charvy : Plus claire, oui, mais avec toujours le même handicap majeur. Le diagnostic technique tel que réalisé aujourd’hui n’apporte aucune valeur ajoutée. Les rapports délivrés par les professionnels  ne sont assortis d’aucun conseil, d’aucune préconisation, contrairement à l’audit technique. Ce manque d’intérêt apparaît surtout à travers le diagnostic de performance énergétique, le fameux DPE. Nous nous sommes livrés à un petit test. Nous avons pris trois diagnostiqueurs. Pour le même cas d’école, nous avons obtenu trois résultats différents. Les méthodes d’évaluation étaient loin d’être précises. Il y avait trop de libre arbitre, trop d’interprétation. Actuellement, les choses évoluent heureusement vers davantage de rigueur et de critères objectifs.

Le DPE apparaît comme le diagnostic phare du secteur.

Jean Charvy : Oui, il est très important. Par exemple, un investisseur achète un bien dont le DPE affiche un médiocre « E », l’évaluation la plus mauvaise. Il réalise une série de travaux d’isolation et redemande un contrôle énergétique. Si ce dernier livre un « A » ou un « B », il est indéniable que le bâtiment a pris de la valeur.

Dans cet exemple, on se trouve davantage dans l’audit et le conseil que dans le diagnostic ?

Jean Charvy : Exactement. C’est actuellement notre démarche. Nous intervenons auprès d’institutionnels qui vendent ou qui achètent des biens immobiliers en apportant une forte valeur ajoutée. L’analyse globale de risques permet d’identifier avec précision les problèmes pouvant se poser à court, moyen et long termes. Nous estimons également le coût des travaux à entreprendre, ce qui permet soit au vendeur de prouver que son bien est de qualité, soit à l’acheteur d’en renégocier le prix.

Le travail d’analyse et le conseil sont donc plus importants que le diagnostic ?

Jean Charvy : C’est effectivement très différent. L’audit est beaucoup plus complet. Il concerne tous les risques : gros œuvre, étanchéité, isolation… Le diagnostic immobilier, c’est la loi qui l’impose, mais il faut bien avouer que, sur le fond, il ne sert pas à grand chose. La démarche reste très perfectible. Elle devrait ouvrir sur des opportunités, à la fois pour le vendeur et pour l’acheteur, notamment au niveau énergétique, actuellement d’actualité. Si le diagnostic était assorti d’un conseil fiable détaillant les travaux à entreprendre et du chiffrage permettant de faire baisser la facture de gaz ou d’électricité, les choses seraient très différentes.

Ce type d’audit que vous effectuez aujourd’hui pour les professionnels serait-il adaptable aux particuliers ?

Jean Charvy : Je le pense. A Paris, dans les immeubles haussmanniens, par exemple, le problème se pose. L’isolation n’est pas toujours performante et beaucoup d’acquéreurs cherchent les moyens de l’améliorer réellement. Les choses devraient évoluer dans ce sens.

© A.P. - Kim Hazan

A propos de Polyexpert - Ce Groupe leader dans la gestion et l’expertise des sinistres pour le compte des sociétés d’assurance et des entreprises. Ses 1 100 collaborateurs dont 500 Experts  répartis sur 98 bureaux en métropole et outre-mer prennent annuellement en charge quelques  270 000 missions.

www.polyexpert.fr




Jean-Paul VIART
Journaliste

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